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18/07/2019 07:52 EDT

La surveillance de la baignade ne doit pas prendre de vacances

«La noyade chez un enfant, c'est un phénomène qui est silencieux. C'est 15 à 20 secondes», rappelle le directeur général de la Société de sauvetage du Québec.

LSOphoto via Getty Images

MONTRÉAL — Alors que les vacances de la construction approchent et que plusieurs se préparent à passer du temps à la piscine, au lac ou à la mer, un sondage révèle que seulement le tiers des Québécois affirment surveiller les enfants de moins de 12 ans en tout temps lorsqu’ils se trouvent près d’un plan d’eau.

Le sondage, réalisé par Allstate du Canada, indique que plus de la moitié des Québécois - 55 pour cent - passeront leurs vacances près de l’eau. Mais seuls 32 pour cent des répondants ont dit surveiller en tout temps les enfants de moins de 12 ans. Une statistique qui a interpellé le directeur général de la Société de sauvetage du Québec, Raynald Hawkins.

«J’ai été surpris de ce résultat-là», a-t-il admis en entrevue.

Pour M. Hawkins, relâcher la surveillance des enfants près de l’eau équivaut à laisser un jeune enfant traverser une rue passante sans supervision.

«La noyade chez un enfant, c’est un phénomène qui est silencieux, rappelle-t-il. C’est 15 à 20 secondes. On ne se débat pas, on ne crie pas, on ne pleure pas. C’est le temps où j’ai peut-être fait une autre tâche que de surveiller, c’est le temps où je suis peut-être allé répondre au téléphone, ou c’est le temps où j’ai peut-être joué avec mon téléphone…»

 

Les données 2018 de la Société de sauvetage indiquent que 41 pour cent des noyades ont eu lieu dans des rivières, 28 pour cent dans des lacs ou des étangs et 13 pour cent dans des piscines. Mais peu importe l’endroit, ce nombre diminue à 1 pour cent dans les milieux avec surveillance.

D’où le message martelé par l’organisation: surveillez, surveillez, surveillez!

«Un sauveteur désigné»

Le sondage d’Allstate révèle que le quart des adultes interrogés ont affirmé se relayer afin qu’une personne soit responsable de la surveillance des enfants en tout temps, une mesure qu’encourage Raynald Hawkins.

«Lorsqu’on organise un souper ou une fête, on a ce qu’on appelle le conducteur désigné pour le retour à la maison. Eh bien lorsque vous organisez une telle activité face à la baignade, assurez-vous d’avoir ce que j’appelle un sauveteur désigné», suggère-t-il.

Il encourage évidemment tout le monde - enfants comme adultes - à apprendre à nager, soulignant que plusieurs personnes surestiment leurs capacités en la matière.

Les parents ne doivent pas, non plus, tenir pour acquis que leur enfant est à l’abri de tout accident aquatique parce qu’il a déjà suivi des cours de natation.

«Même en vacances, il y a lieu de suivre (les) conseils de sécurité, comme ça, on aura des anecdotes ou des histoires à raconter au retour plutôt que des drames», conclut-il.

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