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11/06/2019 14:04 EDT

Les internautes craignent les géants du web, selon une enquête mondiale

Au Canada, 89% des répondants ont admis se méfier des réseaux sociaux.

dusanpetkovic via Getty Images

Une nouvelle enquête mondiale laisse croire que la méfiance à l’égard de l’internet est alimentée par le scepticisme croissant envers des services de médias sociaux tels que Facebook et Twitter.

Une personne sur quatre ayant participé à l’enquête a dit ne pas faire confiance à internet, cette opinion étant de plus en plus fondée sur la méfiance envers les médias sociaux, les gouvernements et les moteurs de recherche.

L’enquête d’opinion a porté sur plus de 25 000 utilisateurs d’internet de 25 pays d’Amérique du Nord, d’Amérique latine, d’Europe, du Moyen-Orient et de la région Asie-Pacifique.

Elle a été menée par le sondeur Ipsos pour le compte du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale (CIGI) à Waterloo, en Ontario, en partenariat avec l’association de droit américaine Internet Society et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

Ils font toujours confiance à internet, majoritairement, mais je pense qu’il y a des nuages d’orage à l’horizon.Eric Jardine, professeur adjoint de sciences politiques à Virginia Tech

Le rapport d’enquête indique que la méfiance croissante à l’égard de l’internet a incité les internautes à divulguer moins d’informations dans le cyberespace, à utiliser internet de manière plus sélective et à acheter moins de choses en ligne.

Ces résultats cadrent dans une inquiétude généralisée concernant les fausses informations en ligne et l’utilisation des médias sociaux pour influencer les processus démocratiques, y compris les élections.

Trois répondants sur quatre étaient au moins quelque peu préoccupés par leur vie privée en ligne. Dans l’ensemble, plus de la moitié des personnes interrogées étaient plus préoccupées par la protection de leur vie privée qu’il y a un an.

«Ils font toujours confiance à internet, majoritairement, mais je pense qu’il y a des nuages d’orage à l’horizon», a fait valoir Eric Jardine, professeur adjoint de sciences politiques à Virginia Tech et membre du CIGI.

Un sentiment partagé

Le sondage a été mené du 21 décembre 2018 au 10 février de cette année. La marge d’erreur varie de plus ou moins 3,1 à 3,5 pour cent, 19 fois sur 20, selon que l’enquête a été réalisée en ligne ou en personne.

Parmi les personnes qui ne font pas confiance à internet, 81 pour cent ont cité les cybercriminels comme raison. Soixante-quinze pour cent ont mentionné les plateformes de médias sociaux, 66 pour cent, les gouvernements étrangers et le gouvernement en général, et 65 pour cent ont attribué leur méfiance aux moteurs de recherche, tels que Google.

Au Canada, les médias sociaux étaient la principale source de méfiance vis-à-vis de l’internet, cités par 89 pour cent des internautes.

Près de neuf personnes interrogées sur dix ont déclaré avoir été trompées au moins une fois par de fausses nouvelles. Facebook était la source d’informations fausses la plus souvent mentionnée, suivie par Twitter.

Le gouvernements, à son tour, méfiant

Le gouvernement du Canada a maintes fois fait part de ses préoccupations concernant le comportement des services de médias sociaux, en particulier leur rôle dans l’hébergement de contenus dangereux liés à l’extrémisme violent et à l’exploitation des enfants.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a discuté du problème lundi à Washington avec le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Kevin McAleenan.

«Les Américains et nous-mêmes sommes pleinement d’accord sur le fait que nous devons développer les technologies nécessaires pour éliminer le matériel offensant et, dans la mesure du possible, l’empêcher d’être diffusé en premier lieu», a dit M. Goodale en entrevue après la réunion.

Les entreprises de médias sociaux utilisent des algorithmes sophistiqués pour manipuler et utiliser les informations personnelles de personnes sur leurs plateformes, a-t-il noté.

«Ces algorithmes doivent être plus transparents qu’aujourd’hui», a déclaré M. Goodale. «Ce sont les modèles commerciaux par lesquels les entreprises réalisent leurs bénéfices, mais ce sont également les outils qui permettent d’attirer les gens par des voies très sombres et dangereuses».

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