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04/12/2019 18:20 EST | Actualisé 05/12/2019 07:35 EST

Capital régional et coopératif Desjardins: Sylvie Lalande cède sa place

Elle a annoncé avoir remis sa démission à titre de présidente du conseil d’administration de CRCD.

Graham Hughes/La Presse canadienne
Photo d'archives de Sylvie Lalande.

Sylvie Lalande, un poids lourd du conseil d’administration de Québecor, a annoncé mercredi qu’elle démissionne de la présidence du conseil d’une instance de Desjardins et qu’elle entamera des poursuites contre le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, dans la foulée de la saga de la relance des journaux de Groupe Capitales Médias (GCM).

Mme Lalande avait été visée par les propos du ministre, la semaine dernière, alors qu’il critiquait le retrait de Desjardins dans le montage financier de GCM.

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Lalande a affirmé avoir pris sa décision de quitter la présidence du conseil d’administration de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) en raison de ce qu’elle estime être des “menaces à peine voilées” du premier ministre François Legault de retirer des avantages à Desjardins.

“C’est très difficile de mordre la main qui vous nourrit”, a-t-elle ajouté en précisant que l’institution financière ne l’a pas forcée à choisir entre rester ou entamer une poursuite judiciaire.

Poursuite judiciaire

Mme Lalande soutient aussi qu’elle intentera des procédures judiciaires - qu’elle financera elle-même - afin de rétablir sa réputation et de réparer les dommages qu’elle estime avoir subis. Le ministre avait refusé de se rétracter à la suite de l’envoi d’une mise en demeure de l’administratrice.

Les affirmations du ministre constituent “des insinuations fausses et trompeuses” quant à sa participation au processus décisionnel dans le dossier de GCM , a-t-elle martelé.

Elle insiste n’avoir “jamais été en apparence de conflits d’intérêts”, le dossier n’a jamais franchi la ligne de départ, ni présenté ni à un comité d’investissement, ni au conseil d’administration.

Sylvie Lalande, qui accepterait “deux mots pour tourner la page: “je m’excuse”″, se dit agacée par les messages publiés sur Twitter par le ministre en début de soirée.

M. Fitzgibbon se désole “que l’impact de mes questions légitimes sur l’apparence de conflit d’intérêts de Mme Lalande ait pu lui porter offense” et ajoute que ce n’était pas son intention.

“Il dit qu’il était légitime d’insinuer et de semer le doute dans la tête de tous les Québécois à l’effet que j’étais intervenue dans ce dossier-là en invitant les journalistes à aller voir qui siégeait au conseil d’administration de CRCD. Ça, ce n’est pas légitime!”

Le ministre “précise” également sur le réseau social que “ni le premier ministre ni moi n’avons suggéré de retirer les crédits d’impôt aux fonds fiscalisés”. Or, Mme Lalande constate que c’est précisément le contraire que le premier ministre a déclaré aux journalistes.

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