POLITIQUE
12/11/2019 13:18 EST | Actualisé 12/11/2019 18:52 EST

Salaires des médecins spécialistes: Christian Dubé s'impatiente

Il veut régler le dossier d'ici Noël.

Pornpak Khunatorn via Getty Images

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, veut répondre à une commande du premier ministre et boucler la négociation avec les médecins spécialistes concernant leur rémunération d’ici Noël.

Il donne aux parties jusqu’à vendredi pour arriver à une “perspective d’entente”, à défaut de quoi il pourrait se servir d’une loi spéciale pour imposer aux spécialistes une rémunération réduite.

M. Dubé s’est montré impatient d’en finir avec cette négociation, mardi, en mêlée de presse à l’Assemblée nationale. Il a toutefois évité de répondre aux journalistes qui lui demandaient ce qui pressait tant.

Il a affirmé avoir travaillé en “sous-marin” depuis un an sur cette question et qu’il est temps de conclure l’affaire. C’est ce que le premier ministre François Legault veut, a-t-il dit.

“Le premier ministre (...) a été très clair qu’on voulait avoir une entente, un règlement d’ici la fin de l’année, a affirmé M. Dubé. Je ne dis pas qu’on veut avoir une entente pour vendredi, mais on doit avoir une perspective d’entente.”

En campagne électorale, M. Legault avait fixé à 1 milliard $ la réduction de rémunération attendue des médecins spécialistes. Mais il ne l’avait pas inscrite dans son cadre financier et évite désormais de répéter ce chiffre.

Le mois dernier, il avait jugé “insuffisante” l’offre de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) de céder 1 milliard $ sur quatre ans. Selon plusieurs médias, la FMSQ offre aujourd’hui au gouvernement de récupérer 1,6 milliard $ sur la même période.

La FMSQ, qui est dirigée par Diane Francoeur, a retenu les services de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard pour la représenter.

“Nous avons fait une proposition AVANT que l’on nous brandisse la menace d’une loi spéciale, a écrit Mme Francoeur sur Twitter, mardi. Nous l’avons ensuite bonifiée. Pourquoi ne pas attendre d’avoir les vrais chiffres dans quelques semaines?”

Si le gouvernement Legault va de l’avant avec une loi spéciale, cela mènera à une “guerre”, a-t-elle ensuite déclaré au cours d’une émission de radio en balado-diffusion.

“S’il y a une loi spéciale vendredi, c’est “goodbye”. Il n’y a plus de rencontre, il n’y a plus d’amis, il n’y a plus de proposition, plus de solution, il n’y a plus de pertinence, il y a juste de la guerre. Ce n’est pas ça qu’on veut”, a-t-elle dit.

Pour sa part, le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, dit voir en cette négociation un “beau test” pour le gouvernement Legault.

“Il a dit qu’il n’allait céder devant aucun lobby. C’en est un ça, la FMSQ. On veut 1 milliard $, le test est là. Si c’est en bas de 1 milliard $, la Coalition avenir Québec aura cédé devant un lobby, et le premier devant lequel il aura cédé, c’est les médecins spécialistes”, a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Toutefois, selon M. Bérubé, le recours à la loi spéciale “n’est jamais une bonne idée”. “C’est un dernier recours. On ne va jamais encourager ça. Les moyens leur appartiennent, alors s’ils ont assez de députés pour faire un vote, j’imagine qu’ils pourront procéder”, a-t-il poursuivi.