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15/10/2019 08:02 EDT

Saguenay: des économistes dénoncent le projet de gazoduc GNL Québec

À leur avis, il n’est pas crédible de soutenir que le gaz remplacera des énergies plus polluantes comme le charbon.

kodda via Getty Images

MONTRÉAL — Une quarantaine d’économistes québécois critiquent le projet de gazoduc de 750 kilomètres et d’usine de liquéfaction de gaz naturel que GNL Québec prévoit aménager à Saguenay et émettent de sérieux doutes sur les promesses de retombées économiques.

Dans leur lettre que publient divers médias d’information, mardi, les signataires affirment que le gaz transporté par ce pipeline pourrait bien remplacer du gaz conventionnel plus propre ou de l’électricité de source renouvelable, et ainsi augmenter les émissions globales de gaz à effet de serre (GES).

À leur avis, il n’est pas crédible de soutenir que le gaz remplacera des énergies plus polluantes comme le charbon, en Europe et en Chine.

D’autre part, les auteurs de la lettre font une mise en contexte des promesses de 6000 emplois directs et indirects pendant la construction et de 1100 autres pour l’usine de liquéfaction.

Les économistes rappellent que le mois dernier, la Commission de la construction du Québec a indiqué que plus de la moitié des 25 métiers de la construction étaient en état de pénurie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, que Rio Tinto a forcé des arrêts de production en raison de la pénurie et que Résolu devra remplacer au cours des prochaines années environ 800 employés qui approchent de la retraite.

Les auteurs de la lettre concluent que les emplois promis dans la région par GNL Québec seront surtout comblés par des employés venant de l’extérieur de la région ou par des employés quittant leur emploi actuel pour travailler à la construction du complexe gazier, aggravant la situation de pénurie.

Les économistes invitent les pouvoirs publics à plutôt propulser des créneaux d’avenir comme ceux de l’aluminium à anodes inertes, qui n’émet pas de GES, ou encore de la biomasse forestière. Cela leur semble nettement plus prometteur pour l’économie du Québec et de ses régions.

Le premier ministre François Legault a déjà fait valoir que le projet GNL Québec permettrait une réduction très importante des émissions de GES de la planète et qu’il y aurait création de milliers d’emplois très payants en région.

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