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L'élève qui avait accusé Samuel Paty d'islamophobie a reconnu avoir menti

L'adolescente, dont la famille avait porté plainte, a reconnu qu'elle n'était pas présente lors du cours de Samuel Paty où avait été montrée une caricature de Mahomet.
Une banderole hommage à Samuel Paty à Montpellier le 21 octobre 2020.
Une banderole hommage à Samuel Paty à Montpellier le 21 octobre 2020.

L’adolescente et élève au collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine qui avait accusé en octobre dernier Samuel Paty d’islamophobie a reconnu avoir menti. Peu après la parution de l’information par Le Parisien, l’avocat de l’élève de 13 ans, Me Mbeko Tabula, a confirmé à Franceinfo ces aveux.

Selon l’avocat, elle “a été poussée par des camarades de classe à rapporter ce qu’ils ont vu alors qu’elle était absente” du cours où Samuel Paty a présenté une caricature du prophète Mahomet nu, publiée par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Dispensé le 6 octobre, le cours s’intitulait “Situation de dilemme: être ou ne pas être Charlie”. Dans sa version initiale, l’adolescente avait assuré que le professeur avait demandé aux élèves musulmans de lever la main et de sortir de la classe. La famille de l’élève avait par la suite porté plainte pour “diffusion d’images pornographiques”.

L’affaire montée en épingle, notamment sur les réseaux sociaux via entre autres des vidéos, avait conduit à l’assassinat du professeur le 16 octobre.

Entendu par les policiers avant son décès, ce dernier avait d’ailleurs assuré que l’élève n’avait pas assisté à ce cours et se basait sur des rumeurs pour porter ces accusations. Ce que l’adolescente a finalement confirmé au cours d’un interrogatoire selon Le Parisien, évoquant un rôle “de porte-parole” et une situation difficile auprès de son père auquel elle ne voulait pas admettre avoir été exclue peu auparavant.

Selon son avocat, il y a pour sa cliente, mise en examen pour “dénonciation calomnieuse”, “un cheminement, une traversée pour l’amener à reconnaître ce qu’elle ne voulait pas reconnaître dès le début”. “Jamais elle n’aurait pu s’imaginer que les choses allaient dégénérer de cette manière. Jamais, au grand jamais. Faire porter sur les épaules d’une enfant de 13 ans la responsabilité de cette tragédie me paraît totalement impensable, pour ne pas dire odieux”, ajoute-t-il également auprès de FranceInfo.

Pour le moment, 14 personnes sont mises en examen dans l’enquête. Interrogée par Le Parisien, l’avocate de la famille de Samuel Paty se questionne sur ces nouvelles déclarations, qui ne permettent pas selon elle d’expliquer la suite des événements.

“Son mensonge était intenable. À partir du moment où elle reconnaît qu’elle a menti, il faut trouver des raisons. S’agit-il d’explications de circonstance? En l’état, ces explications me semblent trop légères, d’autant plus au regard des conséquences dramatiques que ce mensonge a provoquées. On ne comprend toujours pas ce qui a motivé cet acharnement contre Samuel Paty, la persistance et la réitération de ce mensonge”, déclare Me Virginie Le Roy.

Ce texte a été publié originalement sur le HuffPost France.

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