Sexe: comment mieux se connaître pour mieux aimer

«La façon la plus sûre de vivre en couple, c’est que l’un et l’autre acceptent d’être à la fois élèves et profs et suivre ce précepte: connais-toi toi-même.»

«Si on souhaite s’engager dans une relation significative dans une perspective à long terme, il nous faut nécessairement comprendre nos dysfonctions, sinon nos problèmes et notre difficulté à vivre en couple perdurent et nos échecs sont appelés à se répéter d’une relation à l’autre.»

Dans son dernier ouvrage Si on s’aimait aux Éditions de l’Homme, Louise Sigouin, sexologue membre de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, a développé une approche pour mieux se comprendre - et mieux comprendre l’autre - dans le but de parvenir à sortir des conflits et incompréhensions qui peuvent laisser croire à l’incompatibilité d’un couple.

Le HuffPost Québec s’est entretenu avec l’auteure.

«En relation, LA règle première est celle du respect de la différence chez l’autre. Il est impératif de tenter de comprendre l’autre tel qu’il est et de se rappeler que, si nous arrivons au même résultat, la façon d’y parvenir importe peu.»

Les 5 grandes dualités

L’approche de Louise s’inspire des cinq grandes dualités fondamentales qui sont au cœur de toutes nos relations selon elle. Ce serait le terreau fertile pour les conflits et les incompréhensions, qui peuvent avoir la peau d’une relation.

«On cherche naturellement à s’associer avec des personnes qui partagent les mêmes valeurs, les mêmes intérêts, les mêmes aspirations. Malgré ces points communs subsisteront toujours des différences qui marqueront la dynamique relationnelle sûrement autant que les ressemblances.»


En couple, nous sommes soit l’un ou l’autre :

  • dépendant ou codépendant
  • fusionnel ou solitaire
  • rationnel ou émotif
  • actif ou rêveur
  • vite ou lent


Pas si vite...

Notre spécialiste a ensuite dressé le portrait de ces cinq dualités et ce qui constitue le plus gros défi pour chacune d’elle. Extraits de Si on S’aimait.

Un profil personnel dressé à partir des cinq dualités fournit d’excellents repères pour se comprendre soi-même ou comprendre l’autre, mais ne peut jamais être considéré comme une vérité immuable!


Dépendant-codépendant

Le dépendant est d’abord et avant tout centré sur ses propres besoins et peu conscient de ceux de l’autre ou des autres. Le codépendant fonctionne exactement à l’inverse et se préoccupe davantage des besoins de l’autre que des siens.

Le défi: cette première dualité est la plus importante et aucun couple n’y échappe. Elle met face à face deux attitudes à l’égard de la vie.


Émotif-rationnel

Le rationnel a besoin de mots et d’explications satisfaisantes pour comprendre dans quoi il s’engage avant de s’abandonner à la relation ou à toute autre expérience qui lui est proposée. Pour sa part, l’émotif aborde le monde et la vie par le biais des émotions, positives ou négatives, qui surgissent en lui et déterminent ses états d’âme. L’émotif est un être de peu de mots qui peine à nommer ce qu’il ressent, mais qui voudrait quand même être compris.

Le défi: la communication. Ils devront trouver un mode d’échange qui leur convient à tous les deux, alors que, au départ, ils ne parlent pas le même langage. Il en va de tout le reste, car un couple qui communique mal est en péril.


Actif-rêveur

Dans le quotidien, l’actif a besoin d’accomplir ce qui doit être fait pour trouver un sens à sa vie. Le rêveur est rempli d’attentes inexprimées. Il a besoin pour être comblé de se plonger dans l’intimité relationnelle, d’entretenir la passion originelle dans son couple et de tendre à réaliser ses rêves de vie.

Le défi: l’intimité amoureuse et sexuelle du couple. Les partenaires doivent trouver l’équilibre entre, d’une part, les tâches perpétuelles et envahissantes qu’impose l’organisation de la vie et, d’autre part, le petit nuage blanc de l’amour, le tête-à-tête, les bisous et les caresses.


Vite-lent

Le vite, comme son nom l’indique, bouge vite, parle vite – parfois trop – et comprend vite – parfois mal, mais il est organisé. Faire le lavage, par exemple, ne comporte que quatre étapes faciles à respecter : laver, sécher, plier et ranger. C’est rapide, efficace et ça laisse du temps pour faire plein d’autres choses. Le lent, lui, prend le temps de réfléchir – parfois trop –, mais il se sent facilement bousculé par les aléas de la vie qui va trop vite pour lui.

Le défi: le rythme dans l’exécution des tâches, entre autres.


Fusionnel-solitaire

Le fusionnel parle au « nous », alors que le solitaire parle au « je ». Sur le plan amoureux, le fusionnel est difficilement rassasié tant son besoin de passer du temps de qualité avec l’autre est prenant. Il a tendance à négliger les autres sphères de son existence pour favoriser sa relation. Le solitaire a du mal à s’abandonner et qui entre difficilement en contact avec son monde intérieur, est fortement attiré par le fusionnel qui exprime librement ses émotions. Toutefois, il se sent vite envahi.

Le défi: trouver l’équilibre entre les besoins individuels et les besoins du couple.

Relever les défis

«Les cinq dualités sont ces caractéristiques qui mettent en relief nos différences. L’idée est donc: “j’apprends à m’identifier et on va faire la moitié du chemin ensemble”. La façon la plus sûre de vivre en couple, c’est que l’un et l’autre acceptent d’être à la fois élèves et profs et suivre ce précepte: connais-toi toi-même.»

La plus grande erreur que nous faisons est de penser qu’être en couple est facile.

«La passion est enivrante, après il faut s’investir. On entend souvent “j’aimerais que cela soit comme à nos débuts”, mais en avançant dans la relation, il faut intégrer les responsabilités et relever les défis, ensemble.»

«L’idée n’est pas de devenir autre chose que ce que l’on est, mais de tendre plutôt vers la meilleure version de soi-même.»

- Louise Sigouin, sexologue

S’engager et s’investir, mais certainement pas penser son couple en terme de réussite ou de performance.

«Pour que le couple dure, il faut l’engagement des partenaires. C’est là tout le défi de ceux qui s’aiment et qui souhaitent sincèrement que leur couple marche. S’engager veut dire être activement présent dans l’intimité du couple, accepter l’autre tel qu’il est et s’investir soi-même dans la relation. Il n’est aucunement question de performance qui est l’inverse du couple.»