POLITIQUE
21/05/2020 07:30 EDT | Actualisé 21/05/2020 07:31 EDT

Trudeau estime «intéressante» l'idée de Trump d'un G7 en personne

Le président Trump a fait valoir qu'une réunion en personne du G7 enverrait un signal que le monde se remet progressivement de la crise de la COVID-19.

NICHOLAS KAMM via Getty Images
Donald Trump et Justin Trudeau lors du sommet du G7 en France, en août 2019.

WASHINGTON — Donald Trump a déclaré qu’il envisageait de ressusciter les plans d’inviter les dirigeants du G7 en personne, y compris le premier ministre Justin Trudeau, à un sommet à Camp David le mois prochain.

Le président américain a évoqué sur Twitter la tenue de la réunion aux dates prévues du 10 au 12 juin ou dans les environs, au lieu de villégiature officiel du président dans le Maryland, à environ une heure de route au nord de la capitale américaine.

Le président Trump a fait valoir que les États-Unis assouplissant les restrictions physiques et rouvrant les entreprises, une réunion en personne du G7 enverrait un signal que le monde se remet progressivement de la crise de la COVID-19.

«Maintenant que notre pays est en train de “retrouver sa grandeur”, j’envisage de reprogrammer le G7, à la même date ou à une date similaire, à Washington, au légendaire Camp David», a écrit Donald Trump.

«Les autres membres commencent également leur RETOUR. Ce serait un grand signe pour tous —normalisation!»

Les États-Unis devant accueillir le G7 cette année, le plan initial de l’administration de tenir le rassemblement au club de golf Doral appartenant à Donald Trump à Miami a été abandonné l’automne dernier après que des détracteurs eurent accusé le président de chercher à obtenir des gains personnels.

Mais le plan ultérieur de déplacer la réunion à Camp David a été initialement contrecarré par le début de la pandémie de COVID-19.

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé qu’il était très important qu’une nouvelle réunion se tienne «d’une façon ou une autre», même s’il n’est pas convaincu de la possibilité de se rencontrer en personne. Le groupe s’est réuni pour une conférence en ligne le mois dernier, a-t-il noté avant de suggérer que la science et la prudence devraient déterminer la meilleure ligne de conduite à l’avenir.

«D’abord, il faut souligner l’importance du G7, l’importance des rencontres des pays pour pouvoir contrer la crise, pour pouvoir parler de la restauration de l’économie globale», a déclaré M. Trudeau.

«Par rapport à une proposition de le faire en personne, on va regarder ce que les Américains sont en train de proposer, on va regarder quelles seront les conditions de santé qu’on devrait suivre, mais c’est une idée qui est intéressante, mais il faudra avoir plus de détails avant de prendre une décision», a-t-il ajouté.

De tels propos pour le G7 en personne peuvent être assimilés à un «non» catégorique, estime Colin Robertson, un ancien diplomate canadien qui enseigne les affaires étrangères à l’Université Carleton et qui est vice-président de l’Institut canadien des affaires mondiales.

«(Justin Trudeau) ne sera pas celui qui va la noyer, parce que vous voulez garder la relation sous une forme raisonnable, mais quand les choses avanceront, je ne vois tout simplement aucun des autres dirigeants y consentir», a soutenu M. Robertson.

«Je pense que cela a tout à voir avec la politique intérieure, et rien à voir avec le système international, sauf pour renforcer les ambitions électorales de Trump en novembre», a-t-il poursuivi. 

Des experts en sécurité doutent de la possibilité d’une réunion en personne en juin.

«Je ne vois pas ça, et je ne pense pas que beaucoup d’autres dirigeants viendraient», a aussi déclaré Brett Bruen, ancien diplomate et conseiller de la Maison-Blanche sous l’ancien président Barack Obama.

À VOIR: Trump évoque un G7 en personne