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Québec déploie les tests rapides, mais privilégie celui qu'il a en moins grand nombre

Les tests rapides doivent être déployés prioritairement auprès des jeunes dans les écoles.
Le test rapide de détection des acides nucléiques ID NOW s’avère très fiable pour le dépistage, mais seulement dans le cas des personnes symptomatiques. (photo d'archives)
Le test rapide de détection des acides nucléiques ID NOW s’avère très fiable pour le dépistage, mais seulement dans le cas des personnes symptomatiques. (photo d'archives)

MONTRÉAL — Québec déploie finalement les tests de dépistage rapide de la COVID-19, mais il y a un hic: celui qu’il privilégie, le ID NOW, est celui qu’il a en moins grande quantité.

Le ministère de la Santé a fait le point lundi sur la situation des tests rapides et a réaffirmé son manque de confiance face aux tests rapides antigéniques Panbio et BD Veritor, dont il a un million d’exemplaires et dont il attend livraison d’un autre million. Ce test rapide sera utilisé dans des conditions très précises, mais mis à l’épreuve dans les milieux où il n’y a pas d’éclosion, il donne jusqu’à 50 % de faux positifs et jusqu’à 30 % de faux négatifs.

“Autant le fabricant que le comité d’experts ne favorisent pas les tests antigéniques chez les personnes asymptomatiques qui n’ont pas eu de contacts à risque”, a expliqué la sous-ministre à la Santé, Marie-Ève Bédard.

Elle fait valoir qu’avec les patients infectés mais asymptomatiques, ce type de test devrait être administré au moins deux fois par semaine et idéalement aux deux jours pendant longtemps pour avoir le portrait juste. Or, les faux résultats négatifs “peuvent entraîner un relâchement des mesures sanitaires”. Les personnes qui ont un résultat négatif “minimisent alors l’apparition de symptômes et demeurent dans leur milieu alors qu’ils sont au maximum de leur contagion.”

“Celui-là, c’est un go!”

En contrepartie, le test rapide de détection des acides nucléiques ID NOW, qu’il privilégie, s’avère très fiable pour le dépistage, mais seulement dans le cas des personnes symptomatiques.

“Le ID NOW ne donne pas de faux positifs et donne très peu de faux négatifs”, explique Isabelle Goupil-Sormany, médecin spécialiste en santé publique au ministère. “Celui-là, nous sommes confortables à le déployer pour offrir un volume soutenu de tests. Il fonctionne bien à condition de l’offrir chez des personnes qui ont des symptômes depuis moins de sept jours. Celui-là, c’est un go!”

Québec ne détient toutefois qu’un stock de 200 000 de ces tests. Le ministère entend déployer une capacité de 2000 tests rapides ID NOW par jour d’ici deux semaines et de 8000 par jour au mois de mars.

Les tests rapides doivent être déployés prioritairement auprès des jeunes dans les écoles. “Si un élève se présente dans un centre de dépistage avec des symptômes et qu’on a l’appareil ID NOW, on lui propose un test rapide, ce qui permet en 15 minutes de savoir si, par exemple, le petit Simon avait juste le nez qui coule ou si c’était bien la COVID, ce qui nous permet d’intervenir avec beaucoup plus d’agilité rapidement au sein de la classe”, illustre Mme Bédard..

Un déploiement local

Par ailleurs, même si elle a finalement décidé de prendre le virage des tests rapides dans certaines conditions, la santé publique maintient que les tests PCR avec des résultats analysés en laboratoire, dont 83 % des résultats sont disponibles dans les 24 heures, demeurent son standard de base.

L’implantation de ces tests rapides ne dépendra toutefois pas de Québec, mais bien des CIUSSS et des CISSS locaux, qui devront présenter des projets de déploiement. Bien que rapides avec leur résultat en 15 minutes, ces tests exigent beaucoup de ressources puisque l’appareil servant à faire la détection du virus ne peut fournir que quatre résultats à l’heure.

“Ce sont les CIUSSS qui ont la responsabilité de déployer les projets parce qu’ils doivent planifier leurs ressources”, explique la docteure Goupil-Sormany.

Les autres: quand même utiles

Québec ne mettra pas à la poubelle les tests antigéniques pour autant, puisqu’ils peuvent être utilisés dans certaines circonstances. Marie-Ève Bédard donne l’exemple d’une entreprise d’une centaine d’employés, où une demi-douzaine de cas se manifesteraient: “Et là, vous voulez savoir si vous êtes aux prises avec une éclosion dans l’entreprise ou si c’est le hasard parce qu’il y a une prévalence importante dans la communauté. (...) Débarquer dans en entreprise avec des tests antigéniques vous donnera une première lecture. Si, sur les 100, vous en avez 90 qui reviennent positifs, même s’il y a des faux positifs vous pouvez supposer avec assez d’assurance que vous êtes aux prises avec une éclosion dans l’entreprise.”

À l’opposé, ajoute-t-elle, si seulement 5 personnes sur 100 ont un résultat positif, “vous pouvez penser que, même si vous avez un ou deux faux négatifs, vous n’êtes pas aux prises avec une éclosion dans l’entreprise, mais vous pourriez renforcer les mesures sanitaires.”

Ces tests seront donc utilisés dans certaines circonstances, notamment en entreprise, dans certains milieux d’aînés en éclosion ou auprès de personnes en situation d’itinérance, qui peuvent être difficiles à retracer après un test nécessitant une analyse en laboratoire.

Dans ses divers programmes pilotes à travers la province, le ministère avait seulement utilisé, en date du 29 janvier, 18 473 tests rapides, soit environ 10 000 ID NOW, 8000 BD Veritor et une poignée de Panbio.

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