Ce qu'il faut savoir avant de faire tester son enfant pour la COVID-19

C'est désagréable, mais avec l'aide de maman ou papa, ça n'a pas besoin d'être traumatisant.

De retour en classe en pleine pandémie, de nombreux petits Québécois risquent de devoir subir un test de dépistage de la COVID-19 au cours de l’année scolaire. Le test n’a rien d’agréable et peut susciter une certaine crainte chez les enfants. Mais il existe des façons de les préparer – et de se préparer, comme parents!

Avant le test

À l’heure qu’il est, votre enfant sait probablement qu’un virus rôde et que c’est pour ça que certains aspects de sa vie ne sont plus tout à fait comme avant. (Sinon, vous trouverez des conseils utiles pour expliquer la pandémie aux jeunes enfants ici.) Vous pouvez donc lui expliquer qu’il faut faire un test pour être sûr qu’il n’a pas attrapé le petit microbe.

Expliquez-lui également que les professionnels de la santé vont porter un masque, une visière, une jaquette et des gants, puisque la vue de ces personnes affublées de tout l’équipement de protection individuelle peut le rendre nerveux.

L'équipement de protection individuelle, avec le masque qui empêche de voir le sourire, peut faire peur aux jeunes enfants.
L'équipement de protection individuelle, avec le masque qui empêche de voir le sourire, peut faire peur aux jeunes enfants.

Selon Nancy Morrissette, infirmière au CHU Sainte-Justine, la tâche la plus importante pour le parent qui accompagne son enfant, c’est de dédramatiser la situation.

Le test, qui nécessite l’insertion d’un écouvillon par la narine jusqu’à l’arrière de la gorge, est impressionnant et rend plus d’un adulte nerveux. Mais sans être agréable, il n’est pas douloureux, insiste Mme Morrissette. Et, surtout, il ne dure que 10 secondes.

Pour désamorcer leur appréhension, on peut miser sur une approche ludique. L’infirmière a d’ailleurs une façon cocasse pour expliquer à ses petits patients ce qu’elle s’apprête à faire.

«On leur dit qu’ici, on fait des expériences. On va mettre le petit q-tip dans leur nez, on va compter jusqu’à 10 et on va ramener tous les petits cacas de nez et on va faire des expériences dessus pour savoir si le virus est là», explique-t-elle.

Dans une vidéo (en anglais) destinée aux enfants de 4 ans et plus, la Mayo Clinic rappelle aussi l’importance de ne pas bouger pendant le test.

«La chose la plus importante que tu peux faire pendant ton test, c’est de rester parfaitement immobile, comme une statue», illustre Jennifer K. Rodemeyer, spécialiste de la petite enfance.

Votre enfant pourrait aussi trouver réconfortant d’apporter un toutou ou sa doudou préférée.

Nancy Morrissette aime aussi expliquer aux enfants plus vieux que des larmes pourraient sortir de leurs yeux pendant le test parce que l’écouvillon touche une partie sensible près de leur oeil, mais que ce n’est pas eux qui pleurent.

Le rôle du parent

Les infirmières de Sainte-Justine le savent, il n’y a rien de plus rassurant pour un enfant que la présence de maman ou papa.

«C’est important, c’est que le parent dise aux enfants “je suis avec toi”. Ça fait toute la différence», assure Mme Morrissette.

À Sainte-Justine, où le dépistage se fait à l’auto, les enfants de deux ans et moins restent dans leur siège d’auto pour le test, tandis que les plus vieux sont invités à s’asseoir sur les genoux de leur parent.

Préparez-vous à devoir tenir votre enfant pour bien l’immobiliser et éviter qu’il ne se blesse.

Dépendant de l’endroit où se déroule le dépistage, le professionnel de la santé vous expliquera quelle position adopter. À Sainte-Justine, on mise sur le «gros câlin».

Vous prendrez les deux poignets de votre enfant et croiserez les bras sur son abdomen, comme si vous lui faisiez un gros câlin par-derrière. Il placera ensuite sa tête au creux de votre épaule, où vous l’immobiliserez à l’aide de votre propre tête. Le professionnel de la santé qui réalise le prélèvement utilisera aussi sa main libre pour lever son menton et incliner sa tête vers l’arrière.

Il est aussi possible qu’on vous demande d’utiliser un bras pour enlacer l’abdomen de votre enfant (en retenant ses deux bras) et une autre pour tenir son front, comme dans cette vidéo du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique (aussi en anglais).


Si toute la famille doit se faire dépister, on peut commencer par les adultes, pour montrer que ce n’est pas la fin du monde. Attention: cette stratégie ne s’applique pas à vous si vous êtes d’un naturel un peu drama queen. Si vous réagissez comme si on venait de vous arracher un bout de cervelle, il y a des chances que votre enfant soit moins convaincu par vos arguments.

Pour la fratrie, mieux vaut commencer par le plus jeune, croit Mme Morrissette, pour éviter que le plus jeune s’inquiète si son grand frère ou sa grande soeur verse quelques larmes.

Pendant le test, tout le monde peut participer en comptant à voix haute jusqu’à 10. Et c’est tout!

«Règle générale, je vous dirais 90% du temps, on fait le test et même pas 30 secondes plus tard les pleurs sont terminés», assure Nancy Morrissette.

On pourrait aussi prévoir une petite gâterie pour après le test, comme une crème glacée en famille. Mais au service à l’auto, évidemment, puisqu’on n’aura pas encore reçu les résultats!

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