Sarahmée : rappeuse et sensation mode québécoise

Il ne suffit que d’un boubou jaune pour piquer notre curiosité. Depuis, on ne rate plus un tapis rouge de Sarahmée.

Sur les tapis rouges, dans ses vidéoclips ou même au dépanneur du coin, la rappeuse Sarahmée a de la gueule et, surtout, reste fidèle à elle-même: audacieuse, juste assez désinvolte sans négliger ses origines sénégalaises. Entretien avec la sympathique icône mode québécoise en devenir.

Je sais que tu choisis toi-même tous tes looks. D’où te vient ton esthétisme mode?

«En fait, c’est moi en grande partie. (rires) J’ai collaboré avec des stylistes comme l’excellente Marianne Dubreuil pour mon clip Fuego, sinon j’y vais juste avec ce que j’ai envie.

Je pars souvent d’un pantalon ample décontracté. J’adore les cargo! C’est non seulement beau, mais en plus c’est très pratique pour la danse, les chorégraphies et tout. J’ai la bougeotte (rires), donc il me faut des pantalons légers. Pis, je fais matcher le reste pour que ça flirte entre sport et chic. Un haut ajusté, des accessoires simples.»

Quelle est ta pièce mode coup de coeur en ce moment? Un pantalon, j’imagine.

«Oui! (rires) C’est un pantalon MUY. Un créateur japonais. Je l’ai porté tout l’été dernier.»

Comme tu fais ton propre stylisme, tu magasines beaucoup? Achètes-tu en ligne? Fais-tu faire tes vêtements?

«Oui, je magasine énormément. Mais c’est circonstanciel. J’attends d’avoir des événements. J’achète mes morceaux plus classiques sur Internet, comme mes jeans noirs taille haute. Je collabore sinon parfois avec certains designers comme Marie Saint-Pierre. Et le reste, je le fais faire sur mesure à Dakar au Sénégal, par un tailleur qu’un ami d’enfance m’a chaudement recommandé.»

Quelle place occupe le Sénégal dans tes tenues?

«Je fais faire tous mes tailleurs, boubous traditionnels, pantalons amples, mais aussi kimonos, par le même tailleur depuis quelque temps. On choisit ensemble les tissus et couleurs à distance et quand j’y vais pour voir ma famille, on fait les essayages et je rapporte tout au Québec. J’ai créé avec lui mon outfit pour le clip Bun Dem. Des pantalons larges avec un haut plus court zippé à la Adidas.

Là-bas, au Sénégal, tout le monde va chez le tailleur pour les célébrations ou pour travailler. Tout le monde a son ensemble bien coupé. Et on aime la couleur.»

Et d’où t’es venue l’idée du boubou jaune pour l’ADISQ?

«Je voulais une allure très afro, faire un clin d’oeil à mes origines. Je voulais représenter l’Afrique comme je le fais un peu dans certains clips, mais avec une couleur pétante et un tissu en wax (coton ciré) qu’on voit un peu moins. Tout a été fait à la main.

Le boubou traditionnel est porté dans les grandes fêtes au Sénégal. Je me suis dit que lors de l’ADISQ [NDLR : et sa première nomination au gala dans la catégorie Révélation de l’année], ce serait la célébration idéale pour en porter un.»

Tu étais en vedette dans une récente campagne de Sephora, tu es d’ailleurs représentée par l’agence de mannequins FOLIO Montréal. Comptes-tu t’impliquer plus dans tes projets mode et beauté?

«J’avoue que je ne suis pas mal prise avec les spectacles, mais je suis toujours ouverte aux projets photo. Je regarde mes dispos et je glisse une séance entre deux trucs. La photo, la mode, pour moi, c’est aussi une forme d’art que j’adore, au même titre que la musique. J’ai une collabo avec ALDO qui sort bientôt. J’ai aussi posé pour Fizz [NDLR : nouveau joueur de la téléphonie mobile et de l’internet résidentiel au Québec]. Mais je suis fermée à rien. Même la télé et la radio.»

Ton projet avec Sephora, c’est venu comment d’ailleurs?

«Ils m’ont approchée en 2017. Mon album Irréversible n’était même pas sorti. Je faisais des DJ sets, assistais à des événements et postais pas mal sur Instagram. Quand ils m’ont écrit, je pensais que c’était un spam [du pourriel] (rires). Je CA-PO-TAIS. Je criais. Je pensais que c’était sinon une promo associée à ma carte fidélité. Ben non, ils me voulaient moi pour la campagne. J’ai dit oui, c’est sûr!»

Qui t’inspire en mode?

«Hailey Bieber. Elle porte beaucoup de vestons. J’adore les suits, le côté androgyne. La veste noire large avec rien en dessous. C’est sexy sans être vulgaire. C’est pour ça que je portais un suit au gala Dynastie [NDLR : qui honore les Québécois issus des communautés noires]. Sinon, j’aime tout ce qui est chic et sport, classique et urbain.

Et cette peau parfaite que tu as, j’imagine que tu en prends soin. Es-tu game de partager les secrets de ta routine beauté?

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