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11/02/2020 19:36 EST

Qui va prendre la tête de la course démocrate? La réponse dans le New Hampshire

Le vote dans cet État constitue une nouvelle étape dans une compétition très indécise dont le vainqueur défiera Donald Trump à la présidentielle de novembre.

Le sénateur socialiste Bernie Sanders et le centriste Pete Buttigieg, en posture de favoris, se disputaient mardi les suffrages des démocrates du New Hampshire, nouvelle étape dans une compétition très indécise dont le vainqueur défiera Donald Trump à la présidentielle de novembre.

La plupart des bureaux de vote ont fermé à 19h et les premiers résultats étaient attendus une heure plus tard.

Après avoir survolé les sondages nationaux ces derniers mois, Joe Biden semblait se résoudre à une déception dans cet État frontalier du Canada, deux semaines après un premier revers dans l’Iowa, où il était arrivé quatrième: l’ancien vice-président de Barack Obama a de façon surprise annulé sa soirée de campagne dans le New Hampshire pour mettre le cap sur l’État de Caroline du Sud, où il compte se relancer.

«Je n’abandonne pas le New Hampshire», a assuré le septuagénaire modéré, en justifiant son absence au soir du scrutin par la succession de deux meetings de campagne, en Caroline du Sud et dans le Nevada, les deux prochains États à voter dans les primaires.

Derrière MM. Sanders et Buttigieg, dans un mouchoir de poche avec M. Biden, les autres grands candidats à l’investiture démocrate espèrent créer la surprise, trouver un nouveau souffle... ou éviter l’effondrement de leur campagne.

Dans la moyenne des sondages du New Hampshire, Joe Biden n’arrive que quatrième ex-aequo avec la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, juste derrière l’autre sénatrice Amy Klobuchar, qui partage avec lui des idées centristes.

Visions divergeantes

Les candidats ont fait campagne jusque tard lundi pour arracher les faveurs des électeurs de ce petit État du nord-est du pays. Et Pete Buttigieg, à 38 ans le plus jeune d’entre eux, se prêtait encore au jeu des égoportraits mardi matin devant plusieurs bureaux de vote.

«Le choix que vous faites aujourd’hui déterminera l’avenir de notre nation», a-t-il déclaré sur Twitter, appelant à «bâtir une coalition pour battre Trump en novembre.»

C’est lui qui l’avait emporté d’un cheveu devant Bernie Sanders le 3 février lors d’assemblées d’électeurs dans l’Iowa, premier État à voter pour ces primaires. Cette fois-ci, le scrutin se tient à bulletin secret.

Mike Schowalter, avocat de 39 ans, a voté pour Bernie Sanders. «Je pense que beaucoup de choses dans notre pays sont cassées», a-t-il confié à l’AFP depuis un centre aéré à Concord.

John Williams, dans ce même bureau de vote, s’attendait à une «plutôt bonne participation» électorale, malgré la neige.

Les onze rivaux en lice pour le défier en novembre, ainsi que leurs électeurs, s’accordent sur un point: il faut battre Donald Trump.

Mais leurs visions divergent.

À la gauche du parti, prônant une «révolution» politique afin de parvenir à une société plus égalitaire, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, domine confortablement les sondages dans cet État, voisin de son fief du Vermont.

Il est suivi par Pete Buttigieg, l’ex-maire de la ville de South Bend (100 000 habitants). Ancien militaire, premier candidat ouvertement homosexuel aussi bien placé dans la course à la Maison-Blanche, il plaide pour une politique «réaliste» et de main tendue aux électeurs indépendants et républicains, tout en critiquant le financement du programme de M. Sanders.

Bloomberg omniprésent 

Derrière eux, la pression est forte sur Joe Biden. Fort d’une longue expérience politique, il se présente en meilleur atout pour battre Donald Trump.

Son équipe a martelé qu’il n’abandonnerait pas la course «quoi qu’il arrive» mardi. Elle table sur une bonne performance en Caroline du Sud, qui votera le 29 février. Là-bas, la population noire est très importante et reste acquise à l’ancien vice-président.

Luttant pour sa survie, M. Biden attaque son rival au centre Pete Buttigieg, en épinglant son manque d’expérience en politique nationale. Il n’épargne pas non plus Bernie Sanders, affirmant qu’il serait «difficile» de se rallier derrière un candidat «socialiste».

Une bataille qui se joue sous l’oeil ironique de Donald Trump.

Lors d’un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale, le président américain s’en est pris avec une virulence particulière à l’ancien maire de New York et milliardaire Michael Bloomberg.

Omniprésent alors même qu’il fait l’impasse sur les quatre premiers votes des primaires, M. Bloomberg a grimpé jusqu’à la troisième place dans un sondage au niveau national publié lundi.

«C’est un poids léger», a taclé Donald Trump. «C’est l’un des plus mauvais débatteurs qui soit, il n’a aucune présence», a-t-il lancé. «Honnêtement, je préférerais être face à Bloomberg que Sanders, parce que Sanders a de vrais partisans, que cela vous plaise ou non (...) Bloomberg lui achète sa place dans la course».

Disposant de moyens financiers quasi-illimités, Michael Bloomberg inonde de publicités la quinzaine d’États qui voteront lorsqu’il entrera en lice le 3 mars pour le «Super Tuesday».