POLITIQUE
13/10/2020 19:27 EDT

Trudeau promet de lutter contre l'intolérance après des menaces reçues par une mosquée

M. Trudeau a écrit sur Twitter lundi soir qu’il était «très préoccupé» par les menaces signalées, qui font l’objet d’une enquête de la police, et s’est engagé à en faire plus pour lutter contre la haine.

THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick
M. Trudeau a écrit sur Twitter lundi soir qu’il était «très préoccupé» par les menaces signalées, qui font l’objet d’une enquête de la police, et s’est engagé à en faire plus pour lutter contre la haine.

TORONTO — Le premier ministre Justin Trudeau a dénoncé l’islamophobie et l’extrémisme de droite mardi à la suite de menaces proférées contre une mosquée de Toronto, affirmant que les Canadiens devaient s’opposer à la haine de toute nature.

Mais le Conseil national des musulmans canadiens, qui a sonné l’alarme face aux menaces reçues au cours du week-end, a estimé que le gouvernement fédéral devait se doter d’un plan pour contrer la haine qui aille au-delà de la dénonciation du problème.

M. Trudeau a écrit sur Twitter lundi soir qu’il était «très préoccupé» par les menaces signalées, qui font l’objet d’une enquête de la police, et s’est engagé à en faire plus pour lutter contre la haine.

Mardi, il a déclaré que ces menaces étaient «inacceptables».

«L’islamophobie et l’extrémisme de droite n’ont pas leur place dans notre pays ou nos communautés», a-t-il affirmé. «Nous devons toujours rester unis contre la haine et l’intolérance de toute nature.»

Le cabinet du premier ministre, questionné sur les détails d’un éventuel plan pour faire face à de tels incidents, n’a pas fourni de réponse dans l’immédiat.

Mustafa Farooq, président du Conseil national des musulmans canadiens, a affirmé qu’une stratégie nationale était nécessaire. «Les engagements sont bons, mais nous devons agir maintenant», a-t-il dit.

L’organisation a précisé que la mosquée de Toronto, qu’elle n’a pas voulu nommer par peur de nouvelles menaces ou de violences, avait reçu plusieurs courriels menaçants vers 3 h du matin samedi.

Les messages menaçaient de tuer tous les musulmans et faisaient référence à deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, où un homme armé a tué 51 personnes en 2019, a affirmé M. Farooq.

«Nous avons les armes pour refaire un Christchurch», affirmait l’un des messages, selon M. Farooq.

Les parlementaires musulmans préoccupés

Le caucus libéral des parlementaires musulmans a déclaré lundi qu’il rencontrerait dans les prochains jours le premier ministre Trudeau et le ministre de la Sécurité publique Bill Blair pour discuter de la question.

Il a estimé que le gouvernement avait fait des progrès dans la lutte contre les suprémacistes blancs, notamment en ajoutant deux organisations suprémacistes à la liste des entités terroristes.

«Cependant, des incidents haineux, violents ou même meurtriers continuent de se produire et les groupes d’extrême droite se répandent dans les recoins sombres du web et en personne», écrit le caucus. «Nous reconnaissons qu’il reste encore beaucoup à faire.»

M. Farooq a souligné que les menaces signalées au cours du week-end avaient ébranlé la communauté musulmane de la région de Toronto.

«Il y a beaucoup d’inquiétude à la mosquée et nous recevons des appels d’un certain nombre de mosquées pour savoir si elles devraient rester ouvertes», a-t-il affirmé. «Nous ne nous laisserons pas abattre par ces menaces.»

La mosquée du centre-ville de Toronto a été fermée depuis l’incident, mais M. Farooq a précisé qu’elle rouvrirait dans les prochains jours.

«Nous n’allons pas laisser la haine l’emporter sur l’amour», a dit M. Farooq. «Ce n’est pas la manière de Toronto, ce n’est pas la manière de l’Ontario et ce n’est pas la manière canadienne.»

Ces menaces surviennent environ un mois après un meurtre près d’une mosquée de la métropole canadienne. Mohamed-Aslim Zafis, 58 ans, a été poignardé à mort alors qu’il faisait du bénévolat devant une mosquée du nord-ouest de Toronto.

Guilherme «William» Von Neutegem a été accusé de meurtre au premier degré pour la mort de M. Zafis et devrait revenir en cour le 5 novembre. Les enquêteurs ont déclaré le mois dernier qu’il n’y avait aucun mobile connu dans cette affaire.

Selon le Réseau canadien contre la haine, des comptes de médias sociaux portant le nom de William Von Neutegem ont publié un chant et un symbole sur YouTube associés à un groupe néonazi qui encourage les meurtres. Il allègue également qu’un compte du même nom suit un suprémaciste blanc sur Twitter. La Presse canadienne n’a pas été en mesure de confirmer que les comptes appartiennent à l’accusé.

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