NOUVELLES
26/06/2019 09:05 EDT | Actualisé 26/06/2019 09:27 EDT

Un Salvadorien et sa fillette de 2 ans se noient en tentant de gagner les États-Unis

Le père a pris l’enfant sur son dos en la calant à l’intérieur de son t-shirt pour traverser le fleuve, mais les deux ont été emportés par un courant violent sous les yeux de la mère.

AP Photo/Julia Le Duc
Tania Vanessa Ávalos, la mère de la fillette, explique aux autorités mexicaines comment sa fille et son mari ont été emportés par le courant. du Rio Grande.

Un migrant salvadorien et sa fille d’environ deux ans se sont noyés en tentant de traverser le Rio Bravo - le Rio Grande selon la terminologie américaine - pour passer clandestinement aux États-Unis depuis le Mexique, a-t-on appris de source judiciaire.

Les deux corps ont été retrouvés lundi dans les environs de Matamoros, dans l’Etat mexicain de Tamaulipas, selon un rapport de la justice mexicaine auquel l’AFP a eu accès.

Les photographies des cadavres du jeune père et de l’enfant flottant sur le ventre sur la rive mexicaine du fleuve ont fortement choqué l’opinion publique au Salvador.

*AVERTISSEMENT: La photo qui suit qui pourrait choquer certaines personnes.

ASSOCIATED PRESS
Les deux corps ont été retrouvés lundi dans les environs de Matamoros, dans l’État mexicain de Tamaulipas.

 

Selon le rapport judiciaire, le père, un cuisinier âgé de 25 ans, la mère, âgée de 21 ans, et leur petite fille sont arrivés la semaine dernière à Matamoros après avoir traversé tout le Mexique. Dimanche après-midi, la famille a décidé d’essayer de gagner à la nage la rive américaine du Rio Bravo, accompagnée d’un ami.

Le père a pris l’enfant sur son dos en la calant à l’intérieur de son t-shirt pour traverser le fleuve. Mais, emportés par des courants violents, tous deux se sont noyés sous les yeux de la mère, laquelle a pu retourner en vie sur la rive mexicaine, selon les explications qu’elle a fournies aux autorités locales.

 

Au Mexique, le gouvernement est la cible de vives critiques ces derniers jours pour son attitude envers les migrants. Pendant le week-end, une photo de l’AFP montrant deux femmes et une fillette arrêtées par des membres lourdement armés de la Garde nationale mexicaine, au moment où elles tentaient de traverser le Rio Bravo pour gagner les États-Unis, a soulevé l’émotion.

Le président mexicain de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, au pouvoir depuis décembre, a démenti mardi qu’un ordre ait été donné aux militaires d’interpeller les clandestins dans le cadre de l’accord sur l’immigration récemment conclu avec Washington, contredisant ainsi des propos tenus la veille par le ministre de la Défense, Luis Cresencio Sandoval.

Après la menace fin mai du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane sur tous les produits mexicains importés aux États-Unis si Mexico ne freinait pas la vague de migrants clandestins en provenance d’Amérique centrale, les deux pays étaient parvenus le 7 juin à un accord. Les États-Unis ont donné 45 jours au Mexique pour prendre des mesures.

Mexico a d’ores et déjà déployé 15 000 hommes à la frontière nord et 6500 à la frontière avec le Guatemala, au sud du pays.

Choc aux États-Unis

L’indignation est également vive côté américain, après les révélations par Human Rights Watch sur les conditions de vie sordides de 300 jeunes migrants dans un centre de détention du Texas près de la ville frontalière d’El Paso.

Le centre a été vidé lundi. En pleine polémique, le chef par intérim de la police aux frontières, John Sanders, a annoncé sa démission.

M. Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’une de ses priorités, s’est dit mardi « très inquiet » des conditions de détention des clandestins, appelant le Congrès à s’entendre sur un financement d’urgence des opérations à la frontière.

Le déblocage de 4,5 milliards de dollars d’aide humanitaire a été voté mardi soir à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates. Mais les républicains, majoritaires au Sénat, menacent de retoquer ce texte plus tard cette semaine si une partie du budget n’est pas dévolue aux forces de l’ordre.

À VOIR AUSSI: