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29/10/2020 11:05 EDT

La vérificatrice générale blâme sévèrement la STQ pour le cafouillage entourant l'achat du F.-A.-Gauthier

La STQ, écrit Guylaine Leclerc, n’avait tout simplement pas la compétence requise pour effectuer ce genre de transactions.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
La STQ a failli à la tâche à toutes les étapes du processus d’acquisition du traversier F.-A.-Gauthier, conclut la VG. (photo d'archives)

QUÉBEC — La vérificatrice générale blâme la Société des traversiers du Québec (STQ) pour le cafouillage majeur entourant l’acquisition du traversier NM F.-A.-Gauthier, une saga faite d’une série de mauvaises décisions ayant coûté aux contribuables des centaines de millions de dollars.

Acquis en Italie auprès de la firme Fincantieri, le navire comme tel a coûté 170 millions $, somme à laquelle il faut ajouter 22 millions $ supplémentaires pour sa mise hors service et 43 millions $ pour adapter les infrastructures portuaires, sans compter des coûts de réparation, pour un total de 235,7 millions $.

La STQ, écrit Guylaine Leclerc dans un rapport particulier déposé jeudi à l’Assemblée nationale, n’avait tout simplement pas la compétence requise pour effectuer ce genre de transactions et gérer un projet d’une telle ampleur. Le chargé de projet n’avait même pas les qualifications exigées dans l’appel d’offres.

Du coup, cette saga a privé durant un certain temps les citoyens d’un lien de transport essentiel entre les deux rives du fleuve, entre Matane, Baie-Comeau et Godbout.

Le navire a été mis en service en 2015 et retiré du fleuve en 2018, pendant plus d’un an, en raison d’un bris des propulseurs.

La STQ a failli à la tâche à toutes les étapes du processus d’acquisition de ce navire, de sélection du constructeur et de gestion du projet, au mépris des pratiques de l’industrie navale, conclut la vérificatrice.

Notamment, la STQ, qui relève du ministère des Transports, aurait dû s’assurer d’une «présence plus soutenue» de ses gestionnaires en Italie, où le navire a été construit, pour mieux encadrer et surveiller les étapes de réalisation.

Dès la livraison du navire au Québec, en 2015, des vices de construction n’ont pas tardé à apparaître, dont des moisissures dans la salle des machines et un système de prise d’eau de mer inefficace.

En parallèle, la STQ a dû mettre fin au contrat du responsable des structures pour insubordination grave, comportement inapproprié sur le chantier et menaces à l’endroit du chef de projet.

Confrontée aux problèmes du F.-A.-Gauthier, la STQ avait acquis un autre navire, Apollo, un vieux rafiot payé 2 millions $, sans jamais l’avoir examiné. Il devait prendre la relève du F.-A.-Gauthier, mais il a à deux reprises frappé le quai de Godbout, avant d’être retiré de l’eau après seulement un mois de service.

En septembre 2019, le ministre des Transports, François Bonnardel,  avait demandé au Vérificateur général d’examiner la gestion du dossier d’acquisition du F.-A.-Gauthier, à la suite d’un reportage de l’émission «Enquête» de Radio-Canada sur le sujet.