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29/09/2020 15:40 EDT | Actualisé 29/09/2020 20:10 EDT

Élan de solidarité pour la famille de Joyce Echaquan

La mère de sept enfants a été victime de racisme à l'hôpital de Joliette dans les heures qui ont précédé sa mort.

Paul Chiasson/La Presse canadienne
Le conjoint de Joyce Echaquan, Carol Dubé, et sa mère Diane Echaquan Dubé (à droite) ont participé à une vigile en l'honneur de la mère de famille décédée, en face de l'hôpital de Joliette, mardi soir.

Les communautés autochtones du Québec se sont ralliées autour de la famille de Joyce Echaquan, la mère de famille de 37 ans qui a été victime de racisme à l’hôpital de Joliette peu avant de mourir dans des circonstances nébuleuses.

Cet élan de solidarité est notamment l’effort de Chantal Chartrand, une connaissance de la famille Echaquan qui a organisé une vigile devant l’hôpital de Joliette, mardi soir, en plus de démarrer une campagne de sociofinancement pour venir en aide aux proches de la défunte.

En entrevue avec le HuffPost Québec, Mme Chartrand, a expliqué ne pas avoir connu personnellement Joyce Echaquan.

«C’est seulement mon coeur autochtone et de maman qui m’a interpellé», explique celle qui appartient à la communauté innue de Mani-utenam.

C’est lorsqu’une cousine de Joyce lui a confié que la famille avait dû demander l’aide financière de la communauté pour aller voir la défunte à Joliette à partir de Manawan qu’elle a décidé de démarrer la campagne sur la plateforme GoFundMe.

Paul Chiasson/La Presse canadienne
Plusieurs dizaines de personnes sont venues rendre hommage à Joyce Echaquan lors de la vigile organisées devant l'hôpital de Joliette.

 

La voix éraillée par l’émotion, Mme Chartrand raconte n’avoir pas beaucoup dormi dans la nuit de lundi à mardi, alors qu’elle était occupée à organiser la vigile en l’honneur de Joyce.

«Moi aussi j’ai vécu du racisme dans les hôpitaux. C’est quelque chose qui venait me chercher, qui me touche, parce que je sais que ça existe», a-t-elle confié au HuffPost.

Racisme systémique

L’annonce du renvoi d’une des employées qu’on entend insulter Mme Echaquan dans la vidéo qu’elle a diffusée sur Facebook avant sa mort est loin de satisfaire la communauté atikamekw de Manawan, selon Mme Chartrand. Elle affirme être témoin de «beaucoup de colère et de déception sur les réseaux sociaux présentement».

Selon elle, il ne suffit pas de punir la personne qui a tenu des propos ouvertement racistes.

Capture d'écran/Facebook
Joyce Echaquan a diffusé une vidéo en direct sur Facebook à partir de sa civière avant son décès. On y entend des membres du personnel hospitalier tenir des propos racistes et dégradants à l'endroit de la patiente.

«Elles étaient au moins deux dans la salle et on entend un homme à un moment donné, affirme-t-elle. Il y a quelqu’un qui aurait dû dire que ça suffit. Toutes les personnes présentes sont coupables.»

L’indignation s’est transportée jusqu’à Montréal, où une manifestation réclamant «Justice pour Joyce» est organisée ce samedi au parc Émilie-Gamelin par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM).

Dans un communiqué de presse annonçant l’événement, les organisateurs n’ont pas hésité à comparer Joyce Echaquan à des personnes comme George Floyd ou Breonna Taylor, tous deux décédés aux mains de la police aux États-Unis ces derniers mois. «Au lieu de la police, c’est du personnel hospitalier raciste qui perpétue la violence contre les nôtres», a jugé Janis Qavavauq-Bibeau, coordonatrice de la recherche au FFAM.

«La violence et le racisme dont Joyce Echaquan a souffert sont partout, mais souvent invisibles. Cependant, elle a pu courageusement enregistrer ses appels à l’aide à sa famille et dénoncer le racisme et la négligence que les peuples autochtones endurent quotidiennement, dans son cas avec des conséquences tragiques», a affirmé Nakuset, directrice générale du FFAM.

Moins de 24h après sa création, la campagne GoFundMe pour Joyce Echaquan avait récolté quelque 7000$. 

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