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02/09/2020 08:19 EDT

Trafic sur la rivière Saguenay: des chercheurs réclament un moratoire

Avec, entre autres, le projet GNL-Québec, le trafic maritime pourrait tripler potentiellement au cours des prochaines années.

Kevin Schafer via Getty Images
Les bélugas sont une espèce menacée et les bateaux sont interdits de s'en approcher dans le Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. (photo d'archives)

QUÉBEC — Un groupe de chercheurs demande un moratoire sur les projets économiques qui augmenteraient le trafic maritime sur la rivière Saguenay, comme le controversé terminal méthanier de GNL-Québec.

Grâce à de nouveaux outils technologiques, ces scientifiques ont fait des découvertes: les bélugas, une espèce menacée, fréquentent davantage le Saguenay qu’on ne le croyait et ils seraient donc durement affectés par la hausse du trafic maritime — qui pourrait tripler potentiellement au cours des prochaines années.

En effet, ce mammifère marin est un animal social et le bruit élevé des cargos l’empêche de communiquer avec ses congénères.

«Ses possibilités de communication sont perturbées par les bruits ambiants, par les nuisances sonores», a expliqué le chercheur Jérôme Dupras, de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), en entrevue avec La Presse Canadienne.

«Donc ça vient impacter son réseau social et les comportements qui en découlent, par exemple, la communication entre une mère et son bébé, les processus de mise bas.»

Les moyens technologiques perfectionnés des chercheurs ont permis de constater que les bélugas circulent bien plus dans le Saguenay qu’on ne le pensait: au moins 50 % des animaux et 67 % des femelles fréquentent le fjord, qui constitue un refuge acoustique naturel.  

Or si tous les projets de développement économique à l’étude actuellement au Saguenay voient le jour, le trafic maritime sur le Saguenay bondirait de 450 passages de navire par année à plus de 1200. Parmi ces projets, il y a GNL-Québec, une usine de liquéfaction de gaz naturel assortie d’un port méthanier pour exporter ces hydrocarbures à l’étranger.

M. Dupras a expliqué que le mandat du programme de recherche financé par le Québec s’étend jusqu’en 2023 et il serait donc nécessaire d’attendre les conclusions de ces recherches avant d’autoriser un projet qui augmenterait la circulation sur la rivière Saguenay. Le parachèvement de l’étude permettrait de trouver des solutions pour atténuer les impacts du trafic maritime.

L’étude est menée par des chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

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