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27/10/2019 09:38 EDT | Actualisé 27/10/2019 15:25 EDT

Trump annonce la mort du chef de l'EI dans un raid américain en Syrie

«Abou Bakr al-Baghdadi est mort», a déclaré M. Trump lors d’une allocution depuis la Maison-Blanche.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a confirmé dimanche matin que le chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, est mort lors d’un raid américain dans le nord-ouest de la Syrie.

«La nuit dernière était une grande nuit pour les États-Unis et pour le monde», a déclaré Donald Trump, lors d’une conférence de presse où il n’a pas été avare de détails.

Le président a insisté sur le «succès incroyable» de cette mission, qui constituait la priorité de son administration en matière de sécurité nationale. Aucun militaire américain n’aurait perdu la vie ou même subi de blessure dans le cadre de l’opération dans la région d’Idlib.

Donald Trump a avancé qu’il s’agit d’une nouvelle d’encore plus grande envergure que la mort d’Oussama ben Laden en 2011 sous l’administration de Barack Obama, car al-Baghdadi est celui qui aurait selon lui mis sur pied le «califat».

La planification de l’opération a débuté il y a deux semaines, a précisé M. Trump, après que les États-Unis eurent obtenu des renseignements sur la localisation d’al-Baghdadi. Huit hélicoptères militaires ont survolé pendant plus d’une heure la zone contrôlée par les forces russes et syriennes avant de se poser au sol, en essuyant des tirs.

Le président a dit avoir pu observer le raid aérien en direct, «comme si c’était un film», depuis la salle de crise de la Maison-Blanche.

Abou Bakr al-Baghdadi portait une veste explosive qu’il a fait détoner durant l’attaque, s’enlevant la vie et tuant trois de ses enfants.

«Il est mort comme un chien. Il est mort comme un lâche», a lancé M. Trump à propos de celui qui était vraisemblablement l’homme le plus recherché sur la planète.

Il souhaite que les images soient rendues publiques afin que le monde entier sache qu’al-Baghdadi a passé ses derniers instants à «pleurnicher» après être entré dans un tunnel sans issue.

L’identité du chef de Daech a pu être confirmée par un test d’ADN réalisé sur place, a-t-il précisé, ajoutant que des «parties du corps» ont été ramenées, même s’il n’en «restait plus grand-chose».

Donald Trump avait déjà indiqué dans un gazouillis samedi soir que «Quelque chose de très gros vient de se produire», sans toutefois ajouter de détails.

Le lendemain matin, il remerciait la Russie, la Turquie, la Syrie, l’Irak et les combattants kurdes en sol syrien pour leur soutien.

Cette annonce pourrait donner un nouvel élan à la popularité de Donald Trump, qui est embourbé dans des procédures de destitution. Sa décision de retirer les troupes américaines du nord-est de la Syrie avait été critiquée tant par des démocrates que des républicains qui craignaient que le groupe armé État islamique regagne du terrain.

La fin de Daech?

Abou Bakr al-Baghdadi était l’un des dirigeants djihadistes les plus brutalement efficaces des temps modernes, un homme qui commandait des dizaines de milliers de combattants à travers le monde et qui a contribué à peaufiner une idéologie qui lui survivra.

L’opération militaire de la nuit de samedi à dimanche pose un jalon important dans la lutte contre le groupe armé État islamique, qui a cherché à diriger une campagne terroriste d’envergure internationale à partir d’un «califat» autoproclamé. Plusieurs années d’efforts concertés entre les troupes américaines et leurs alliés ont permis de reprendre le contrôle du territoire sous le joug des djihadistes, mais leur idéologie a continué d’inspirer des attaques.

Les exhortations d’al-Baghdadi avaient donné lieu à des attaques terroristes au coeur même de l’Europe et des États-Unis. Délaissant les détournements d’avions et les autres attentats à grande échelle qui portaient la signature d’al-Qaïda, al-Baghdadi favorisait pour sa part de plus petites attaques, plus difficiles à prévenir pour les forces de l’ordre.

Sa mort porte un coup dur à ces extrémistes, mais Daech a déjà su résister à la perte d’anciens dirigeants et à d’autres revers militaires par le passé.