POLITIQUE
12/09/2019 15:34 EDT | Actualisé 12/09/2019 15:37 EDT

Trudeau, grand absent d'un premier débat télévisé

Le chef libéral a par ailleurs refusé de répondre aux attaques de ses opposants sur SNC-Lavalin.

Sean Kilpatrick/PC
Justin Trudeau en tournée dans l'Ouest canadien.

Comment débattre du bilan d’un premier ministre sortant qui ne se présente pas au débat?

Voilà la question avec laquelle doivent jongler les chefs des conservateurs, des néo-démocrates et des verts, jeudi, alors qu’ils se préparent pour un premier débat télévisé en anglais à Toronto.

Le chef libéral Justin Trudeau a refusé de participer au débat organisé par le magazine “Maclean’s” et le réseau CityTV, préférant consacrer le deuxième jour de sa campagne à parcourir la Colombie-Britannique et l’Alberta, cette dernière province lui étant plutôt hostile lorsque vient le temps d’aborder l’enjeu de l’industrie des sables bitumineux.

M. Trudeau a toutefois confirmé sa participation aux débats officiels organisés dans les deux langues par la Commission des débats des chefs, en plus d’un autre débat en français organisé au Québec par le réseau TVA.

“L’occasion de traverser le pays, de parler avec les Canadiens, de les écouter et de discuter de la manière dont on va construire un avenir meilleur pour tous est au coeur de ce que cette élection représente pour moi”, a commenté Justin Trudeau lors d’une annonce à Victoria, jeudi matin.

Paul Chiasson/PC
Andrew Scheer

Son principal adversaire, le chef conservateur Andrew Scheer, n’est pas étonné de l’absence du chef libéral en raison du retour dans l’actualité de l’affaire SNC-Lavalin, alors que selon le “Globe and Mail”, la Gendarmerie royale du Canada enquêterait sur un possible cas d’entrave à la justice.

Ce ne serait toutefois pas le seul sujet qui aurait refroidi le premier ministre sortant, de l’avis de M. Scheer.

S’il y a un domaine où les échecs de Justin Trudeau ont été bien mis en évidence pour que les Canadiens comprennent sur le coup, ce sont les sujets liés aux affaires étrangères.Andrew Scheer, chef conservateur

“J’ai remarqué qu’une partie du débat de ce soir va porter sur les affaires étrangères, a-t-il souligné. S’il y a un domaine où les échecs de Justin Trudeau ont été bien mis en évidence pour que les Canadiens comprennent sur le coup, ce sont les sujets liés aux affaires étrangères.”

Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh a admis être déçu de l’absence du chef libéral, affirmant que les Canadiens s’attendent à ce qu’il soit là pour défendre son bilan qu’il a qualifié d’“exécrable”.

En réponse à une question en français, M. Singh a fait part de sa stratégie pour la joute oratoire.

Dans les débats, ce que je vais faire, c’est de toujours partager les histoires des gens, de monsieur et madame tout le monde. Mon travail, c’est d’être une voix pour les gens qui n’ont pas de voix.Jagmeet Singh, chef néodémocrate

Il a dit vouloir mettre en lumière “ce qui se passe dans la vie de la population” et parler de moyens pour aider les gens. “C’est pour eux que je suis ici”, a-t-il insisté.

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, n’a pas reçu d’invitation au débat de jeudi soir. Il n’a pas non plus été invité aux autres débats nationaux malgré son insistance auprès des organisateurs.

Il estime que son exclusion équivaut à “un déni de démocratie” alors que, selon lui, de nombreux Canadiens veulent entendre les idées du PPC, un parti en train “d’écrire une page d’histoire”, croit son chef.

Pas de réponse sur le dossier SNC-Lavalin

Par ailleurs, Justin Trudeau refuse toujours de répondre aux tentatives de ses opposants de rouvrir l’affaire SNC-Lavalin qui lui a fait mal dans les derniers mois.

Le “Globe and Mail” révélait mercredi que la Gendarmerie royale du Canada enquêtait pour déterminer s’il y a lieu de déposer des accusations pour entrave à la justice. L’ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould a aussi été rencontrée par la GRC, selon le quotidien.

Jeudi, tant les conservateurs que les néo-démocrates ont accusé M. Trudeau de vouloir étouffer l’histoire en empêchant les personnes impliquées de parler librement.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, estime que les Canadiens “méritent des réponses” et qu’il est temps pour M. Trudeau de laisser Mme Wilson-Raybould raconter sa version. Le chef conservateur Andrew Scheer a accusé M. Trudeau de vouloir étouffer l’histoire.

De passage à Victoria, en Colombie-Britannique, M. Trudeau a réitéré que son gouvernement avait pris des mesures “sans précédent” pour suspendre le secret du cabinet et ainsi permettre au commissaire fédéral de l’éthique, Mario Dion, de produire son rapport.

M. Dion a déterminé que M. Trudeau avait contrevenu à la Loi sur l’éthique en exerçant des pressions indues sur Mme Wilson-Raybould afin qu’elle invite la firme d’ingénierie SNC-Lavalin à entamer des négociations en vue de conclure un accord de réparation et ainsi éviter un procès.

Mais le commissaire Dion a déclaré s’être heurté à des obstacles au cours de son enquête parce que M. Trudeau avait refusé de divulguer des renseignements confidentiels du cabinet à neuf autres personnes qui affirmaient détenir des renseignedments pertinents.

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