POLITIQUE
02/06/2020 12:56 EDT | Actualisé 02/06/2020 16:37 EDT

Manifestations antiracistes: Trudeau refuse de critiquer Trump, mais laisse le silence parler pour lui

La très longue pause prise par le premier ministre avant de répondre à une question sur Trump a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux.

Certains silences sont lourds de sens. Et c’est par un très long silence que Justin Trudeau a accueilli mardi matin une question sur Donald Trump qui menace d’envoyer l’armée pour mater les manifestations antiracistes dans les villes américaines.

L’effet était probablement calculé puisque lorsqu’il a traduit sa réponse en français, le premier ministre Trudeau l’a préfacée par un soupir d’exaspération.

 

Lorsqu’il a parlé, M. Trudeau a dit que tous regardaient avec “horreur et consternation” ce qui se passait aux États-Unis.

“Ceci est un temps pour rassembler les gens, un temps pour écouter”, a-t-il enchaîné, laissant peut-être entendre que le président américain tenait plutôt un discours qui divise.

Puis, il s’est empressé de faire un mea culpa canadien. Il a répété qu’il y avait du racisme au Canada, “de la discrimination systémique”, a-t-il précisé.

Il faut “comprendre ça, (...) vraiment comprendre ça, (...) ne pas juste voir le contraste avec les États-Unis et dire on est beaucoup mieux ici. (...) Nous avons de grands défis au Canada aussi”, a-t-il ajouté.

Lorsque le journaliste qui avait évoqué Donald Trump a réclamé une critique plus directe du président américain, le premier ministre a simplement répondu que son travail consiste à défendre les Canadiens, leurs intérêts et leurs valeurs.

Quelques minutes plus tard, M. Trudeau se levait en Chambre pour faire un discours sur le racisme au Canada. Il est revenu sur l’épisode de “black face” de son passé.

On est prêt à travailler avec nos collègues de l’opposition, les leaders communautaires et les Canadiens pour faire de notre pays un endroit plus égal et plus juste. Le racisme n’a jamais sa place chez nous et nous allons tout faire pour l’éradiquer d’un océan à l’autre.Justin Trudeau, premier ministre du Canada

“Nous devons faire plus qu’appeler à la paix. Je crois que nous devons appeler à la justice”, lui a répondu le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

Le chef par intérim du Parti conservateur a, lui aussi, dénoncé le racisme. “Nous sommes tous créés à l’image de Dieu”, a déclaré Andrew Scheer.

Toutefois, seule l’élue du Parti vert Elizabeth May s’est permis un commentaire sur Donald Trump. “Le président des États-Unis est en train de fomenter de la haine et de la violence”, a-t-elle accusé.

Depuis le meurtre à Minneapolis de George Floyd par un policier, des manifestations et des émeutes secouent plusieurs villes aux États-Unis.