POLITIQUE
01/10/2019 20:34 EDT

Trudeau parle à nouveau de contrôle des armes à feu

Lors d’une rencontre avec le chef libéral, les maires de la région de Toronto ont déclaré qu’ils souhaiteraient une interdiction nationale des armes de poing, qui s’ajouterait à la proposition de bannir les fusils d’assaut.

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz
Le chef libéral Justin Trudeau parle aux médias le 1er octobre, à Richmond Hill, en Ontario.

Les maires de la région de Toronto ont accueilli favorablement le projet du chef libéral Justin Trudeau de donner aux municipalités le pouvoir d’interdire les armes de poing, mais ils ont affirmé que la proposition n’allait pas assez loin pour mettre fin aux bains de sang.

Lors d’une rencontre avec M. Trudeau mardi à Richmond Hill, en Ontario, les dirigeants municipaux ont déclaré qu’ils souhaiteraient une interdiction nationale des armes de poing, qui s’ajouterait à la proposition libérale de bannir les fusils d’assaut.

«(La mesure) est inefficace à moins d’être plus répandue. Nous aurions donc tous préféré la voir à l’échelle nationale», a admis la mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie.

«Pour le moment, cependant, nous sommes reconnaissants pour l’annonce de financement qui nous aidera directement à financer les programmes de lutte contre les armes à feu et les gangs et nous fournira directement les ressources dont nous avons besoin.»

Mme Crombie a déclaré qu’elle espérait que les maires de l’Ontario encourageraient le premier ministre Doug Ford - qui a déclaré s’opposer à l’interdiction des armes de poing - à donner son feu vert aux efforts des municipalités visant à interdire les armes à feu.

Le plan libéral de contrôle des armes interdirait l’AR-15 semi-automatique - une arme de classe militaire utilisée dans de nombreuses fusillades récentes aux États-Unis - et inclurait un programme de rachat des fusils d’assaut achetés légalement.

Mais il ne va pas jusqu’à l’interdiction des pistolets, ce que réclament également des médecins et d’autres professionnels de la santé.

Bill Blair, qui a occupé le poste de ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé au sein du gouvernement Trudeau, a laissé entendre que le programme de rachat d’armes de poing avait joué un rôle dans la décision des libéraux de ne pas aller jusqu’à l’interdiction, estimant qu’il coûterait environ 1,5 milliard $.

«Le prix moyen de ces armes, par exemple, serait d’environ 1500 $ - et je n’ai pas le chiffre précis à ce sujet - et il y en a un million, a-t-il déclaré. Je pense que vous pouvez faire le calcul: c’est beaucoup d’argent.»

Une interdiction nationale?

Cette décision de M. Trudeau de donner ce nouveau pouvoir aux autorités municipales - qui auront toujours besoin de l’approbation provinciale - a été mentionnée mardi après une rencontre du chef libéral avec sept maires de la région du Grand Toronto pour discuter de la montée de la violence liée aux armes, un enjeu abordé pour une deuxième journée consécutive.

Les sept maires, qui s’étaient placés derrière Justin Trudeau pendant le point de presse, ont levé la main lorsqu’une journaliste a demandé s’ils appuieraient une interdiction des armes de poing à l’échelle nationale.

M. Trudeau a défendu sa décision de ne pas les interdire partout au pays, affirmant que son plan visant à bannir les fusils d’assaut était toujours meilleur que l’approche de ses adversaires conservateurs. Il les a accusés de vouloir assouplir le contrôle des armes à feu.

«On est en train de proposer les mesures les plus serrées sur le contrôle d’armes à feu de notre histoire», a-t-il déclaré.

«C’est des mesures très fortes, très concrètes, et le choix est clair pour les Canadiens.»

Lundi, M. Trudeau avait rencontré des médecins et d’autres professionnels de la santé, dont certains lui avaient également demandé d’interdire les armes de poing après avoir décrit les retombées sanglantes de la recrudescence de la violence armée à Toronto.

Selon les statistiques de la police, la ville a été témoin de 342 incidents de violence armée cette année, dans lesquels 505 personnes ont été atteintes par balle, dont 29 ont été tuées. C’est plus d’incidents que dans l’ensemble de 2018.

M. Trudeau a également annoncé un engagement fédéral de 250 millions $ sur cinq ans pour aider les municipalités à élaborer des solutions «sur le terrain» pour lutter contre la violence des gangs. Il a indiqué que le gouvernement fédéral donnerait l’argent directement aux municipalités, «en contournant» la nécessité de traiter avec les provinces.

M. Trudeau a déclaré que les dirigeants municipaux de l’Ontario et du reste du pays «méritent un partenaire qui investira dans ces organisations et leur donnera les outils nécessaires pour continuer à lutter contre les crimes commis avec une arme à feu».

«Malheureusement, la politique de Queen’s Park et l’approche de Doug Ford n’ont pas fourni l’argent dont les municipalités avaient besoin pour assurer la sécurité de leurs citoyens. C’est pourquoi notre engagement de 250 millions $ pour les municipalités ira directement à ces municipalités.»

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