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04/10/2019 12:48 EDT

La tuerie à la préfecture de police de Paris traitée comme un acte terroriste

Cela accrédite l’hypothèse d’une radicalisation de l’assaillant, converti à l’islam depuis 18 mois.

Le parquet antiterroriste français s’est saisi vendredi de l’enquête sur l’attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris qui a fait quatre morts jeudi, a-t-on appris auprès de ce dernier et du parquet de Paris.

L’enquête sur cette attaque aux motivations obscures a été reprise sous les qualifications d’assassinat et tentative d’assassinat, ainsi que pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle”, a précisé le parquet antiterroriste. Cela accrédite l’hypothèse d’une radicalisation de l’assaillant, converti à l’islam depuis 18 mois.

“Un certain complexe”

Muni d’un couteau de cuisine, Michaël H. a d’abord tué deux policiers et un agent administratif, dans deux bureaux au premier étage du bâtiment, selon une source proche de l’enquête.

Il s’en est ensuite pris, dans un escalier, à deux femmes: une policière et une employée à la direction du personnel. La première a été mortellement blessée, la seconde conduite à l’hôpital.

Michaël H. est ensuite descendu dans la cour, où il a été abattu. Un autre fonctionnaire a été blessé.

 

Interrogé par l’AFP, un proche de Mickaël H. a fait part de son “incompréhension” après l’acte meurtrier commis par son ami avec qui il fréquentait la mosquée de Gonesse.

“Il m’a parlé de son manque d’évolution professionnelle, lié à son handicap, il avait un certain complexe”, a affirmé cet homme prénommé Adelaziz, secrétaire adjoint de l’association musulmane de Gonesse.

La direction du renseignement, à laquelle l’assaillant était rattaché, est l’héritière des ex-renseignements généraux de la préfecture de Paris. Compétente sur la capitale et sa proche banlieue, elle a notamment pour mission le recueil du renseignement sur la radicalisation jihadiste. 

L’attaque est survenue au lendemain d’une manifestation de milliers de policiers à Paris pour une “marche de la colère”.

Cette mobilisation était motivée par une surcharge de travail et de tensions liée au mouvement social des “gilets jaunes”, entrés en fronde contre la politique sociale et fiscale du gouvernement depuis près d’un an, et un bond des suicides au sein de la police - 52 depuis janvier -, un mal endémique dans l’institution.