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05/06/2020 09:31 EDT | Actualisé 05/06/2020 12:32 EDT

La baisse du chômage marque «un grand jour» pour George Floyd, selon Donald Trump

«J’espère que George nous regarde de là-haut en pensant que ce qui arrive au pays est grandiose. C’est un grand jour pour lui, c’est un grand jour pour tout le monde.»

La baisse surprise du chômage aux Etats-Unis vendredi? Selon Donald Trump, elle marque “un grand jour” pour George Floyd, un homme noir dont la mort, par asphyxie sous le genou d’un policier blanc, a déclenché un mouvement de colère historique dans le pays.

“Nous avons tous vu ce qui s’est passé la semaine dernière. Nous ne pouvons pas permettre que ça se répète”, a dit le président américain au sujet de ce décès.

“J’espère que George nous regarde de là-haut en pensant que ce qui arrive au pays est grandiose. C’est un grand jour pour lui, c’est un grand jour pour tout le monde”, a-t-il poursuivi, rapprochant de manière étonnante les bonnes nouvelles économiques et ce drame qui secoue les Etats-Unis.

 

“C’est un grand, grand jour en terme d’égalité”, a-t-il poursuivi, alors qu’il est accusé de n’avoir jusqu’ici apporté aucune réponse aux maux dénoncés par les manifestants ― racisme, violences policières, inégalités.

Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai, et les manifestations qui ont suivi, initialement marquées par des pillages et des émeutes dans de nombreuses villes américaines, Donald Trump a privilégié une réponse martiale. 

Il s’est présenté comme le président de “l’ordre public” et a menacé d’envoyer l’armée dans les rues pour mater les débordements. Il a encore assumé vendredi son appel à “dominer les rues”, critiquant les gouverneurs des Etats qui refusent de faire appel à la Garde nationale.

Cette posture lui a valu des critiques sans précédent de la part d’anciens chefs de l’armée, dont son ex-ministre de la Défense Jim Mattis. L’actuel chef du Pentagone, Mark Esper, a aussi pris ses distances en estimant que l’armée n’avait pas à être déployée.

Donald Trump a toujours estimé que la meilleure politique pour réduire les inégalités était de favoriser la croissance économique et de faire baisser le chômage des Afro-Américains. 

Depuis trois ans, il n’a cessé de mettre en avant sa baisse pour se présenter comme “le président ayant fait le plus pour la communauté noire depuis Abraham Lincoln”, qui abolit l’esclavage dans les années 1860.

“L’égalité devant la loi doit signifier que chaque Américain reçoit le même traitement dans chaque interaction avec les forces de l’ordre, quels que soient sa race, sa couleur, son sexe et sa foi. Ils doivent être traités de manière juste par les forces de l’ordre”, a encore déclaré vendredi le président Trump. “C’est vraiment ce que prévoit notre Constitution et ce qui fonde notre pays”.

Le chômage à 13,3%

Le taux de chômage des Etats-Unis a déjoué tous les pronostics en mai, diminuant à 13,3% et l’économie, pourtant mise à genoux par la pandémie de coronavirus, a créé 2,5 millions d’emplois, selon les données publiées vendredi par le département du Travail.

 

Le président Donald Trump s’est immédiatement auto-congratulé de cette baisse surprise, saluant sur Twitter un “rapport sur l’emploi vraiment génial. Grand président Trump (je plaisante mais c’est vrai)!”.

 Les analystes attendaient un chômage proche de 20%, en nette hausse après avoir déjà grimpé en avril, à 14,7%.
 
Mais les premières réouvertures de commerces et restaurants dans certains Etats au mois de mai, ont permis à la première économie mondiale de se redresser.

Car la situation de l’emploi s’est améliorée dans les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie, dans la construction, l’éducation et les services de santé, ainsi que dans le commerce de détail. En revanche, elle s’est détériorée dans l’administration.

La Bourse de New York a réagi, et bondissait dans les échanges électroniques avant l’ouverture. Le contrat à terme sur le Dow Jones Industrial Average, qui donne une indication sur sa direction à l’ouverture de la séance officielle, s’envolait de 1,9% peu après la publication du rapport mensuel.

 

À VOIR - George Floyd: le mouvement se poursuit dans un calme relatif