POLITIQUE
15/06/2020 12:00 EDT | Actualisé 15/06/2020 16:43 EDT

Trudeau promet de prolonger la PCU... pour certaines personnes

Il a refusé de s'engager de manière plus précise pour l'instant.

Sean Kilpatrick/PC

OTTAWA — La Prestation canadienne d’urgence (PCU) sera prolongée pour certains, a assuré Justin Trudeau lundi avant-midi.

“Nous allons annoncer plus de détails, plus tard cette semaine”, a déclaré le premier ministre, refusant de s’engager de manière plus précise.

“L’annonce ne sera pas pour ce matin. Ce matin, je peux rassurer tous les Canadiens qui reçoivent la PCU, qui cherchent un emploi, qui ne sont pas sûrs qu’ils vont pouvoir trouver un emploi lors de la fin de la PCU, que nous allons continuer d’être là pour les appuyer”, a ajouté M. Trudeau, devant l’insistance des journalistes.

Les Canadiens qui ont demandé, et reçu, le maximum prévu de 16 semaines de PCU arriveront au bout de cette aide fédérale le 4 juillet.

Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) s’est empressé de qualifier de “rassurante” la sortie de M. Trudeau. “On le répète, la PCU doit être prolongée, ça doit être la priorité, nous avons hâte de voir les détails”, a déclaré Pierre Céré, porte-parole de l’organisme, dans un communiqué diffusé alors que M. Trudeau n’avait pas encore fini son point de presse.

Même avec la réouverture, il y a énormément d’emplois qui sont encore disparus, qui ne reviennent pas assez rapidement.Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Quelques minutes après le premier ministre, le président du Conseil du trésor laissait filtrer quelques détails, à sa propre conférence de presse. Jean-Yves Duclos a ainsi laissé entendre clairement que certains effets de désincitation au travail seront évacués de la PCU.

“La Prestation canadienne d’urgence doit s’ajuster pour faire davantage de place à la subvention salariale et à d’autres mesures éventuellement pour que (...) cette désincitation au travail soit de moins en moins importante (...) pour laisser la place à la croissance économique et un rôle plus important de la subvention salariale”, a révélé Jean-Yves Duclos.

Le ministre estime qu’environ 20 % de ceux qui recevaient la PCU ne la reçoivent plus parce qu’ils sont retournés au travail. Le gouvernement veut que ce chiffre augmente.

Les néo-démocrates demandaient dans un premier temps une prolongation d’au moins quatre mois pour tous de la PCU. Les bloquistes, eux, se contenteraient d’une prolongation pour certains secteurs, comme ceux des industries saisonnières.

Le gouvernement libéral avait fait connaître, la semaine dernière, certaines de ses intentions en déposant le projet de loi C-17. Celui-ci permettrait de refuser la PCU à quiconque n’accepte pas une offre “raisonnable” de retour au travail ou de nouveau travail. Les trois partis d’opposition ont refusé, mercredi dernier, de débattre de ce projet de loi qui est donc resté bloqué à la première lecture.

Les mesures moins populaires

Le premier ministre est revenu sur deux mesures instaurées par son gouvernement et qui ne sont pas aussi utilisées qu’espéré: la subvention pour les loyers commerciaux et la subvention salariale de 75 pour cent.

Sur la première, il a dit compter sur les provinces pour protéger les locataires commerciaux.

“Nous avions souligné le besoin d’empêcher les évictions (...) mais c’est (...) un règlement qui doit être amené par les provinces. Il y a plusieurs provinces qui l’ont fait. On espère que toutes les provinces vont le faire”, a dit M. Trudeau.

Il n’avait cependant toujours pas de plan pour augmenter le nombre d’entreprises qui utilisent la subvention salariale.

“Il y a des millions de Canadiens qui profitent de la subvention salariale”, a souligné une fois de plus M. Trudeau. “Même avec la réouverture, il y a énormément d’emplois qui sont encore disparus, qui ne reviennent pas assez rapidement”, a-t-il ajouté.

Le ministre Duclos, lui, offrait une lecture plus optimiste de la subvention salariale.

“La subvention salariale a commencé lentement, a-t-il convenu, mais elle procède à un rythme accéléré depuis déjà quelques semaines. Il y a entre 2,5 et 3 millions de travailleurs canadiens qui, présentement, sont appuyés par la subvention salariale de 75 %.”

Frontière canado-américaine

Il n’y a toujours pas d’appétit pour une ouverture complète de la frontière entre le Canada et les États-Unis. L’entente qui établit les restrictions actuelles _ seuls les voyages essentiels sont permis _ prend fin le 21 juin. Elle est reconduite de mois en mois depuis le 21 mars.

“Jeudi passé, avec les premiers ministres (des provinces et territoires), on a discuté de l’enjeu des frontières. Il y a un consensus assez clair que les premiers ministres des provinces veulent qu’on continue avec les mesures actuelles à la frontière canado-américaine. Nous sommes en discussion avec l’administration américaine pour pouvoir continuer d’assurer la sécurité des Canadiens”, a dit M. Trudeau.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 2 152 000 tests administrés au Canada depuis le début de la pandémie. On fait passer en moyenne 33 000 tests par jour au Canada. Environ 2 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 99 091 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8174 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 54 054 cas au Québec, dont 5242 décès; 32 370 cas en Ontario, dont 2527 décès; 7433 cas en Alberta, dont 150 décès; 2709 cas en Colombie-Britannique, dont 168 décès; 1061 cas en Nouvelle-Écosse, dont 62 décès; 683 cas en Saskatchewan, dont 13 décès; 304 cas au Manitoba, dont sept décès; 261 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 160 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.