DIVERTISSEMENT
27/09/2019 12:35 EDT

Safia Nolin à POP Montréal: entre l'ombre et la lumière

Pour une seconde soirée d’affilée, la chanteuse a présenté un medley de ses nouvelles reprises, qu’on retrouve sur deux albums tous deux sortis au cours de la dernière semaine, et de ses propres chansons.

Courtoisie POP Montréal (photo par Louis Longpré)
Safia Nolin au Balattou, accompagnée par Joseph Marchand

«Bon, bien, ça s’est bien passé», a-t-elle lancé en riant après avoir interprété Destin, chanson de la diva de Charlemagne dont elle avait dit avoir eu peur d’oublier les paroles.

Après une première salve d’applaudissements emplissant la petite salle du Balattou, Safia Nolin a rigolé un peu avec son fidèle musicien Joseph Marchand sur les difficultés d’interpréter cette pièce sans reprendre les célèbres modulations vocales de Céline.

Pour une seconde soirée d’affilée – dont une première qui affichait complet –, Safia a présenté un medley de ses nouvelles reprises, qu’on retrouve sur deux albums tous deux sortis au cours de la dernière semaine, et de ses propres chansons. 

De son propre aveu, si le «mood» de la veille était plus «de party», celui de ce jeudi soir était tout en douceur. Il faut dire que dehors, la pluie s’abattait sur les pauvres passants qui sillonnaient la rue Saint-Laurent.

Dans un éclairage tamisé, la chanteuse a ensuite entamé La laideur, chanson poignante tirée de son premier album, Limoilou. Certains fermaient les yeux, d’autres vacillaient de gauche à droite; l’assistance semblait presque conquise d’avance, bercée par la délicate pièce.

Puis, Safia a accueilli la chanteuse Elisapie Isaac pour ce qui s’est avéré un des moments les plus touchants du spectacle: la pièce Lesbian Break-up Song, en partie traduite en inuktitut. Les voix de Safia et Elisapie – qui a d’ailleurs confié être «jalouse de cette chanson» – se sont très joliment harmonisées et ont participé à l’ambiance feutrée et en clair-obscur de la soirée. 

Comme une sorte de clin d’oeil déguisé à sa soeur – une fan de Taking Back Sunday –, Safia a par la suite joué avec un plaisir apparent une de ses «emo songs», Cute without the “E”; elle n’a pas manqué d’inviter tous ceux qui la connaissaient à entonner la chanson avec elle.

Puis, le moment que plusieurs attendaient: Et cetera, interprétée en duo avec Gabrielle Destroismaisons. Après cette version toute légère et sensuelle – et plusieurs acclamations –, Gabrielle a remercié Safia d’avoir repris sa chanson (la première à l’avoir fait), qui fêtera ses 20 ans l’année prochaine. Avec un grand sourire, elle a déclaré qu’elle la trouvait «belle», «magnifique», avec son «grand coeur» et que ce qu’elle faisait était «important». La complicité entre les deux chanteuses était manifestement palpable.

La soirée s’est poursuivie comme elle avait commencé; toute en nuances, en alternance entre les interventions de Safia, franchement spontanée et comique, et des morceaux plus mélancoliques tels que Tu ne sauras jamais, Dans le noir, Loadé comme un gun et Miroir.

À mi-chemin entre ces perfos, l’auteur-compositeur-interprète Antony Carle s’est joint à Safia pour une chanson qui l’a agréablement fait sortir de sa zone  de confort: breathin d’Ariana Grande. Très bien accueillie par le public, qui a acclamé les performances vocales impressionnantes de Carle, la pièce nous a offert une pause plus «lumineuse» dans l’univers plus sombre de Nolin.

Le spectacle s’est clos de la même façon que l’album Reprises Vol.2: avec J’ai demandé à la lune, du groupe français Indochine. La chanteuse a tenu à jouer cette pièce «unplugged» au sein même de la salle, comme pour nous forcer à prêter l’oreille davantage.   

«Merveilleux!» s’est exclamé quelqu’un dans l’auditoire. «Bien raison», on a pensé.

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