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04/10/2018 10:53 EDT | Actualisé 05/10/2018 05:58 EDT

Rien dans le rapport du FBI ne confirme les accusations contre le juge Brett Kavanaugh

Le futur juge en chef de la Cour suprême des États-Unis est toujours au coeur de la controverse.

Il n'y a "rien" dans le rapport du FBI sur le juge Brett Kavanaugh qui confirme les accusations d'agressions sexuelles portées contre lui, a assuré jeudi un des chefs de la majorité républicaine au Sénat, Chuck Grassley.

"Il n'y a rien que nous ne sachions déjà" dans ce rapport finalisé mercredi soir, a déclaré le président républicain de la commission judiciaire du Sénat. "Le FBI n'a pas trouvé de tiers qui puisse confirmer les allégations, il n'y a pas non plus de preuves. Cette enquête n'a trouvé aucune trace de comportement inapproprié" de la part du candidat de Donald Trump à la Cour suprême, a-t-il ajouté dans un communiqué.

La porte est ainsi ouverte pour sa nomination.

Les sénateurs républicains, confortés par une enquête du FBI selon eux pas concluante sur le juge Brett Kavanaugh, accusé d'abus sexuels, ont exprimé jeudi leur intention de tenir samedi le vote de confirmation du candidat de Donald Trump à la Cour suprême.

"Le juge Kavanaugh devrait être confirmé samedi", a déclaré aux journalistes le chef de la commission des affaires judiciaires du Sénat, le républicain Chuck Grassley. "Espérons que dans 48 heures nous aurons un nouvel arrivant à la Cour suprême", a-t-il ajouté.

La Maison Blanche se dit confiante dans sa confirmation rapide à la Cour suprême, dès cette semaine.

Des milliers de manifestants se sont d'ailleurs réunis jeudi à Washington pour protester contre la nomination à la Cour suprême du juge Brett Kavanaugh, accusé d'agressions sexuelles dans sa jeunesse et dont la confirmation semble à portée de main.

Plusieurs organisations féministes et de défense des droits civiques ont appelé à une journée de rassemblement, espérant convaincre des sénateurs républicains de ne pas approuver la nomination du juge Kavanaugh, alors que plusieurs élus ont exprimé des doutes.

L'exécutif a transmis dans la nuit de mercredi à jeudi au Sénat les résultats de cette enquête complémentaire sur le candidat de Donald Trump à la haute cour, accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles ou de comportements déplacés dans sa jeunesse.

"Avec ces informations supplémentaires, la Maison-Blanche est parfaitement confiante dans le fait que le Sénat votera en faveur de la confirmation du juge Kavanaugh", a déclaré le porte-parole de l'exécutif, Raj Shah.

"Quel enthousiasme et quelle énergie pour le juge Brett Kavanaugh", a pour sa part tweeté le président américain, dans la nuit de mercredi à jeudi.

"C'est un homme bien, d'un grand intellect. Le pays est derrière lui, jusqu'au bout!", a ajouté M. Trump, en dépit de la très vive division dans la société américaine suscitée par ce processus.

Des centaines de militants opposés à l'arrivée du magistrat à la haute cour se sont donnés rendez-vous jeudi dans la capitale fédérale, a annoncé l'ACLU, grande organisation américaine de défense des libertés.

Dans le New York Times, plus de 650 professeurs de droit ont signé un éditorial appelant le Sénat à ne pas confirmer la nomination du magistrat.

Vote final samedi ?

Une femme de 51 ans, Christine Blasey Ford, accuse M. Kavanaugh d'une tentative de viol alors qu'ils étaient adolescents en 1982, lors d'une soirée alcoolisée en banlieue de Washington.

Son audition il y a une semaine au Sénat, retransmise en direct à la télévision, a ému une bonne partie des Américains, les autres s'étonnant de ce témoignage tardif.

Auditionné juste après, le juge de 53 ans a catégoriquement nié.

Avant même que les sénateurs n'aient accès au rapport du FBI, le chef des élus républicains au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé un vote d'étape vendredi sur la clôture du débat et un vote final sur la confirmation du juge controversé, possiblement dès le lendemain.

Il est inhabituel pour les sénateurs de prévoir une session un samedi.

"Il y aura largement assez de temps pour que les membres (du Sénat) examinent et s'informent sur ces documents supplémentaires avant" le vote de vendredi, a-t-il dit.

Le chef de la commission des affaires judiciaires du Sénat, le républicain Chuck Grassley, a de son côté promis aux élus démocrates un accès "équitable" au rapport d'enquête, qui est dépourvu de conclusions, n'étant qu'une simple étude des antécédents du juge Kavanaugh, pour des faits présumés n'ayant jamais fait l'objet d'une plainte pénale.

Les sénateurs, à qui il revient de donner leur feu vert pour les postes à vie à la Cour suprême, arbitre des questions de société les plus épineuses (droit à l'avortement, régulation sur les armes à feu, mariage homosexuel...), consulteront un exemplaire du rapport dans une salle sécurisée.

Vive controverse

Depuis que l'affaire Kavanaugh a éclaté mi-septembre, perturbant une confirmation qui semblait acquise au magistrat farouche défenseur des valeurs conservatrices, l'intensité n'a fait qu'augmenter: elle est désormais à son comble sur la colline du Capitole, où se dressent face à face l'édifice de la Cour suprême et celui du Congrès.

La remise du rapport du FBI ne devrait pas éteindre la très vive controverse entourant cette nomination, cruciale pour l'avenir de la société américaine, étant donné la rapidité --moins d'une semaine-- et la portée limitée des investigations qui ont été fixées à dessein par le camp républicain et la Maison Blanche.

Les policiers ont auditionné Deborah Ramirez, qui accuse Brett Kavanaugh d'avoir exhibé son sexe lors d'une soirée alcoolisée à l'université de Yale et d'autres témoins cités par Mme Blasey Ford.

Les avocats de Christine Blasey Ford ont eux regretté qu'elle n'ait pas été entendue.

Une troisième femme, Julie Swetnick, qui a accusé le jeune Kavanaugh de s'être montré agressif envers les femmes sous l'effet de l'alcool, n'a pas non plus été interrogée.