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27/11/2020 17:11 EST | Actualisé 27/11/2020 17:18 EST

Noël: les résidences pour aînés proposent de privilégier les sorties

Mais elles demandent de ne pas interdire totalement les visites puisque beaucoup des résidants ont une mobilité réduite.

lucigerma via Getty Images

QUÉBEC — Les résidences privées pour aînés (RPA) ont une très courte liste de souhaits pour Noël: laissez sortir les personnes âgées, mais limitez les visites dans leurs milieux de vie, sinon le 25 décembre sera «épouvantable» .

C’est ce que demande le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) en vue des quatre jours de rassemblement autorisés par la Santé publique, du 24 au 27 décembre.

Le gouvernement Legault doit publier incessamment un guide de recommandations pour le temps des Fêtes destiné à ce type de résidences pour aînés et le RQRA a formulé des propositions à cet égard.

«Il faut protéger les milieux de vie, mais donner de la liberté aux individus, a résumé le président du RQRA, Yves Desjardins, en entrevue avec La Presse Canadienne vendredi. On aime mieux privilégier une sortie que de privilégier six familles qui viennent voir leur mère.»

En effet, les éclosions sont extrêmement difficiles à contrôler et à résorber dans ce type d’établissement. Les données des dernières semaines sont inquiétantes, a reconnu M. Desjardins: pas moins de 120 RPA luttent actuellement contre des éclosions. 

En outre, il est beaucoup plus facile de contrôler les accès dans les RPA que de contrôler les sorties, a fait remarquer M. Desjardins.

Il ajoute toutefois qu’on ne peut totalement interdire les visites: beaucoup des résidants ont une mobilité réduite. 

Autre raison: «tout le monde attend cette bouffée d’air, si on l’interdit, ce sera l’émeute», craint le président du RQRA.

Cependant, Québec doit donner des consignes claires et annoncées pour limiter le nombre de visiteurs. Beaucoup de familles ne viennent visiter leurs vieux parents ou oncles ou tantes que le 25 décembre. 

C’est la journée la plus achalandée de l’année dans ces établissements, a indiqué M. Desjardins. Donc pour éviter les désordres, il faut des règles strictes, sinon «le 25, ça va être épouvantable», prédit le porte-parole du RQRA. 

«Les visiteurs seront de mauvaise humeur et vont crier: ‘Laissez-nous entrer! mêlez-vous de vos affaires! tasse-toi!.’ Je vous le dis, il y en a qui sont vraiment ... Une résidence a déjà dû appeler la police. À un moment donné, les menaces, ça va faire.»

Relâchement

Concernant la hausse récente des cas et des éclosions dans les RPA, le RQRA reconnaît que dans certaines résidences, on a peut-être un peu baissé la garde étant donné que la situation semblait stable au début de la deuxième vague. 

«Il y a peut-être eu un relâchement, a admis M. Desjardins. Des gens se sentaient en sécurité. Quand bien même que je dirais que tout le monde fait attention, ce n’est pas vrai. Il y a 140 000 aînés en RPA, il y a 40 000 travailleurs en RPA, ce n’est pas vrai que je peux affirmer qu’il ’y a pas eu de relâchement, car les enquêtes épidémiologiques le révèlent.»

Ses membres sont désormais sur le qui-vive et la plupart en font même plus que ce que requièrent les autorités de la santé publique.    

«Nous sommes inquiets, mais on n’appuie pas tout de suite sur le bouton d’urgence, a commenté M. Desjardins. C’est très concentré dans des endroits précis.»   

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