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18/03/2020 07:58 EDT | Actualisé 18/03/2020 15:52 EDT

COVID-19: au tour de Transat de suspendre progressivement ses vols

Des vols de rapatriement seront opérés au cours des deux prochaines semaines.

Anadolu Agency via Getty Images

La pandémie de COVID-19 incite le transporteur aérien de Transat A.T. à suspendre progressivement les vols d’Air Transat jusqu’au 30 avril et à procéder à des mises à pied.

Porter Airlines a aussi annoncé mercredi qu’elle annulerait ses vols à la fin de la journée vendredi, au moins jusqu’au 1er juin.

La décision d’Air Transat signifie que les ventes de billets en partance ou à destination de l’Europe et des États-Unis jusqu’au 30 avril sont désormais fermées sur la plupart des destinations. Des vols de rapatriement seront organisés au cours des deux prochaines semaines, pour ramener les clients de Transat dans leur pays.

Les clients qui n’auront pas pu voyager du fait de l’annulation de leur vol se verront remettre un crédit pour un voyage futur, qu’ils pourront utiliser dans les 24 mois de leur date de voyage initiale.

Les ventes resteront provisoirement ouvertes dans les deux sens à partir de Montréal vers Paris et Lisbonne, et à partir de Toronto vers Londres et Lisbonne, mais une date d’arrêt des activités sera annoncée incessamment. Pour ce qui est des vols vers les Antilles et le Mexique, ou en provenance, les ventes sont déjà fermées. Là encore, des vols seront organisés pendant quelques jours le temps de rapatrier les clients de Transat.

Les clients actuellement à destination sont invités à consulter le site internet de l’entreprise pour trouver les informations nécessaires afin d’organiser leur retour. Aucuns frais de réservation ne seront appliqués et les passagers n’auront pas à s’acquitter d’une éventuelle différence de prix, promet-on. Pour les vols nationaux, les clients sont invités à vérifier sur le site internet si leur vol est maintenu.

 

Air Transat annonce aussi qu’en raison des conséquences de la crise de la COVID-19, elle procédera dans les prochains jours à des mises à pied temporaires, de même que des réductions du temps de travail ou de salaire, qui toucheront une partie importante des employés. La haute direction et les membres du conseil d’administration réduiront aussi leur rémunération. Transat A.T. compte 5000 employés et son siège social est situé à Montréal.

Julie Roberts, qui dirige la section aérienne au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente 15 000 agents de bord ainsi que sa composante Transat, a indiqué que le syndicat n’avait pas encore été informé du nombre de licenciements, qui seraient “massifs”, selon elle. “Air Transat prévoit jusqu’au 30 avril, mais la pandémie sera-t-elle sous contrôle d’ici là? Il n’y a aucun moyen de le dire.”

Même chose chez Porter

De son côté, Porter Airlines a aussi annoncé mercredi qu’elle annulerait les vols sur ses 29 avions à la fin des activités vendredi, au moins jusqu’au 1er juin. Les frais de changement de réservation seront supprimés, précise-t-on. Le chef de la direction du transporteur, Michael Deluce, a déclaré que cette décision entraînerait des mises à pied à tous les niveaux.

Les mesures annoncées mercredi par Transat et Porter interviennent alors que le président américain, Donald Trump, a confirmé mercredi sur le réseau social Twitter que la frontière avec le Canada serait fermée au trafic non essentiel dans les deux sens. Le premier ministre Justin Trudeau a par la suite confirmé les restrictions frontalières lors d’une conférence de presse.

Air Canada avait déjà réduit de moitié sa capacité globale en sièges _ et de 75 % sur le marché du Pacifique. WestJet Airlines a réduit de moitié sa capacité intérieure et annulé toutes les liaisons transatlantiques et américaines pendant 30 jours, à compter de dimanche, coupant 155 vols mercredi seulement. Sunwing Airlines a supprimé tous ses vols vers le Sud jusqu’au 9 avril.

L’économiste en chef de l’Association internationale du transport aérien (IATA) déclarait mardi que les pertes de revenus dans le monde dépassaient déjà la pire prévision de 113 milliards $ de l’organisme et menaçaient de faillite plusieurs compagnies aériennes.

L’analyste Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins, estime le taux d’épuisement des fonds de Transat à environ 60 millions $ par mois, “en supposant que 25 % des coûts d’exploitation totaux demeurent fixes si toute la flotte est clouée au sol”. Avec plus d’un milliard de dollars en liquidités, “en fiducie ou autrement réservés”, Transat dispose de suffisamment de flexibilité dans son bilan pour surmonter les turbulences, a estimé M. Poirier.

 

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