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12/08/2019 07:31 EDT | Actualisé 12/08/2019 10:24 EDT

Vente de Transat: Air Canada revient à la charge

Un nouveau rebondissement dans la vente de Transat.

Juha Remes via Getty Images

Air Canada hausse la mise pour mettre la main sur Transat A. T. en bonifiant son offre totale de 200 millions $ et en obtenant le soutien du plus important actionnaire du voyagiste québécois.

Dans un communiqué transmis dimanche soir, Air Canada annonce avoir fait passer son prix d’achat de 13 à 18 $ par action, ce qui représente un montant total d’environ 720 millions $, contre sa proposition initiale de 520 millions $.

Air Canada annonce aussi avoir obtenu le soutien de Letko, Brosseau et associés, le plus grand actionnaire de Transat A. T. avec une participation légèrement inférieure à 20 pour cent.

Letko, Brosseau et associés avait précédemment affirmé que l’offre initiale d’Air Canada était insuffisante.

Si les actionnaires de Transat A. T. disent oui à cette offre à l’occasion de leur assemblée extraordinaire, prévue le 23 août, celle-ci sera scrutée par les autorités réglementaires, dont Transports Canada et le Bureau de la concurrence. Elle devra, pour ce faire, obtenir l’appui d’au moins les deux tiers des actionnaires.

Air Canada, la plus importante compagnie aérienne au pays, a dit avoir l’intention de préserver les marques Transat et Air Transat et de maintenir son siège social montréalais, qui compte quelque 5000 employés.

Un second prétendant

Ce rebondissement survient en plein affrontement devant le Tribunal administratif des marchés financiers, alors que Transat A.T. tentait de chasser un second prétendant: le promoteur immobilier montréalais Groupe Mach.

La société mère d’Air Transat demandait aux autorités réglementaires d’interdire à Mach d’acquérir un important bloc d’actions qui pourrait empêcher sa vente à Air Canada.

En juin, Transat A.T. n’avait pas voulu étudier l’offre de 14 $ par action de Mach, soit une prime de 8 pour cent par rapport à la proposition initiale de 13 $ par action d’Air Canada.

Mach était donc revenu à la charge en proposant d’acheter «au moins» 6,9 millions de catégorie B de Transat A.T, au prix de 14 $ chacune, ce qui lui coûterait 97 millions $.  Le président de Mach, Vincent Chiara, entendait exercer les droits de vote rattachés à ces titres pour s’opposer à l’offre d’Air Canada.

Transat a obtenu gain de cause contre le Groupe Mach devant le Tribunal administratif des marchés financiers (TAMF)

Le voyagiste québécois, qui avait vertement dénoncé la tentative de Groupe Mach Acquisition d’acquérir un bloc d’actions de Transat.

Dans le communiqué annonçant la bonification de son offre, Air Canada cite le conseil d’administration de Transat A.T, qui exhorte à nouveau les actionnaires à «rejeter le stratagème hautement abusif, coercitif, trompeur et conditionnel de Groupe Mach».

«Nous sommes convaincus que (notre transaction) amène le meilleur résultat possible pour toutes les parties prenantes. Le regroupement offre une excellente valorisation aux actionnaires de Transat et d’Air Canada, tout en assurant une plus grande sécurité d’emploi aux salariés des deux sociétés grâce à des perspectives de croissance accrues», a déclaré Calin Rovinescu, président et chef de la direction d’Air Canada.

Le TAMF donne raison à Transat

 

Dans une décision partagée à deux contre trois, le Tribunal interdit à Groupe Mach de se porter acquéreur du bloc de 6,9 millions d’actions à droit de vote de catégorie B de Transat A.T.

La décision majoritaire interdit également au Groupe Mach d’utiliser les procurations obtenues de tout actionnaire de Transat qui a déposé ses actions en réponse à son offre d’achat et Mach doit retourner ces actions à leurs détenteurs.

Le vice-président de Transat, Christophe Hennebelle, s’est réjoui de cette décision lorsque rejoint par La Presse canadienne, lundi matin.

La décision a été déposée dimanche, mais n’a été rendue publique que lundi matin afin de permettre à Transat d’émettre un communiqué sur la décision après l’ouverture des marchés.

Un des trois membres du Tribunal, Me Jean-Pierre Cristel, a toutefois émis sa dissidence, estimant qu’une telle interdiction aura des conséquences importantes non seulement pour Groupe Mach, mais aussi pour les actionnaires de Transat, en particulier ceux qui avaient choisi de déposer leurs actions en réponse à l’offre de Mach.

Me Cristel s’inquiétait également de l’“important précédent” créé par l’imposition “d’une décision aussi radicale du Tribunal”.

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