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29/07/2019 12:54 EDT

Traque des fugitifs: les policiers sur une nouvelle piste

Les deux fugitifs auraient été aperçus dans York Landing, au Manitoba.

GILLAM, Man. — Les policiers suivent une piste selon laquelle les deux fugitifs qui sont suspectés de meurtres commis en Colombie-Britannique ont été aperçus au sud-ouest de Gillam, la communauté du nord du Manitoba qui est au coeur des recherches depuis la semaine dernière.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a publié une mise à jour sur le réseau social Twitter dimanche en fin d’après-midi, indiquant qu’elle dépêchait des effectifs à York Landing, à environ 90 kilomètres à vol d’oiseau de Gillam, afin d’enquêter sur une information à l’effet que les deux suspects pourraient se trouver dans la communauté ou à proximité de celle-ci.

Le message indique qu’une forte présence policière est à prévoir dans la région et que la police continuera à tenir au courant la population à mesure que des informations sont disponibles.

Aperçu dans York Landing

James Favel de la Bear Clan Patrol, un groupe de surveillance de quartier dirigé par des autochtones, a déclaré que ce sont quelques bénévoles de son groupe qui ont rapporté à la police avoir vu deux hommes suspects alors qu’ils patrouillaient dans York Landing dimanche après-midi.

«Ces deux hommes correspondaient à la description des fugitifs alors ils ont immédiatement appelé la GRC pour les avertir de cette présence et il se passe maintenant toutes sortes de choses», a soutenu M. Favel, le directeur exécutif du groupe, en entrevue avec La Presse canadienne depuis Winnipeg.

«Ces deux gars sortaient définitivement du lot», a-t-il ajouté.

M. Favel a déclaré que les deux hommes s’étaient enfuis dès qu’ils ont été repérés.

Les policiers n’ont pas encore confirmé qu’il s’agit de Bryer Schmegelsky et Kam McLeod, âgés respectivement de 18 et de 19 ans. Les deux jeunes hommes originaires de Port Alberni, en Colombie-Britannique, sont accusés de meurtre au deuxième degré, à la suite de la mort de Leonard Dyck, un professeur de l’Université de la Colombie-Britannique.

Ils sont également soupçonnés d’avoir assassiné l’Australien Lucas Fowler et sa petite amie américaine Chynna Deese.

Une Toyota RAV4 incendiée dans laquelle les jeunes adultes voyageaient a été découverte près de Gillam la semaine dernière.

Leroy Constant, le chef de la Première Nation York Factory, a écrit sur Facebook que la GRC se dirigeait vers York Landing.

«Restez tous à l’intérieur avec les portes verrouillées s’il vous plaît. Tous les véhicules devraient être stationnés», a-t-il lancé, en demandant aux internautes de partager le message avec les membres de la communauté qui ne sont pas présents sur les réseaux sociaux.

La GRC a publié un tweet demandant aux citoyens de ne pas révéler l’emplacement des policiers en publiant sur les médias sociaux des photos de ceux qui sont dans la communauté.

200 informations

Les policiers ont indiqué plus tôt dimanche qu’ils avaient reçu plus de 200 informations au cours des cinq derniers jours, mais qu’aucune n’a convaincu les enquêteurs de croire que le duo avait quitté le secteur infesté d’insectes et jonché de marais entourant la minuscule communauté de Gillam dans le nord du Manitoba.

La police a appelé tous les Canadiens de faire preuve de vigilance jusqu’à la capture des deux jeunes hommes.

Les policiers, aidés par des chiens et des drones, ont fait du porte-à-porte, vérifié chaque résidence et fouillé tous les immeubles abandonnés de Gillam et des environs. Des citoyens ont même organisé leur propre vigile.

Les recherches aériennes se sont intensifiées samedi à la suite de l’arrivée d’un avion CC-130H Hercules de la Force aérienne du Canada muni d’un équipement de détection thermique de haute technologie.

La GRC a publié sur Twitter des photos de policiers armés cognant aux portes, éclairant dans garages à la lampe de poche et se préparant à entrer dans un hangar avec prudence.

Même si les policiers ont dit ne pas croire que les deux fugitifs ont quitté le secteur, la GRC a affirmé qu’il était toujours possible qu’ils aient réussi à fuir ou changé d’apparence.

Gillam et plusieurs communautés autochtones avoisinantes subissent les effets néfastes de cette situation, selon un membre de la Bear Clan Patrol, un groupe de surveillance de quartier dirigé par des autochtones qui a été invité par l’Assemblée des chefs du Manitoba à contribuer à apaiser les craintes des résidents.

Wade Taylor a comparé la communauté à une «ville fantôme» en raison du haut «niveau de stress, d’anxiété et de peur». Certains résidents ont même quitté la région en attendant cette situation prenne fin, a-t-il ajouté.