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Royalmount: le troisième lien de Montréal!

Les pelles mécaniques avancent, les fondations vont être posées et bloquer ce projet devient de plus en plus urgent.
Le projet Royalmount, à l'angle des autroutes 15 et 40
Le projet Royalmount, à l'angle des autroutes 15 et 40

Le 12 décembre dernier était publié l’un des premiers textes qui allaient rouvrir le débat sur la question du projet Royalmount. En l’espace d’une semaine, plus de dix autres textes allaient suivre dans les médias. Pourquoi?

Parce qu’en janvier 2019, une partie importante de la population de Montréal s’était dressée contre ce projet anachronique: l’installation d’un centre commercial plus grand que le DIX30 aux abords de l’un des échangeurs les plus congestionnés au Canada.

En réponse à la pression, Carbonleo était donc retourné à la planche à dessin. Pourtant, un an, une consultation publique, au moins un forum citoyen et trois consultations privées plus tard, le côté anachronique et absurde du projet est encore bien présent. Pourtant les pelles mécaniques avancent, les fondations vont être posées et bloquer ce projet devient de plus en plus urgent.

Pourquoi les «beaux» gestes de Carbonleo ne suffisent-ils pas?

Cette semaine, le promoteur publiait à son tour une lettre ouverte afin de réagir aux critiques. Un bel exercice de communication publique… oubliant malheureusement les vrais enjeux. Il y mentionnait par exemple sa collaboration avec différentes parties prenantes. En oubliant de rappeler que les mauvais choix de son équipe en matière de communication, d’horaire et d’emplacement avaient contribué à diminuer la participation citoyenne à ses consultations publiques, au point de les faire paraître pour une mascarade.

En outre, rappelons que les seules concessions que M. Marcotte et son équipe semblent vaguement être prêts à faire sont relatives à l’hypothétique logement. Le schéma d’aménagement et de développement de Montréal n’a pas encore été modifié: il n’est pas encore permis de construire de bâtiments résidentiels sur ce territoire. Mais faut-il pour autant s’en attrister? La réponse est non! En effet, pour l’instant, la demande de modification n’a comme objectif que de faire gagner le projet Royalmount en popularité en détournant les critiques du vrai enjeu: la construction d’un méga centre d’achat déconnecté des réalités montréalaises.

Bien entendu, du logement devrait être présent dans le secteur de la 15 et de la 40. Mais pas du logement de luxe hypothétique, construit dans la deuxième phase du projet, bien après que le centre d’achat et ses effets néfastes se soient déjà faits sentir. Plutôt du logement abordable et des installations communautaires, respectant le patrimoine matériel et immatériel de leur quartier, développés en étroite collaboration avec les résident.e.s de la ville de Mont-Royal et des quartiers limitrophes. Tout le contraire du type de logement que M. Philippe Roy et M. Claude Marcotte essaient de faire passer au travers de la gorge de ces résident.e.s.

Tant que la construction de logement demeurera un outil de diversion pour augmenter l’acceptabilité du projet, tant que l’ensemble du secteur 15/40 ne cherchera pas à répondre aux besoins de la population, tant que le centre commercial sera la pièce maîtresse de l’aménagement du secteur, alors nous serons contre ce projet.

Et maintenant?

Une des premières étapes est de prendre au sérieux les citoyen.ne.s qui s’inquiètent pour leur ville.

Nous demandons, à Carbonleo ainsi qu’aux instances publiques notamment Ville de Mont-Royal et Québec, un arrêt complet des travaux jusqu’à l’obtention d’un projet qui tienne la route.

Afin que ce dernier puisse prendre forme, nous exigeons:

- Une modification de la section commerciale qui intègre l’opinion des citoyen.ne.s, plutôt que de simples consultations anecdotiques sur la section résidentielle

- Un référendum pour les résidentes et résidents de ville de Mont-Royal

- L’intégration des citoyens sur le comité sur la mobilité du secteur

- Un financement privé équitable pour toutes les infrastructures de transport qui seront nécessaires au développement du secteur, tant routières que cyclistes, piétonnes et de transport en commun

Alors Carbonleo, monsieur le maire Roy, madame la ministre Rouleau, prêt.e.s à relever ce défi?

Alix Ruhlmann, collectif Notre 15/40

Jean-François Boisvert, Coalition Climat Montréal

Pierre Avignon, Royalmount – Royalment contre

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