POLITIQUE
16/07/2019 13:05 EDT | Actualisé 16/07/2019 13:07 EDT

Trudeau évite de critiquer directement les propos de Trump sur les démocrates

Il s'est contenté de dire que «ce n’est pas comme ça que nous faisons les choses au Canada».

ASSOCIATED PRESS

Le premier ministre Justin Trudeau a évité de critiquer directement le président américain Donald Trump pour les insultes qu’il a lancées à l’endroit d’élues démocrates, se contentant de dire que «ce n’est pas comme ça que nous faisons les choses au Canada».

La fin de semaine dernière, le président Trump a invité quatre élues démocrates à retourner dans les pays «brisés et infestés par le crime» d’où elles viennent. Les quatre politiciennes au Congrès sont des citoyennes américaines, et trois d’entre elles sont nées aux États-Unis.

Loin de s’excuser, lundi, M. Trump en a remis une couche, affirmant que «ceux qui détestent le pays... peuvent le quitter». Il ne s’est pas formalisé des critiques dont il fait l’objet, soulignant que «plusieurs personnes aiment ce (qu’il) a dit».

Interrogé sur le sujet en marge d’un événement à la base militaire de Petawawa, en Ontario, M. Trudeau a affirmé que les Canadiens et les gens du monde entier «savent exactement ce (qu’il) pense de ces commentaires».

Il a ajouté que «ce n’est pas comme ça que nous faisons les choses au Canada».

M. Trudeau a poursuivi en disant que la diversité du Canada était «l’une de ses plus grandes forces» et «une source extraordinaire de résilience et de fierté pour les Canadiens».

«Nous continuerons de défendre cela», a-t-il soutenu.

Dans ses propos, M. Trudeau s’est montré plus timide que la première ministre sortante du Royaume-Uni, Theresa May. Un porte-parole a affirmé qu’elle trouvait que «le langage utilisé pour faire référence à ces femmes était complètement inacceptable».

Dans ses micromessages de la fin de semaine, Donald Trump n’avait pas nommé les quatre élues, mais il s’en prenait sans doute aux représentantes Ilhan Omar, Rashida Tlaib, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley — qui sont toutes issues de minorités visibles.

Mme Omar, une réfugiée somalienne établie aux États-Unis depuis les années 1990, avait déclenché un tumulte au sein des deux partis à Washington il y a plusieurs mois en suggérant que les membres du Congrès soutiennent Israël pour l’argent. De son côté, Mme Tlaib avait suscité le mécontentement de la population en utilisant un blasphème pour décrire le président et en prédisant que M. Trump serait démis de ses fonctions.

Cette nouvelle salve de Donald Trump est survenue au moment où la Maison-Blanche tentait de défendre ses propos, largement condamnés par les démocrates qui les jugent racistes. Marc Short, directeur de cabinet du vice-président Mike Pence, a affirmé lundi que ces écrits visaient des commentaires «très spécifiques» formulés par la représentante Ilhan Omar et qu’ils n’étaient pas une «déclaration universelle».

«Je ne pense pas que l’intention du président soit raciste», a-t-il ajouté.

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