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09/11/2020 13:59 EST

Donald Trump appelé à collaborer avec Joe Biden pour faciliter la transition

Des plans de transition ont déjà commencé à être mis en oeuvre.

The Washington Post via Getty Images

Le président Donald Trump fait face à des pressions pour coopérer avec l’équipe du président élu Joe Biden afin d’assurer un transfert de pouvoir en douceur lorsque la nouvelle administration entrera en fonction en janvier.

L’Administration des services généraux est chargée de reconnaître officiellement M. Biden comme président élu, ce qui lance la transition. Mais l’administratrice nommée par M. Trump, Emily Murphy, n’a pas encore lancé le processus et n’a donné aucune indication quant au moment où elle le fera.

Ce flou s’ajoute à la question de savoir si M. Trump, qui n’a pas publiquement reconnu la victoire de M. Biden et a faussement affirmé que l’élection lui avait été volée, mettra des bâtons dans les roues des démocrates dans la mise sur pied d’un nouveau gouvernement.

Les observateurs ne se souviennent pas d’un autre cas où un président aurait érigé de tels obstacles pour son successeur. Les enjeux sont particulièrement élevés cette année puisque Joe Biden arrivera à la présidence en pleine pandémie, qui nécessitera une réponse globale du gouvernement américain.

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«La sécurité nationale et les intérêts économiques des États-Unis dépendent du fait que le gouvernement fédéral signale clairement et rapidement que le gouvernement des États-Unis respectera la volonté du peuple américain et s’engagera dans un transfert de pouvoir harmonieux et pacifique», a écrit dimanche une proche collaboratrice de M. Biden, Jen Psaki, sur Twitter.

Le conseil consultatif du Centre pour la transition présidentielle, une organisation non partisane, a également exhorté l’administration Trump à «commencer immédiatement le processus de transition postélectorale» et l’équipe Biden «à tirer pleinement parti des ressources disponibles en vertu de la loi sur la transition présidentielle».

La lutte contre la pandémie

Joe Biden, qui a été déclaré 46e président samedi, a déjà commencé à prendre des mesures pour former son gouvernement, malgré l’incertitude entourant l’attitude que M. Trump adoptera face à la transition.

Sa priorité est la lutte contre la COVID-19, qui a déjà tué près de 240 000 personnes aux États-Unis. M. Biden a annoncé lundi la mise sur pied d’un groupe de travail formé d’experts qui sera chargé de créer un plan pour tenter de maîtriser la pandémie, qu’il prévoit commencer à mettre en œuvre après son investiture le 20 janvier.

«Faire face à la pandémie de coronavirus est l’une des batailles les plus importantes auxquelles notre administration sera confrontée, et je serai guidé par la science et par des experts», a déclaré le président élu dans un communiqué. «Le groupe de travail contribuera à façonner mon approche pour gérer la flambée des infections signalées; à s’assurer que les vaccins sont sûrs et efficaces et qu’ils soient distribués de manière efficace, équitable et gratuite; et à protéger les populations à risque.»

M. Biden a également formé des équipes chargées d’examiner les différentes agences du gouvernement. Elles collecteront et examineront des informations telles que les décisions sur le budget et la dotation en personnel, les réglementations en attente d’approbation et d’autres travaux menés par le personnel administratif de l’administration Trump dans les différents départements, pour aider l’équipe Biden à se préparer à la transition.

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Mais ce processus ne peut pas commencer complètement tant que l’Administration des services généraux ne reconnaît pas Joe Biden comme président élu. La définition de ce qui constitue un vainqueur clair des élections pour cet organisme est juridiquement obscure, ce qui rend les prochaines étapes incertaines, en particulier à court terme.

La direction de l’Administration des services généraux est censée agir de manière indépendante et non partisane, et certaines parties du gouvernement fédéral ont déjà commencé à mettre en œuvre des plans de transition. Les responsables de l’aviation, par exemple, ont restreint l’accès à l’espace aérien au-dessus de la résidence de M. Biden à Wilmington, dans le Delaware, tandis que le Secret Service, chargé de la protection présidentielle, a commencé à déployer des agents auprès du président élu et de sa famille.

D’autres leaders américains et étrangers ont aussi commencé à se préparer à l’arrivée d’une nouvelle administration.

Les conseillers de M. Biden ont indiqué que le président élu et l’équipe de transition avaient eu des échanges avec des élus républicains du Congrès. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l’un des plus proches alliés internationaux de M. Trump, a ouvert dimanche une réunion de son cabinet en félicitant Joe Biden.

«J’ai une longue et chaleureuse relation personnelle avec Joe Biden depuis près de 40 ans, et je le connais comme un grand ami de l’État d’Israël», a dit M. Nétanyahou.

George W. Bush, le seul ancien président républicain encore vivant, a dit que M. Biden était «un homme bon, qui a gagné sa chance de diriger et d’unifier notre pays».

Mais d’autres républicains, dont le sénateur Lindsey Graham de la Caroline du Sud, ont appelé M. Trump à poursuivre les contestations judiciaires liées à l’élection.

Le contrôle du Sénat

M. Biden a commencé sa première journée complète en tant que président élu dimanche en se rendant à l’église Saint-Joseph près de son domicile à Wilmington, comme il le fait presque chaque semaine. Après le service, il a fait un arrêt au cimetière où plusieurs membres de sa famille sont enterrés, dont son fils Beau.

Il a passé la majeure partie de la journée dans sa résidence, tandis que certains de ses employés ont passé des heures en conférence téléphonique pour planifier la transition.

Le déroulement de la transition pourrait reposer en partie sur l’issue de deux courses au Sénat en Georgie, pour lesquelles il y aura un second tour le 5 janvier. Si les républicains remportent ces sièges, ils conserveront probablement la majorité du Sénat et pourraient alors ralentir la confirmation des principaux candidats choisis par M. Biden pour former son cabinet et compliquer ses objectifs législatifs, notamment l’élargissement de l’accès aux soins de santé et la relance économique post-pandémie avec des emplois et des infrastructures conçus pour lutter contre le changement climatique.

Cela pourrait mettre à l’épreuve l’engagement pris par M. Biden en campagne de dépasser les divisions de l’ère Trump et de gouverner de manière bipartite.

La directrice politique de la campagne de M. Biden, Stef Feldman, a souligné que le président élu avait su travailler avec les républicains dans le passé pour faire avancer des projets de loi. «Le plan du président élu restera celui du président élu, quel que soit le parti qui remportera la majorité au Sénat, et il travaillera avec ses collègues de l’autre camp pour y parvenir», a-t-elle dit.

Lors de son discours de victoire samedi, Joe Biden a promis d’être un président qui «ne cherche pas à diviser, mais à unifier» et a appelé les partisans de M. Trump à lui «donner une chance».

Les proches collaborateurs de M. Biden indiquent qu’il traversera la période à venir en usant de son sens de l’empathie, qui est devenu une marque de commerce de sa campagne. M. Biden a souvent parlé de la douleur qu’il a ressentie après la mort de sa première femme et de leur jeune fille dans un accident de voiture en 1972 et de la mort de son fils Beau en 2015, emporté par un cancer du cerveau.

«Mon frère sait être empathique», a déclaré la soeur de M. Biden, Valerie Biden Owens, qui est aussi sa principale conseillère depuis de nombreuses années. «La force de Joe a été la résilience et la guérison, et c’est ce dont nous avons besoin en tant que pays.