Vers une autre vague de fermetures de restaurants?

Maintenant que les terrasses ferment et que les vacances sont finies...

Les restaurateurs craignent le pire. Alors que le milieu de l’alimentation est déjà le secteur le plus affecté par la crise liée à la COVID-19, l’association Restaurants Canada craint que l’arrivée du temps froid ait raison de plusieurs établissements du pays et réclame une aide fédérale bonifiée.

Le regroupement de restaurateurs pancanadien a notamment suggéré mardi que les dépenses de relance de l’industrie soient orientées vers des mesures directes, comme le lancement d’un programme de repas offerts au rabais. L’exemple du Royaume-Uni a été cité, où les clients ont pu bénéficier de réduction de 50% sur la nourriture - sous certaines conditions - dans une série de restaurants participants grâce au programme «Eat Out to Help Out». Ce dernier aurait permis à plusieurs commerçants de se sortir la tête de l’eau.

Est également demandé à Ottawa de prolonger et d’adapter les principaux programmes fédéraux d’aide d’urgence en lien avec la COVID-19 et de veiller à ce que toutes nouvelles mesures tiennent compte des réalités difficiles d’exploitation de l’industrie.

«En raison surtout des mesures d’aide mises en œuvre depuis le début de la pandémie, la grande majorité des restaurants ont pu continuer à contribuer à leurs communautés durant cette période extrêmement difficile», indique David Lefebvre, vice-président, Affaires fédérales et Québec de Restaurants Canada, par voie de communiqué.

«À l’heure où le gouvernement fédéral redéfinit son programme et cherche à démontrer son engagement ferme envers la reprise économique, Restaurants Canada espère voir un soutien renouvelé pour le secteur essentiel qu’est la restauration afin de prévenir de nouvelles fermetures et d’autres pertes d’emplois.»

Une industrie mise à mal

Les secteurs de la restauration et de l’hébergement demeurent les plus durement touchés par la pandémie. Restaurants Canada estime que 10% des établissements de services alimentaires ont déjà fermé leurs portes définitivement et qu’une majorité continue de fonctionner à perte. Un an pourrait être nécessaire avant qu’ils redeviennent rentables.

Au Canada, 260 000 pertes d’emploi ont été enregistrées dans le secteur depuis février, ce qui représente un emploi sur cinq par rapport aux autres industries, selon la plus récente Enquête sur la population active de Statistiques Canada.

Avec des revenus en chute libre et des prévisions plutôt sombres pour le reste de l’année, Restaurants Canada craint que le chiffre d’affaires total des services alimentaires canadiens chute de près de moitié en 2020, ce qui représenterait une perte de 44,8 milliards de dollars de ventes par rapport à 2019.

Quelques chiffres au Québec

- 137 000 pertes d’emplois en restauration et hébergement entre février et mai

- 820 500 pertes d’emplois dans tous les secteurs confondus entre février 2020 et avril 2020

- 4,5 % : taux de chômage en février (avant la pandémie)

- 17 % : taux de chômage en avril

- 9,5 % : taux de chômage en juillet

Source : Institut du Québec

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