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11/11/2019 00:34 EST | Actualisé 11/11/2019 07:35 EST

«Tout le monde en parle»: Catherine Dorion défend ses positions et règle ses comptes

«Je trouvais ça tellement exagéré qu’en la lisant, j’ai juste eu honte à sa place...»

Karine Dufour via Radio-Canada

Catherine Dorion était à Tout le monde en parle, ce dimanche 10 novembre, pour toutes les raisons que nous connaissons.

La députée de Taschereau, qui s’était fait refuser l’entrée au Salon bleu quelques heures avant l’enregistrement de l’émission, jeudi dernier, en raison de son accoutrement, a profité de sa tribune pour réaffirmer les bases de sa démarche politique, et répondre à quelques-uns de ses détracteurs.

Voici quelques-unes des déclarations les plus marquantes tenues par la politicienne lors de son passage sur le plateau de Guy A. Lepage et de Dany Turcotte. 

Il commence à faire frette, mais elle est bien dans son coton ouaté

«Quand je suis arrivée en politique, tout le monde a dit: “Ah, elle ne s’habille pas comme les autres”. Un moment donné, ça s’est calmé, mais moi je n’ai pas changé. Je suis restée comme ça, j’ai continué à m’habiller avec mes cotons ouatés, mon linge. [...] Mais là, ce n’est plus que le ‘commentariat’, ce sont les députés de l’Assemblée nationale, tout à coup, qui capotent.»

«Je trouvais que ça allait loin. J’ai été élue par les gens de Taschereau, je m’en viens faire ma job, et là tu me dis : ”À cause de ce dont t’as l’air, non, tu ne fittes pas ici, tu ne rentres pas chez nous. Il faut que tu sois pareille comme nous si tu veux pouvoir rentrer ici et représenter tes citoyens”. C’est grave, quand même.»

Dévier la discussion

«On me tient responsable de la dégénérescence du discours médiatique qui va sur n’importe quoi qui flashe, et qui poppe, et qui est divertissant. Et ce n’est pas la faute des journalistes? Je viens de passer un an à fouiller sur la crise des médias, et sur comment les gens du web ont brisé l’information, et obligé tous les médias à aller sur ce qui brille, ce qui est bizarre, ce qui est, finalement, mon linge.»

Une plainte du PLQ à la commissaire à l’éthique

«Le Parti libéral du Québec me dit que je manque d’éthique, parce que je me suis assise avec mon costume d’Halloween sur un bureau brun au Salon rouge? Le parti de la corruption, de la collusion, des liens avec la mafia, qui donnait des permis de garderies à ses amis, de Nathalie Normandeau? Ce parti-là, parler d’éthique? C’est capoté!»

 «On les oublie, parce qu’ils ne sont plus au pouvoir, mais il ne faut pas l’oublier. Ils sont encore là. Et leur manière de faire, c’est intégré dans ce qu’ils sont. La preuve, c’est justement qu’ils utilisent l’institution de l’Assemblée nationale pour essayer de me faire du tort, pour essayer de faire du tort à Québec solidaire.»

Rentrer dans le rang

«On nous dit: “Assieds-toi là, et ne fais rien.” Moi je dis non, je ne suis pas venue pour longer les murs. [...] J’ai un projet politique à accomplir, et si tu me dis que je n’ai pas le droit de faire ça, de rentrer dans le rang, alors ça va être ça, ma bataille.»

Karine Dufour via Radio-Canada

Réponse à Sylvain Gaudreault...

«On se donne comme ça n’a pas de bon sens, mes quatre attachés de comté et moi. On part des projets, on invite le monde dans notre bureau de comté, on se fait des réflexions avec les gens. [...] Clairement, il lance une attaque comme ça, sans savoir, sans être allé vérifier, sans avoir demandé à personne. Parce que ce n’est clairement pas vrai que je ne trippe pas sur mon comté et que je ne suis pas en train de développer des affaires.»

«C’est encore de la mauvaise politique. C’est le gars, politicien, qui veut planter quelqu’un qui réussit ce que lui ne réussit pas. Moi, je ne fais pas ça. Je ne plante pas le monde. Je ne suis pas là pour ça.»

... Aux politiciens en général

«Je le sais qu’on va les dépasser, qu’on est plus inspirants. L’Assemblée nationale, c’est la maison du peuple, c’est vous, le monde, qui devriez y être. Pas toute la même clique qui, depuis des dizaines d’années, s’échange le pouvoir en disant: “Un moment donné, ça va être mon tour”, en ne se forçant pas, et en ayant tous l’air des mêmes gens qui appartiennent à la même clique.»

...À Denise Bombardier

«J’ai lu ça, et je me suis dit: “Pauvre madame!” Parce que ma jupe est trop courte, essayer de m’insulter pour ça? Ça me semble tellement dépassé, on n’est pas dans les années 1930! Je trouvais ça tellement exagéré qu’en la lisant, j’ai juste eu honte à sa place, pour elle et pour tous les gens qui allaient lire ça et faire: “Oh mon dieu, la pauvre!”»

... À Sophie Durocher

«Je… On parle vraiment de Sophie Durocher, là?»

La caricature de Serge Chapleau

«J’aime rire, j’aime l’humour de qualité, l’humour intelligent. J’aime l’humour vraiment niaiseux et irrévérencieux, aussi. Ça, c’est quoi?»

«Faire un show»

«Je suis une artiste. Ma job, c’était de faire des shows pour que ça réagisse. Avec ma photo d’Halloween, je vous soumets humblement que ça, c’était une petite oeuvre d’art. Ça fait réfléchir sur les codes, sur à quel point on s’attend des gens qu’ils soient autre chose qu’eux-mêmes.»

«Faire mon show, pour moi, c’est aussi écrire un discours sur l’indépendance du Québec et sur la solitude qu’on est en train de vivre, et sur l’angoisse qui nous prend, parce qu’on n’a pas de projet politique, et qu’on se fait pousser dans le dos par des gens qui nous disent que la seule chose importante dans la vie, c’est de produire, et qu’on n’a plus de temps à passer ensemble. Et c’est là qu’on la perd, notre culture, pas parce qu’il y a des immigrants qui s’en viennent.

La députée a conclu en confirmant qu’elle avait eu peur que la politique la rende malade, mais que tout ce qu’elle avait vécu au cours de la dernière année l’avait finalement aidée à s’endurcir.

«Dans la première année, j’étais comme: “Voyons!” Et là, je m’en viens plus forte. Donc je pense que je vais rester un petit bout.»

Tout le monde en parle est diffusée les dimanches à 20h, sur les ondes d’ICI Télé.