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28/07/2020 20:13 EDT

Tuerie en Nouvelle-Écosse: ce sera finalement une enquête publique

Les commissaires pourront ainsi convoquer des témoins et les contraindre à déposer sous serment ou à produire des documents.

THE CANADIAN PRESS/Andrew Vaughan
Les commissaires pourront convoquer des témoins et les contraindre à déposer sous serment ou à produire des documents.

HALIFAX — Cédant à la pression du public, le gouvernement fédéral et celui de la Nouvelle-Écosse ont convenu mardi d’abandonner l’idée d’un «comité d’examen indépendant» sur la tuerie qui a fait 22 morts en Nouvelle-Écosse, en avril, et de mener plutôt une enquête publique.

Les commissaires pourront ainsi convoquer des témoins et les contraindre à déposer sous serment ou à produire des documents.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a fait cette annonce mardi après-midi après que cinq députés libéraux fédéraux de la Nouvelle-Écosse ont rompu les rangs et contesté ouvertement la décision de leur propre gouvernement, annoncée la semaine dernière.

Plus tôt dans la journée, le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, Mark Furey, avait forcé la main de M. Blair en indiquant qu’il appuierait une enquête publique fédérale-provinciale plus complète si Ottawa acceptait de le faire. «J’ai entendu des membres de la famille (des victimes) et de nombreux Néo-Écossais qui s’opposent à un examen conjoint et préféreraient une enquête publique conjointe», écrivait mardi M. Furey dans un communiqué.

Les deux gouvernements avaient annoncé jeudi dernier qu’ils confiaient à un «comité d’examen indépendant» de trois membres le mandat de se pencher sur les causes et les circonstances de la tuerie des 18 et 19 avril. Mais cet exercice ne devait pas être entièrement public, contrairement aux souhaits de plusieurs.

«La tragédie qui s’est produite en Nouvelle-Écosse les 18 et 19 avril 2020 a dévasté des familles, des amis et des communautés», explique maintenant le ministre Blair dans un communiqué. «Cette situation exige que nos gouvernements travaillent diligemment avec toutes les personnes touchées par cette tragédie pour offrir des réponses à leurs importantes questions et pour garantir qu’un événement de la sorte ne se reproduise jamais.»

«Nous avons entendu les demandes des familles, des survivants, des représentants et des députés de la Nouvelle-Écosse pour plus de transparence.»

Des libéraux mécontents

Avant ce changement de cap d’Ottawa, Darren Fisher, député libéral fédéral de Dartmouth-Cole Harbour, avait expliqué à ses commettants sur Twitter qu’il avait fait pression pour une enquête publique. «Je pense que la décision d’aller de l’avant avec un examen conjoint a été prise avec de bonnes intentions; cependant, la gravité de cette tragédie exige une plus grande réponse», soutenait-il. «J’ai fait entendre ma voix sur cette question aux décideurs de notre gouvernement.»

Quatre autres députés libéraux avaient exhorté leur collègue Blair à changer de cap: Lenore Zann, Andy Fillmore, Sean Fraser et Mike Kelloway.

Mais le comité d’examen indépendant était aussi critiqué par les familles des victimes et des experts. Des dizaines d’universitaires, de groupes de femmes, de politiciens de l’opposition et plus de 30 sénateurs se sont manifestés pour se plaindre du manque de transparence et de pouvoirs de ce comité, malgré son large mandat. Deux autres manifestations ont eu lieu lundi en Nouvelle-Écosse et une troisième était prévue mercredi à Halifax.

M. Blair a précisé mardi que l’enquête publique sera menée par ceux qui avaient été nommés au «comité d’examen indépendant»: l’ex-juge en chef de la Nouvelle-Écosse J. Michael MacDonald, l’ex-ministre libérale de la Justice Anne McLellan et une ancienne cheffe de police de Fredericton, Leanne Fitch.

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