POLITIQUE
24/07/2020 12:06 EDT | Actualisé 24/07/2020 15:06 EDT

Trudeau et Morneau doivent quitter leurs fonctions, disent Scheer et le Bloc

Le Bloc québécois a publié une déclaration soutenant que MM. Trudeau et Morneau ont «trahi la confiance» de la population et des partis d’opposition.

Sean Kilpatrick/La Presse canadienne
Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer. (photo d'archives)

Le chef conservateur Andrew Scheer et le Bloc québécois estiment que Justin Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, ne peuvent plus exercer leurs fonctions en raison de leur rôle dans la controverse impliquant l’organisme UNIS.

M. Scheer a déclaré vendredi que le premier ministre Justin Trudeau devait démissionner. Il avait précédemment appelé au limogeage du ministre des Finances, Bill Morneau, pour des voyages que lui et des membres de sa famille avaient effectués en 2017, dont une partie était payée par UNIS.

Le Bloc québécois a publié une déclaration, vendredi, soutenant que MM. Trudeau et Morneau ont “trahi la confiance” de la population et des partis d’opposition.

Le Bloc demande “la démission de MM. Justin Trudeau et Bill Morneau comme premier ministre et ministre des Finances”.

“Si MM. Trudeau et Morneau devaient ne pas obtempérer, le Bloc québécois consultera les Québécois dans la perspective du dépôt d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement, dès le retour en Chambre en septembre”, peut-on lire dans la déclaration.

Le Bloc demande au Directeur général des élections du Canada de faire des préparatifs pour des élections générales en temps de pandémie, et au président de la Chambre de prendre des dispositions en vue d’un vote de l’ensemble des 338 élus au parlement fédéral “dès la rentrée du 21 septembre, voire auparavant”.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est cité disant que “les Québécois peuvent ne pas vouloir une élection à court terme, mais nous comprenons qu’ils veulent encore moins un autre scandale partisan et libéral qui nuit gravement à la lutte à la COVID-19”.

Lorsque questionné à savoir s’il serait prêt à forcer des élections sur la question dans le Parlement minoritaire, M. Scheer a déclaré qu’une telle occasion ne se présenterait pas avant que la Chambre des communes ne reprenne ses activités en septembre. C’est pourquoi il dit que MM. Trudeau et Morneau devraient se retirer maintenant de leur propre chef.

Il affirme également qu’une décision sur l’éventualité de faire tomber le gouvernement libéral sur une motion de confiance devrait être prise par le prochain chef du Parti conservateur après l’annonce des résultats de la course à la direction à la fin août.

“Dans le passé, le simple fait d’être l’objet d’une enquête suffisait pour que les parlementaires se retirent, mettent leur pays avant leur propre ego, avant leur propre carrière politique, et permettent la poursuite du travail du gouvernement sans ce nuage de suspicion”, a fait valoir M. Scheer aux journalistes vendredi à Regina.

“Rien de tout cela ne s’est produit sous Justin Trudeau, c’est pourquoi cette conversation se tourne vers des sanctions plus strictes”, a-t-il déclaré.

EN VIDÉO: le point de presse d’Andrew Scheer


Dans ce qui semble être une tentative de creuser un fossé entre M. Trudeau et les membres de son propre caucus, M. Scheer a soutenu que les députés libéraux qui ne veulent pas être considérés comme complices de cette controverse devraient désormais exiger que leur chef démissionne.

“Si les libéraux refusent d’agir, s’ils restent les bras croisés et ne disent rien, alors ils approuvent implicitement ce comportement corrompu et ils seront tout aussi coupables que Justin Trudeau”, a soutenu le chef conservateur.

M. Scheer a rejeté l’idée selon laquelle un remplacement de MM. Trudeau et Morneau au milieu d’une pandémie créerait davantage d’incertitude dans le pays.

“Cela permettrait au gouvernement d’aller de l’avant, de surmonter ces scandales et de se concentrer sur l’amélioration de la vie des Canadiens”, a-t-il déclaré.

Mercredi, M. Morneau a affirmé à un comité des Communes qu’il venait de rembourser à UNIS plus de 41 000 $ pour les dépenses couvertes par le groupe pour les voyages que sa famille et lui-même ont effectués au Kenya et en Équateur en 2017 pour observer une partie du travail humanitaire. Il a dit qu’il avait toujours prévu de payer lui-même ces dépenses.

“Nous avons proposé un retrait temporaire du premier ministre sans présumer des résultats des audiences et enquêtes en cours. Depuis, les aveux du premier ministre et du ministre des Finances, et l’utilisation politique de listes de participants aux activités de WE Charity (UNIS) par le Parti libéral du Canada, ont rendu impossible de cautionner davantage ce gouvernement”, a déclaré M. Blanchet.

UNIS a déclaré que les voyages de la famille Morneau se voulaient une gracieuseté de l’organisme, faisant partie d’une pratique consistant à montrer aux donateurs le travail effectué pour les encourager à contribuer de nouveau.

MM. Morneau et Trudeau font tous deux face à une enquête du commissaire à l’éthique pour avoir omis de se récuser lors des discussions sur l’octroi à UNIS d’un contrat pour gérer le programme gouvernemental de 912 millions $ de bourses d’études pour le bénévolat étudiant.

MM. Trudeau et Morneau se sont excusés de ne pas avoir déclaré de conflits d’intérêts potentiels en raison de liens de membres de leurs familles avec l’organisation.

Avis: l’ancien propriétaire de HuffPost, AOL, a commandité et participé aux événements de charité WE et aux voyages de bénévolat de Free The Children.