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07/10/2019 01:20 EDT | Actualisé 07/10/2019 01:27 EDT

«TLMEP»: Christian Tétreault s’ouvre sur son alcoolisme et le deuil qu’il ne fera jamais

«Un enfant qui meurt, c’est une force qui s’impose dans ta vie. La seule chose que tu ne peux pas faire avec cette force-là, c’est l’ignorer...»

Karine Dufour via Radio-Canada

Christian Tétreault était de passage à Tout le monde en parle, ce dimanche 6 octobre, pour parler de son quinzième livre, Conversations avec Marie, la suite du best-seller Je m’appelle Marie, qui s’est écoulé à plus de 90 000 exemplaires.

Le livre présente des extraits de conversations que le principal intéressé entretient quotidiennement avec sa fille Marie, décédée en 1985 à l’âge de deux ans d’une infection bactérienne.

«Un enfant, ça ne meurt pas. Ton enfant ne meurt pas, Et ça te prend un certain temps avant d’être capable de concevoir ça», a-t-il confié.

«La raison pour laquelle un enfant ne meurt pas, c’est que tu te rends compte à la longue que toi-même tu n’es pas la même personne. Ça m’a pris plusieurs années, ça m’a pris l’abandon de l’alcool pour réaliser que ma fille vit à l’intérieur de moi.»

«Un enfant qui meurt, c’est une force qui s’impose dans ta vie. La seule chose que tu ne peux pas faire avec cette force-là, c’est l’ignorer. La force, elle va te nourrir ou te vider. Au début tu te sens vidé, aspiré [...] Un enfant qui meurt, c’est pire que de mourir soi-même.»

Christian Tétreault a par la suite expliqué que son problème de consommation d’alcool l’avait d’abord freiné dans cette relation, qu’il considère comme parler à «un concept» évoluant en dehors des notions d’espace et de temps.

«Il a fallu que je me débarrasse de ça [l’alcool, ndlr] pour réaliser que j’avais une vraie relation avec une vraie personne qui existe à l’intérieur de moi et qui m’influence, qui influence toute mon existence», a-t-il poursuivi.

«On parle tous avec quelqu’un qui est décédé dans notre entourage. Mais quand c’est ton enfant, tu te dis : ″Moi, je suis l’émetteur, et elle, elle reçoit″. Mais un moment donné tu te rends compte que non, ça se fait des deux côtés.»

La route vers la sobriété

Après avoir été arrêté pour ivresse au volant, sa femme France lui a donné un ultimatum, lui demandant de lui indiquer l’endroit et le moment où il comptait suivre sa thérapie, sans quoi il y avait deux sacs verts qui l’attendaient pour rassembler ses choses et quitter le domicile familial.

Au moment de l’enregistrement de l’émission, Christian Tétreault célébrait son 530e jour de sobriété, lui qui a également arrêté de fumer et perdu 30 livres depuis.

L’écrivain se décrivait d’ailleurs comme un «alcoolique fonctionnel», expliquant n’avoir jamais rien écrit auparavant sans être sous l’influence, et que même sa femme ne se doutait pas qu’il avait un problème au départ, lui qui n’avait pas l’habitude de sortir dans les bars et qui buvait surtout en cachette.

Mais depuis qu’il a arrêté de boire, Christian Tétreault jouit pleinement du contrôle qu’il exerce sur sa vie.

«C’est le bonheur total, la joie de vivre, la discipline. Je me demande pourquoi je n’ai pas arrêté avant. C’est une bénédiction pour moi d’avoir été au Pavillon Pierre Péladeau et d’avoir pris mon affaire au sérieux. Je pensais que je ne serais plus capable d’écrire, mais depuis le jour où j’ai arrêté, j’ai écrit cinq livres.»

Christian Tétreault a un jour questionné sa fille à savoir si elle considérait qu’il exploitait son décès. Question à laquelle celle-ci lui a répondu par l’affirmative, a-t-il admis. Mais elle lui a aussi expliqué qu’au fond, il écrivait tout simplement sur sa passion, et qu’elle considérait qu’elle lui rendait service de cette façon.

Tout le monde en parle est diffusée les dimanches à 20h, sur les ondes d’ICI Télé.

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