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«Rue King»: repenser un concept vieux comme le monde

Une expérience télévisuelle palpitante et tout à fait concluante...

Avec Rue King, Club illico propose une expérience télévisuelle plutôt inusitée, mélangeant les bases de la sitcom et de l’improvisation à l’euphorie d’un jeu télévisé animé par Patrice L’Écuyer. Bien que les répliques imaginées par les interprètes soient parfois inégales, le résultat dans son ensemble, lui, s’avère toujours palpitant.

La série nous plonge d’emblée dans l’univers de la sitcom de par ses décors rappelant ceux de How I Met Your Mother (à la différence que les protagonistes habitent ici au-dessus d’un café plutôt que d’un bar).

Inspiré d’un concept allemand, Rue King raconte les péripéties de Pier-Luc (Pier-Luc Funk) et de Marie-Ève (Marie-Ève Morency), deux colocs habitant la rue King, à Sherbrooke. L’histoire débute lorsque le duo est rejoint par une nouvelle locataire, Sophie (Sophie Cadieux), une avocate de 42 ans en pleine réorientation professionnelle.


Sans filet

Mais la trame narrative n’a ici aucune importance. La totalité de la première saison de Rue King a été enregistrée (devant public) en seulement cinq jours. Les comédiens n’avaient pas de script, ni la chance de refaire une prise si l’inspiration n’était pas au rendez-vous.

Agissant à titre de «maître du jeu», Stéphane Bellavance souffle les directives dans les oreillettes d’un ou de la totalité des participants afin que ceux-ci improvisent leurs actions et leurs répliques et fassent progresser l’histoire.

«Je ne sais même pas qui je suis!», lancera Marie-Soleil Dion lors de la rencontre de groupe précédant chaque épisode, exprimant bien à quel point on parle ici de «télé sans filet».

L’intérêt est évidemment de voir ce que les comédiens sauront faire de ces directives. Le résultat n’est pas toujours marquant, mais les meilleurs moments de Rue King, lorsque tout s’emboîte comme si les interprètes avaient appris un texte et l’avaient répété pendant des semaines, valent assurément le détour.

Et le fait que le tout ait été capté sur le vif s’avère souvent franchement impressionnant.

De son côté, Stéphane Bellavance ne boude aucunement son plaisir et ne se gêne pas pour éclater de rire lorsqu’il est surpris par une trouvaille d’un des comédiens.

Et c’est précisément cette dynamique de groupe, toujours dans l’amusement, qui fait tout le charme de Rue King.

Stéphane Bellavance, le «maître du jeu».
Stéphane Bellavance, le «maître du jeu».

Pas de cabotinage

Rue King établit très rapidement la complicité entre Bellavance et le public, et tire son épingle du jeu en allant chercher les rires de cette dynamique «demande-réponse» qui crée plusieurs moments hilarants.

Il faut voir, notamment, Pier-Luc Funk aller rechercher Julien Lacroix lorsque le maître du jeu lui fait savoir qu’il n’aurait jamais dû quitter la pièce, Mehdi Bousaidan qui a la vivacité d’esprit de répéter mot pour mot une consigne de Stéphane Bellavance pour créer un gag parfait, et ce même Stéphane Bellavance coincer Pier-Luc Funk avec une requête tournant autour d’une banane avec laquelle ce dernier ne sait pas quoi faire.

Et personne ici ne fait dans le cabotinage. Il est même assez impressionnant de voir à quel point tous les comédiens parviennent à garder suffisamment leur concentration pour suivre la ligne directrice et rester dans leur personnage, et ce, peu importe les circonstances.

Il faut dire que la série compte sur une distribution faite sur mesure pour un tel défi, Pier-Luc Funk - le Laurent Duvernay-Tardif de la télévision québécoise -excellant en toute situation, Sophie Cadieux s’amusant comme un poisson dans l’eau dans la peau d’une carriériste voulant renouer avec l’énergie de sa jeunesse, et Mehdi Bousaidan parvenant à créer instantanément une chimie avec ses partenaires de jeu.

En plus de Mehdi Bousaidan, de Julien Lacroix et de Marie-Soleil Dion, d’autres artistes viennent rendre visite aux trois principaux personnages pour un ou plusieurs épisodes, dont Sylvie Moreau, Stéphane Crête, Antoine Vézina, Anne-Élisabeth Bossé, LeLouis Courchesne, Arnaud Soly et Léane Labrèche-Dor.

Avec les nombreux ajustements avec lesquels ont dû jongler les créateurs québécois au cours des dernières semaines - et sûrement pour les mois à venir - il y a définitivement plusieurs leçons à tirer de cette expérience amusante, et tout à fait concluante.

Les dix épisodes de la première saison de Rue King sont disponibles dès aujourd’hui, sur Club illico.

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