NOUVELLES
19/09/2019 11:48 EDT | Actualisé 19/09/2019 15:06 EDT

Transcontinental vend la plupart de ses médias spécialisés, dont «Les Affaires»

Deux acheteurs se partagent ainsi les propriétés de TC Transcontinental.

lesaffaires.com
Le magazine Les Affaires fait partie des médias qui passent chez Groupe Contex.

La sortie quasi complète du secteur des médias de TC Transcontinental, qui vend la majorité de ses publications spécialisées et activités événementielles, dont “Les Affaires”, se traduira par une vingtaine de licenciements ainsi qu’une importante réduction de la fréquence de publication du journal économique.

À la suite des deux transactions annoncées jeudi avec Groupe Contex et Newcom Media, dont les montants n’ont pas été dévoilés, l’entreprise ne conservera que le groupe d’édition pédagogique TC Média Livres et le Groupe Constructo.

La plupart des actifs passent dans le giron de Groupe Contex, une entreprise événementielle et médiatique dirigée par Pierre Marcoux _le fils du fondateur de Transcontinental Rémi Marcoux _, qui met la main sur “Les Affaires”, “Les Affaires Plus”, Les Événements Les Affaires, le site internet Acquizition.biz., “Benefits Canada”, “Avantages”, “Canadian Investment Review”, “Canadian Institutional Investment Network” et Contech.

“Sous ces marques, on organise 75 conférences, cinq salons commerciaux et nous organisons des dizaines de formations dans le monde des affaires”, a expliqué M. Marcoux, au cours d’un entretien téléphonique.

Celui qui a été nommé à la tête de TC Média en janvier 2018 estime que l’aspect événementiel constitue le “fer de lance” du groupe, qui est “profitable, rentable et qui peut continuer de croître” grâce à cette stratégie.

Les publications imprimées, qui sont confrontées à une érosion des revenus publicitaires, semblent donc plus complémentaires, ce qui fait en sorte que “Les Affaires”, qui doit publier 26 numéros cette année, n’en publiera que 14 l’année prochaine. Le journal économique avait été acquis par Rémi Marcoux en 1979.

Cela entraînera l’abolition d’une quinzaine de postes, a expliqué M. Marcoux, qui continuera à siéger au conseil d’administration de Transcontinental même s’il n’est plus à l’emploi de l’entreprise. Environ la moitié des licenciements, qui touchent des postes administratifs et la rédaction, sont attribuables à la diminution de la fréquence de publication.

“Les discussions ont débuté il y a environ un an, a-t-il expliqué. J’étais le seul (acquéreur). J’ai offert (à Transcontinental) la pleine valeur pour ces produits. C’est une transaction qui est passée par un comité spécial formé par le conseil d’administration.”

Chez Transcontinental, un peu moins de 10 personnes perdent leur emploi. Il s’agit d’employés affectés à des “services partagés” de comptabilité et de marketing, entre autres, a expliqué une porte-parole, Katherine Chartrand.

De son côté, Newcom Media obtient les publications “Finance et Investissement”, “Investment Executive”, “Advisor’s Edge” et “Conseiller”, qui comptent 42 employés. Établie à Toronto, l’entreprise est propriétaire de nombreuses publications spécialisées notamment dans le domaine du camionnage, de l’industrie automobile, de l’assurance ainsi que de la santé.

La compagnie avait acquis “Canadian Insurance Top Broker” des mains de Transcontinental. Le président de Newcom, Joe Glionna, a indiqué dans un courriel ne pas être disponible pour des entrevues, puisqu’il devait rencontrer ses nouveaux employés.

En vertu d’ententes pluriannuelles, Transcontinental continuera d’imprimer les publications vendues.

L’éditeur et imprimeur n’a pas voulu préciser les revenus générés par les actifs vendus jeudi. Toutefois, dans le passé, son président et chef de la direction, François Olivier, avait évoqué le chiffre de 100 millions $, ce qui tenait compte de TC Média Livres et Constructo.

Vers l’emballage

Pour Transcontinental, cette transaction s’inscrit dans le délestage de ses activités médiatiques alors que la société mise de plus en plus sur l’emballage souple - un secteur où elle a acquis l’an dernier la firme d’emballage Coveris Americas pour 1,32 milliard $ US.

Néanmoins, l’intérêt de M. Marcoux pour la majorité des actifs fait en sorte qu’il était “naturel” pour Transcontinental de conclure une transaction avec lui, selon Mme Chartrand.

“Il était aussi à la tête de ces publications, a dit la porte-parole de Transcontinental. Donc, la vérification diligente a été beaucoup plus simple.”

Grâce à Coveris, plus de la moitié des revenus générés par Transcontinental devraient provenir de son secteur de l’emballage souple au terme de l’exercice 2019. Depuis la création de l’entreprise en 1976, sa pierre angulaire était l’impression commerciale.

À VOIR AUSSI: 400 000 euros pour une planche de Tintin