POLITIQUE
24/09/2019 08:44 EDT | Actualisé 25/09/2019 08:16 EDT

Un sympathisant du président syrien Bashar al-Assad a été nommé consul de la Syrie à Montréal

Waseem Ramli est une figure bien connue qui suscite la peur et la crainte dans la communauté syrienne de Montréal.

Marko Djurica / Reuters
Une photo du président Bashar al-Assad.

L’indignation face à la nomination, approuvée par Ottawa, d’un sympathisant du président syrien Bachar el-Assad à titre de consul honoraire de Syrie à Montréal a eu des échos dans la campagne électorale fédérale, mardi, au moment où l’appareil gouvernemental cherche désespérément à comprendre comment cela a pu se produire.

Depuis que le Canada a rompu ses relations diplomatiques avec Damas, en 2012, le gouvernement syrien a établi des consulats honoraires à Montréal et à Vancouver afin d’aider les Syriens à régler leurs problèmes de passeport et autres démarches administratives.

Des inquiétudes ont toutefois surgi au sujet de Waseem Ramli, qui est sur le point de devenir la prochaine personne à occuper ce poste à Montréal. Sa nomination par le gouvernement syrien a été discrètement approuvée par Affaires mondiales Canada au cours de l’été.

Une approbation accordée malgré le fait que M. Ramli ait défendu à plusieurs reprises le régime El-Assad dans les médias sociaux et qu’il ait dénoncé les sanctions imposées à Damas par les pays occidentaux à la suite de la répression sanglante lancée contre les militants prodémocratie en 2011.

Cette répression a éventuellement déclenché une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts et contraint des millions d’autres à fuir le pays depuis huit ans. Des milliers de Syriens ont notamment trouvé refuge au Canada.

Les Casques blancs syriens, une organisation civile syrienne, sont allés jusqu’à qualifier Waseem Ramli de terroriste, selon le magazine “Maclean’s”, qui a été le premier média à rendre publique la nomination du nouveau consul honoraire.

Dans le cadre d’une activité de campagne électorale, mardi, le premier ministre sortant Justin Trudeau a déclaré que le gouvernement avait été “saisi” par cet enjeu.

Il a dit en avoir parlé de vive voix avec la ministre sortante des Affaires étrangères Chrystia Freeland en matinée.

″(Elle) m’a assuré qu’elle examinait très attentivement la façon dont cela s’était passé et qu’elle veillait à ce que nous puissions partager les prochaines étapes avec vous prochainement”, a-t-il dit.

Des commentaires “choquants”

De passage au Québec mardi, Chrystia Freeland a qualifié les commentaires attribués à M. Ramli de “choquants” et a réitéré que ni elle ni son équipe n’avaient été informées que des fonctionnaires avaient approuvé sa nomination.

“Je veux être bien claire sur ce point, cette situation est inacceptable de mon point de vue et n a l’intention de réagir très rapidement”, a-t-elle affirmé. Elle a cependant précisé que malgré l’importance d’agir vite, il ne fallait pas agir de manière précipitée et qu’il fallait prendre le temps d’entendre la version des fonctionnaires impliqués.

En campagne électorale en Ontario, le chef conservateur Andrew Scheer a dit trouver “scandaleux” qu’Ottawa ait approuvé la nomination du nouveau consul honoraire et a demandé à la ministre sortante de “ne pas se limiter à un examen”.

“Cet individu n’aurait jamais dû être nommé, a dénoncé M. Scheer. Encore une fois, on voit des gens avec des opinions extrémistes, qui ont fait des commentaires antisémites et qui sympathisent avec les terroristes, se sentir les bienvenus au sein du Parti libéral du Canada.”

Dans plusieurs entrevues accordées aux médias, M. Ramli a insisté sur le fait que même s’il soutenait Bachar el-Assad, ses commentaires dans les médias sociaux relèvent de ses droits en tant que citoyen canadien et que ses convictions politiques ne l’empêcheraient pas de jouer son rôle de fournir des services aux Syriens.

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