POLITIQUE
12/10/2019 18:28 EDT

Singh invite les électeurs à ne pas craindre un gouvernement minoritaire

«On peut choisir l'espoir. Il ne faut pas choisir la peur» - Jagmeet Singh

Stephane Mahe / Reuters

Le vote par anticipation est en cours, et certains partis s’activent déjà à inciter leurs partisans à aller voter.

C’est le cas du NPD qui avait sorti les grands moyens, samedi. Son chef Jagmeet Singh a participé à un rassemblement festif «Pour faire sortir le vote» à Brampton, en Ontario. Il en a profité pour inciter les électeurs à ne pas prendre une décision motivée par la peur.

M. Singh a notamment souligné les avancées réalisées par des gouvernements minoritaires appuyés par le NPD par le passé. Il a laissé entendre que son parti pourrait faire valoir certaines de ses positions aux Communes sans nécessairement former le gouvernement, citant en exemple ses engagements à créer un régime national d’assurance-médicaments et abolir les subventions à l’industrie pétrolière.

«Mes amis, dans cette élection, on a un choix. On a choix pour défendre l’environnement, on a un choix pour investir dans l’énergie propre. On a un choix de défendre l’avenir pour les gens, On peut investir dans les soins de santé. On peut choisir l’espoir. Il ne faut pas choisir la peur», a-t-il martelé en français.

Le chef conservateur Andrew Scheer n’a pas voulu préciser s’il serait prêt à joindre ses forces avec d’autres partis, advenant l’élection d’un gouvernement minoritaire.

«Nous sommes très confiants. Nous avons proposé un plan pour rendre la vie plus abordable, pour baisser les impôts. Et je suis confiant que les Canadiens vont nous donner un mandat», s’est-il contenté de répéter.

Coupes dans les subventions

Au lendemain de la présentation du programme électoral chiffré de son parti, M. Scheer s’est engagé à dégager 1,5 milliard $ en amputant les subventions aux entreprises.

Pour ce faire, M. Scheer compte rapidement mettre sur pied une commission coprésidée par Kevin Falcon, auparavant ministre des Finances de la Colombie-Britannique, et Yves Desjardins-Siciliano, l’ex-président et chef de la direction de Via Rail, dont le mandat n’a pas été renouvelé au printemps dernier par le gouvernement libéral de Justin Trudeau.  

La promesse de sabrer les subventions aux entreprises s’inscrit dans cette lignée de compressions pour mettre fin à ce que M. Scheer désigne comme les «dépenses frivoles» du premier ministre sortant, Justin Trudeau.

«Un nouveau gouvernement conservateur va donner cet argent à ceux qui en ont vraiment besoin: vous et votre famille», a-t-il déclaré en français, lors d’une conférence de presse à Burnaby, en Colombie-Britannique, dans la circonscription du chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

La commission aura aussi le mandat de recommander des mesures de la performance des programmes de subventions aux entreprises et de revoir les programmes d’innovation pour assurer qu’ils soutiennent les entreprises canadiennes qui offrent des avantages, des profits et des brevets qui restent au Canada.

Anciens combattants

De son côté, la cheffe du Parti vert Elizabeth May a courtisé les anciens combattants.

De passage à Charlottetown, sur l’Île-du-Prince-Édouard, Mme May a promis un «réexamen national» des questions touchant les anciens combattants.

«C’est très important de s’occuper adéquatement de ceux qui sont montés au front pour nous, a-t-elle déclaré. Nous devons aussi réassurer les jeunes qui souhaitent faire carrière dans les Forces armées que leur avenir sera protégé.»

Le Parti vert s’est engagé à «rétablir les paiements périodiques aux niveaux d’avant 2006». Mme May s’est aussi engagée à abroger «l’article de la Loi sur les pensions de retraite qui prive de pension les conjoints survivants de certains travailleurs, y compris ceux de la GRC, et les anciens combattants qui se sont mariés après 60 ans.»

Le chef libéral Justin Trudeau est en Ontario pendant que Maxime Bernier du Parti populaire mène campagne dans sa circonscription de Beauce. De son côté, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a pris une pause.