OPINION
05/08/2019 11:58 EDT

Une histoire bien canadienne

Je vous raconte l'histoire de ma famille, non pas parce qu'elle est unique, mais précisément parce qu'elle ne l'est pas.

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«Je suis fier des valeurs d’ouverture, de diversité et d’inclusion de notre pays. »

Lorsque Harminder et Balwinder sont arrivés au Canada, ils ont voulu commencer à travailler dès le départ. Harminder travaillait de nuit à l’usine Christie Cookie et Balwinder construisait des armoires en érable. 

Au moment de la naissance de leurs deux fils, ils avaient économisé suffisamment de leur modeste salaire pour parrainer les parents de Harminder pour les rejoindre.

Les fiers grands-parents s’occupaient des enfants pendant que les nouveaux parents travaillaient les longues heures requises pour ouvrir leur propre entreprise d’ébénisterie. Après quelques années, ils employaient des douzaines de Canadiens.

Je vous raconte l’histoire de ma famille, non pas parce qu’elle est unique, mais précisément parce qu’elle ne l’est pas.

Les histoires de réussite des immigrants sont comme des sorties sur l’autoroute transcanadienne, elles sillonnent le pays, et sont trop nombreuses pour être comptées.

Aujourd’hui, en tant que sikh canadien, je suis député et ministre du Cabinet. Mais je ne serais aucune de ces choses sans la politique d’immigration ouverte et accueillante du Canada. 

Notre société ouverte a attiré plusieurs générations d’innovateurs et d’entrepreneurs qui ont trouvé au Canada un endroit pour réaliser leur potentiel. 

Besoin de jeunes talents 

En écoutant l’annonce de Maxime Bernier à Mississauga la semaine dernière, j’ai trouvé vraiment troublant que les Conservateurs continuent de sous-estimer, sinon de déformer complètement, le rôle que joue l’immigration dans notre économie et notre société, à un moment où nous avons plus que jamais besoin de jeunes talents pour combler nos pénuries de travailleurs.

Lorsque mes parents sont arrivés au Canada dans les années 1970, il y avait plus de six personnes actives pour chaque retraité canadien. Ce nombre est maintenant tombé à quatre, et si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, on pourrait n’en avoir que deux d’ici 2035. 

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«Notre société ouverte a attiré plusieurs générations d’innovateurs et d’entrepreneurs.» 

Cela rendrait impossible le financement des services de santé, d’éducation et des services sociaux qui contribuent à faire du Canada le meilleur endroit où vivre au monde.

Les immigrants ne viennent pas soustraire des emplois aux Canadiens; en fait, ils créent davantage d’emplois pour les Canadiens.

Selon l’OCDE, le Canada est le meilleur pays au monde pour attirer des entrepreneurs, c’est-à-dire des créateurs d’emplois. Par conséquent, les immigrants sont plus susceptibles de lancer leur propre entreprise que ceux qui sont nés ici. 

Je suis fier des valeurs d’ouverture, de diversité et d’inclusion de notre pays. Je crois fermement qu’il incombe au Canada de promouvoir ces qualités dans le monde entier. Mais ces valeurs ont aussi un bon sens économique.

En effet, notre diversité nous donne un avantage concurrentiel dans une économie mondiale qui dépend de la capacité des gens à naviguer entre différentes cultures et langues.

Alors qu’ailleurs les nations se referment sur elles-mêmes, le Canada demeure ouvert aux personnes de toutes origines - réfugiés de pays déchirés par la guerre, ou professionnels hautement qualifiés dans des industries à forte croissance.

Un exemple 

Prenons le cas de Tareq Hadad, un réfugié syrien arrivé au Canada en 2016 qui s’est établi à Antigonish, en Nouvelle-Écosse.

Il a ouvert Peace by Chocolate, qui a connu un succès retentissant. Il emploie maintenant 50 réfugiés en plus de sa main-d’œuvre locale. Tareq est un excellent exemple d’un nouvel arrivant qui contribue au tissu social et à la prospérité de sa communauté d’accueil.

Les Conservateurs comme Maxime Bernier et Andrew Scheer veulent fermer nos frontières, mais les Canadiens savent que nous profitons tous du talent et du travail acharné des nouveaux arrivants.

Leur présence ici contribue à créer des emplois et des occasions d’affaires, générant une prospérité qui paye pour les services auxquels nous tenons tous, en particulier nos retraités. 

Nous sommes un pays plus fort grâce à eux.

Moins d’un an avant que Maxime Bernier ne s’engage à ériger un mur figuratif à nos frontières, il fut à peine vaincu par le chef conservateur Andrew Scheer lors de la course à la direction du Parti.

Revenons encore quelques années en arrière et le même Maxime Bernier représentait le Canada sur la scène internationale en tant que ministre des Affaires étrangères de Stephen Harper.

Les Canadiens ont rejeté la politique de la peur et de la division en 2015 alors que Maxime Bernier et Andrew Scheer faisaient campagne aux côtés de Stephen Harper et Doug Ford.

Je suis convaincu que nous le ferons à nouveau en octobre. Ce qui est en jeu, c’est notre capacité de bâtir une économie qui fonctionne pour tous - une histoire bien canadienne à la fois.