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21/01/2021 14:49 EST | Actualisé 21/01/2021 16:49 EST

Santé et sécurité du travail: une réforme aux effets sexistes, estime des syndicats

En vertu de l’éventuel nouveau classement, des secteurs seront désormais classés dans les catégories à risques d’accident de travail «faible» ou «modéré».

LSOphoto via Getty Images
La CSN voit une discrimination envers les femmes dans le projet de loi 59 puisque des milieux de travail à majorité féminins, dont l’éducation. (photo d'archives)

QUÉBEC — La réforme des normes de santé et de sécurité du travail menée par le gouvernement Legault aura des effets sexistes, concluent des syndicats.

Le projet de loi 59 pénalisera les femmes, estiment la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). C’est une grande “déception” dans le contexte de la pandémie actuelle où les syndiqués de la santé sont au front, a fait savoir la CSQ.

Si le projet de loi est adopté, plusieurs secteurs d’emploi à majorité féminins ne seront plus assujettis aux mécanismes de prévention actuels.

Vieille de 40 ans, la loi actuelle prévoit quatre grands mécanismes de prévention: un comité de santé-sécurité, un programme de santé spécifique à l’établissement, un programme de prévention et un représentant à la prévention.

Selon le projet de loi, les employeurs seraient divisés selon leur taille et entre niveaux de risque faible, modéré et élevé, avec des mécanismes de prévention ajustés à chacun.

″Ça défavorise nos secteurs, éducation, santé, enseignement supérieur, parce que nos groupes, majoritairement des femmes, se retrouveraient dans des niveaux de risque classés ‘faible’”, a déploré la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, jeudi matin en commission parlementaire.

En vertu de l’éventuel nouveau classement, 60 % des secteurs jugés prioritaires - qui ont droit aux quatre mécanismes de prévention actuels - seraient désormais classés dans les catégories à risques “faible” ou “modéré”, conclut la CSN.

C’est ainsi que des travailleurs dans des milieux hospitaliers seront jugés à risque faible d’accident de travail, alors qu’il y a pourtant un nombre important de lésions dans ces lieux. La CSQ s’attendait à mieux dans le contexte actuel.

“C’est sûr qu’il y a une déception par rapport à ce qui se vit depuis 10 mois, avec nos membres qui sont au front”, a ajouté Mme Éthier.

La CSN salue l’ajout du stress post-traumatique dans les maladies professionnelles reconnues pour indemnisation, mais regrette que l’épuisement professionnel n’en fasse toujours pas partie.

Le projet de loi 59 vise à réduire les coûts d’indemnisation. Selon les données de la CNESST, les lésions psychologiques ont augmenté de 67 % au cours des 10 dernières années. Ce sont les entreprises qui cotisent pour payer les coûts de la CNESST.

En commission parlementaire jeudi matin, l’organisme Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) a appelé à réduire la bureaucratie et à contrôler les coûts.

“Rien ne justifie qu’un manufacturier québécois paie plus cher pour un régime qu’un manufacturier ontarien”, a déclaré la présidente de MEQ, Véronique Proulx.

La CNESST a versé des prestations totalisant 2,22 milliards $ en 2018. Elle avait alors accepté 103 406 lésions professionnelles et enregistré 226 décès. Chaque jour, 251 travailleurs subissent un accident.

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