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21/02/2020 07:32 EST | Actualisé 21/02/2020 14:34 EST

Les manifestants bloquent encore la voie ferrée à Saint-Lambert

Des véhicules de patrouille passent régulièrement devant la barricade ou les militants ont installé des tentes et des abris de fortune.

Ryan Remiorz/La Presse canadienne
Jeudi, près d'une cinquantaine de manifestants bloquaient la voie ferrée.

SAINT-LAMBERT, Qc — Sur la rue Saint-Georges à Saint-Lambert, les manifestants qui ravitaillent le campement en vivres passent sous une grande banderole sur laquelle est inscrit «fuck le colonialisme», vendredi.

À midi, une vingtaine de manifestants bloquaient toujours une voie du CN défiant ainsi une injonction.

Lorsque le journaliste de La Presse canadienne s’approche des lieux, pendant la nuit de jeudi à vendredi, des manifestants lui font savoir poliment qu’il n’est pas le bienvenu à l’intérieur du périmètre du campement. Au même moment, un automobiliste qui passe par là crie aux manifestants «c’est l’heure de la matraque mes tab...» en faisant référence à l’injonction remise aux manifestants quelques heures plus tôt et à la possibilité que les policiers interviennent à tout moment.

«On n’est pas intéressé à parler aux médias d’une éventuelle intervention policière», lance l’un des occupants à La Presse canadienne.

«C’est un détail sans importance dans la lutte, ça intéresse que les journalistes», ajoute-t-il.

Des véhicules de patrouille passent régulièrement devant la barricade ou les militants ont installé des tentes et des abris de fortune.

Les manifestants, surtout de jeunes adultes francophones, refusent de s’identifier, parce que, explique l’un des militants, «la cause dépasse largement les individus, notre identité est anecdotique, on est ici pour dire d’écouter les Wet’suwet’en».

Ils dénoncent la construction d’un gazoduc passant sur le territoire de la première nation Wet’suwet’en dans le nord de la Colombie-Britannique. Le projet permettrait d’acheminer du gaz vers les marchés asiatiques.

«Des capitaux étrangers exproprient les peuples d’ici», s’insurge l’un des occupants en faisant référence au consortium d’investisseurs étrangers derrière le projet.

La question de l’occupation du territoire est au coeur des revendications des militants, mais ils ont aussi des motivations environnementales.

«Le gaz naturel n’est pas une énergie de transition», mentionne l’un des manifestants qui dit soutenir une «décroissance radicale».

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Les produits bloqués, les mises à pied temporaires et les menaces de pénuries dues à la fermeture des voies ferrées ne semblent pas émouvoir J.P., un militant d’Extinction Rebellion qui s’est présenté plus tôt au campement avec un sac de bois de chauffage pour alimenter les poêles installés dans les tentes.

«L’économie va se remettre des barricades, mais les humains, eux, vont manger toute une claque avec les changements climatiques» lance-t-il avant d’ajouter:

«Les Autochtones, ce sont eux qui sont en première ligne de la crise climatique, ça fait longtemps qu’ils savent que la justice sociale va de pair avec l’environnement, ce n’est rien de passer la nuit ici comparativement à ce que les Premières Nations ont subi et continue à subir.»

En début de soirée jeudi, quelques dizaines de militants étaient réunis sur la voie ferrée à Saint-Lambert. En fin de nuit, vendredi, ils étaient encore une douzaine assis autour d’un feu de camp alors que d’autres semblaient se reposer dans les tentes.

Le premier ministre François Legault avait promis jeudi matin que la barricade serait démantelée par le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) lorsque l’injonction serait délivrée.

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