POLITIQUE
26/11/2019 19:55 EST | Actualisé 26/11/2019 20:20 EST

Tarifs d'Hydro: les Québécois approuvent, dit Legault

«À part quelques lobbies, en fait, pas mal tout le monde est d’accord avec ça», a-t-il déclaré en Chambre.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
François Legault (photo d'archives)

QUÉBEC — Contrairement à ce que prétend l’opposition, les Québécois «sont d’accord» avec le projet de loi 34 fixant les tarifs d’électricité, a martelé mardi le premier ministre François Legault.

«À part quelques lobbies, en fait, pas mal tout le monde est d’accord avec ça», a-t-il déclaré en Chambre. 

Le projet de loi 34 a été déposé le 12 juin dernier. Il permet en somme au gouvernement de prendre le contrôle des tarifs d’électricité et de les arrimer à l’inflation. Au moment des consultations publiques, seul Hydro-Québec y était favorable.

Depuis, les trois partis d’opposition, des milliers de PME, les associations de consommateurs résidentiels et industriels, ainsi que plusieurs experts, chroniqueurs et ex-ministres se sont ligués pour le dénoncer. 

Selon eux, le projet de loi est trompeur, car il ne permettra pas aux clients d’économiser 1,5 milliard $ — soit 215 $ en moyenne par famille — comme promis.

«La réalité, c’est que le projet de loi 34 va coûter plus cher aux Québécois», a dénoncé mardi le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé. Il demande au gouvernement de retirer le projet de loi. 

«Laissez faire le projet de loi, envoyez (1,5 milliard $) aux citoyens avant Noël, ils vont savoir quoi faire avec. Pas mal plus que le gouvernement du Québec.»

Bâillon?

Balayant la demande du PQ, le premier ministre Legault s’en est pris aux partis d’opposition — et plus spécifiquement aux libéraux — qui ont passé jusqu’à présent 98 heures à étudier les deux premiers articles du projet de loi 34.

«M. le Président, ils ont même fait un amendement, puis ils ont tenu à parler pendant une heure, même si on était d’accord avec l’amendement. M. le Président, tout le monde a compris que les libéraux ne sont pas sérieux», a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement a montré, mardi, des signes d’impatience: «On propose de geler les tarifs d’électricité à partir du 1er janvier 2020, donc il faut bien que ce projet de loi là soit adopté avant le 1er janvier 2020.»

Si le projet de loi 34 était adopté la semaine prochaine sous bâillon, ce serait la troisième fois en six mois que le gouvernement Legault impose ainsi sa volonté.

En juin dernier, il avait fait adopter sous bâillon la loi 21 sur la laïcité de l’État et la loi 9 sur la réforme de l’immigration.

Avec son projet de loi 34, le gouvernement Legault veut remettre 500 millions $ aux clients d’Hydro dès 2020, de l’argent qui, selon la loi, doit leur être remis de toute façon. Cette remise est considérée dans l’établissement des tarifs par la Régie de l’énergie.

De plus, le gouvernement gèlerait les tarifs et, à partir de 2021, les fixerait en fonction de l’inflation. Or, au cours des quatre dernières années, les hausses de tarifs d’électricité se sont situées en deçà de l’inflation.

Il abolirait le système annuel d’évaluation des tarifs d’électricité par la Régie de l’énergie. Après 2025, en vertu du projet de loi, Hydro-Québec devra demander à la Régie de fixer de nouveaux tarifs tous les cinq ans.

Un récent sondage Angus Reid suggère que 80 pour cent des Québécois souhaitent maintenir l’examen des tarifs d’Hydro-Québec par la Régie sur une base annuelle.

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