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27/10/2020 19:49 EDT

Tuerie au Nouveau-Brunswick: l’accusé dit qu’il croyait que l’actualité était «arrangée»

Les avocats de Matthew Raymond tentent de prouver qu’il devrait être déclaré non criminellement responsable parce que le trouble mental l’a rendu incapable d’apprécier la nature de ses actes.

THE CANADIAN PRESS/Andrew Vaughan
Matthew Vincent Raymond arrive à la Cour pour l'ouverture de son procès pour meurtre à Fredericton, le mardi 15 septembre 2020. (photo d'archive)

FREDERICTON — Témoignant mardi pour sa défense, l’homme jugé pour la tuerie de 2018 au Nouveau-Brunswick a soutenu qu’à l’époque, il croyait que les grands événements dans l’actualité étaient faux et mis en scène.

Matthew Raymond, âgé de 50 ans, est accusé de quatre chefs de meurtre au premier degré, pour la mort de Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright, ainsi que des policiers municipaux Robb Costello et Sara Burns, le 10 août 2018 à Fredericton.

La défense et la Couronne conviennent que l’accusé a tué les victimes et qu’il souffrait d’une maladie mentale. Les avocats de Raymond tentent de prouver qu’il devrait être déclaré non criminellement responsable parce que le trouble mental l’a rendu incapable d’apprécier la nature de ses actes.

«Tout dans les nouvelles, les événements majeurs, même les accidents de la route, je sentais qu’ils étaient mis en scène», a déclaré Raymond aux jurés, à propos des pensées qu’il aurait commencé à développer en 2017. «Je pensais que certaines affaires judiciaires étaient également fausses. Je pensais que les avocats étaient réels, mais je savais ce n’était pas un événement réel.»

L’avocat de la défense Nathan Gorham lui a demandé: «Croyez-vous toujours cela maintenant?».

«Non», a répondu Raymond.

L’accusé a déclaré au jury qu’il avait cessé de croire à ces choses lorsqu’il était traité à l’hôpital en 2019.

Me Gorham a montré les images que Raymond avait sauvegardées sur son ordinateur en 2017 au sujet du procès à Moncton de Marissa Shephard, accusée du meurtre de Baylee Wylie, un jeune homme de 18 ans. Raymond a déclaré au tribunal qu’en utilisant la numérologie, il avait conclu à l’époque que le procès Shephard était un canular du gouvernement.

Il a expliqué aux jurés que la numérologie l’avait aidé à découvrir qui était un démon et quels événements étaient des canulars. «Je suis arrivé à cette conclusion le plus souvent», a déclaré Raymond. Il a expliqué que le nombre «33 1/3» faisait référence à des anges déchus.

Les chiffres trouvés en numérologie, a-t-il dit, correspondaient souvent à l’heure du jour ou l’horodatage au moment où il arrêtait une vidéo pour capturer une image fixe. Raymond a déclaré au jury qu’il pensait avoir reçu de Dieu le pouvoir d’arrêter les vidéos à des moments importants.

Il a aussi témoigné qu’en août 2018 — au moment de la tuerie —, il croyait toujours aux canulars.

Plus tôt mardi, le tribunal avait entendu un enregistrement de l’entretien de la police avec sa mère, Shirley Raymond, le jour de la fusillade. Mme Raymond dit à la police qu’elle pensait que son fils était dérangé mais qu’elle n’aurait jamais cru qu’il puisse faire du mal.

Elle croyait qu’il avait peut-être clavardé avec quelqu’un qui aurait troublé son esprit. Elle dit à la police qu’elle avait prévenu son fils: «Je ne sais pas ce que tu regardes sur cet ordinateur, mais ça t’a déformé le cerveau et tu as besoin d’aide.»

À un moment donné au cours de l’entretien avec la police, la mère fond en larmes: «des gens sont morts, est-ce que j’aurais pu faire quelque chose?».

Le témoignage de Raymond se poursuit mardi après-midi.