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11/11/2019 13:07 EST

La FTQ étudiera l'idée d'un salaire minimum de 17 $ ou 18 $ l'heure

«Ça ne créera pas de mises à pied, fait valoir le président de la FTQ, Daniel Boyer. On a besoin de main-d’oeuvre, au moment où on se parle.»

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Il y a plus de trois ans, la FTQ lançait un mouvement pour amener le salaire minimum à 15 $.

Dans le cadre de son congrès qui se tiendra à la fin du mois à Québec, la FTQ sera appelée à se prononcer sur l’idée de ne plus revendiquer un salaire minimum à 15 $, mais à 17 $, voire 18 $ l’heure.

Les 1200 délégués au congrès devront se pencher sur deux propositions en ce sens qui leur seront soumises.

C’est le 1er mai 2016, il y a donc plus de trois ans, que la FTQ a lancé ce mouvement au Québec pour faire porter le salaire minimum à 15 $. Il est actuellement de 12,50 $ l’heure.

Au départ, on parlait d’atteindre ce seuil de 15 $ l’heure en 2022, puis «le plus tôt possible».

Depuis, bien que ce seuil n’ait pas été atteint, le mouvement a effectivement connu un certain succès, puisque les hausses du salaire minimum ont été plus élevées qu’à l’habitude, atteignant parfois 75 cents l’heure.

 

Une section locale de l’Alliance de la fonction publique du Canada et le Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain, qui ont soumis les deux propositions en ce sens aux délégués de la FTQ, croient qu’il faut «mettre à jour» la revendication de la centrale syndicale de 600 000 membres.

«Ça ne créera pas de mises à pied. On a besoin de main-d’oeuvre, au moment où on se parle. Donc, c’est un bon timing pour augmenter le salaire minimum de façon plus substantielle qu’on l’a fait dans le passé», a plaidé le président de la FTQ, Daniel Boyer, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi.

Non aux «épouvantails»

Traditionnellement, les associations d’employeurs, surtout dans le secteur des petites et moyennes entreprises et dans le commerce de détail, se sont opposées à l’idée de porter le salaire minimum même à 15 $ l’heure. Mais dans le contexte actuel de rareté de main-d’oeuvre, plusieurs ont peine à trouver des employés avec un tel salaire.

Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’oeuvre, il me semble que le timing est bon pour augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure le plus rapidement possible.Daniel Boyer, président de la FTQ

M. Boyer repousse les arguments qu’il qualifie d’«épouvantails» voulant qu’une hausse trop marquée du salaire minimum provoquerait une augmentation du décrochage scolaire et une poussée inflationniste.

«Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’oeuvre, il me semble que le timing est bon pour augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure le plus rapidement possible. Puis, effectivement, il y aura des débats à faire au congrès. Notre campagne à 15 $ l’heure est-elle encore au goût du jour ou si on doit augmenter ce 15 $ l’heure-là? Une chose est sûre: il faut l’atteindre ce 15 $ l’heure le plus rapidement possible», a plaidé M. Boyer.

L’Ontario a fixé son salaire minimum à 14 $ l’heure le 1er janvier 2018 et l’Alberta à 15 $ l’heure le 1er octobre 2018.

Les proposeurs

Dans ses explications pour justifier sa proposition aux délégués, la section locale 17753 de l’Alliance de la fonction publique du Canada souligne que «le salaire minimum pour sortir du seuil de la pauvreté est maintenant supérieur à 15 $ l’heure». Elle suggère donc que la FTQ revendique de hausser à 17 $ l’heure le salaire minimum.

Quant au Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain, il souligne que «de plus en plus de ménages ayant un emploi ne parviennent pas à sortir de la pauvreté et de l’endettement» avec 12,50 $ l’heure. Il propose de porter le salaire minimum à 18 $ l’heure, avec des hausses annuelles suivant minimalement l’inflation.

Le Conseil régional ajoute qu’il faudrait augmenter du même souffle d’au moins 475 millions $ le financement de la mission des organismes communautaires, afin que ceux-ci puissent verser ces salaires à leurs employés.

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