POLITIQUE
27/05/2019 12:40 EDT | Actualisé 27/05/2019 13:49 EDT

Réseau express vélo: de la pointe est au West Island

La mise en place sera toutefois plus lente que ce qui a été promis en campagne électorale.

Olivier Robichaud
Valérie Plante, mairesse de Montréal, a présenté un Réseau express vélo prolongé, qui connectera les pointes est et ouest de l'île de Montréal.

La mairesse de Montréal Valérie Plante prévoit un réseau de pistes cyclables protégées plus complet que promis en campagne électorale. Le Réseau express vélo (REV), dont le premier tronçon sera accessible dès 2019, s’étirera de la pointe est au «West Island».

Mme Plante a présenté le concept final du REV lundi. On note un tracé bonifié de 44 km (184 km au total) et moins axé autour des quartiers centraux de Montréal.

La mesure est présentée comme une façon d’inciter les automobilistes à opter pour le vélo plutôt que la voiture.

«Le REV facilitera les déplacements efficaces, confortables, sécuritaires, mais avant tout, il sera accessible à tous les niveaux d’usagers. Il répondra aux besoins de celles et ceux qui sont intéressés de se déplacer à vélo et qui n’ont pas encore adopté ce mode de déplacement», affirme la mairesse.

 

Olivier Robichaud
La nouvelle carte du Réseau express vélo.

 

En plus de croiser le centre-ville, le REV s’étirera de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, à l’est, jusqu’aux villes défusionnées de l’Ouest de l’île. Selon le tracé présenté lundi, il traverserait Pierrefonds-Roxboro et Ahuntsic-Cartierville au nord avant de rejoindre l’axe Berri-Saint-Denis. Montréal-Nord serait connecté à Rosemont et Hochelaga-Maisonneuve, ainsi qu’à Rivière-des-Prairies.

Les travaux seront financés par l’enveloppe habituelle de 15 M$ par année allouée au développement du réseau cyclable.

Premiers axes d’ici 2021

Une première vague de tronçons seront aménagés dès cet été afin de livrer les cinq premiers axes du REV d’ici 2021.

L’avenue Souligny, près du Port de Montréal, sera aménagée dès cette année. Suivront les axes Berri-Saint-Denis, Viger-Saint-Antoine, De Bellechasse et Peel.

Selon la mairesse Plante et la responsable du transport actif, Marianne Giguère, Souligny recevra rapidement les infrastructures «dures», c’est-à-dire des bandes cyclables larges, en site propre. D’autres artères, notamment la rue Saint-Denis, recevront des aménagements temporaires en attendant des travaux d’infrastructures majeures.

«Sur Saint-Denis, on ne veut pas rouvrir la rue avant au moins quatre ou cinq ans. On n’est pas là. Mais les mesures transitoires seront sécuritaires», affirme la mairesse.

 

 

La rue Saint-Denis souffre d’un taux d’inoccupation des locaux commerciaux frôlant 25%. L’artère ne s’est toujours pas remis d’un vaste chantier complété en 2016.

Mmes Plante et Giguère citent d’ailleurs des études américaines et canadiennes montrant que l’ajout d’infrastructures cyclables est bénéfique pour les artères commerciales.

La rue Saint-Denis devra être réaménagée pour accueillir le REV. L’administration Plante n’a toutefois pas précisé si des voies de circulation ou des cases de stationnement seront retirées.

Trop lent, dit la Coalition vélo Montréal

La Coalition vélo de Montréal accueille favorablement l’arrivée prochaine du REV. Elle déplore toutefois une mise en place plus lente que ce qui était promis pendant la campagne électorale de 2017.

 

«Le Réseau express vélo (REV) dans son ensemble représente un engagement fort de la Ville. Cependant, la vitesse de réalisation du REV est en dessous des promesses électorales. Une réalisation rapide est essentielle face à la crise climatique et pour atteindre la Vision Zéro. Nous demandons à la Ville d’augmenter le budget vélo pour pouvoir avancer plus vite.»Coalition vélo Montréal

 

Lors de la campagne, Mme Plante et Projet Montréal avaient promis 140 km de pistes cyclables protégées sur un horizon de quatre ans. Le REV présenté en 2017 était toutefois moins ambitieux.

La Coalition vélo de Montréal déplore aussi l’absence de pistes cyclables sur la rue Sherbrooke, une artère fort achalandée à la fois pour les voitures et les cyclistes. D’ailleurs, en 2018, une vidéo d’un chauffeur d’autobus frôlant un cycliste est devenue virale.

Selon Mme Plante, toutes sortes de raisons militent contre l’inclusion de la rue Sherbrooke dans le REV. Entre autres choses, son administration a préféré utiliser des axes qui avaient déjà des infrastructures cyclables.

L’administration évalue aussi l’implantation d’une voie réservée aux autobus, ce qui réduirait l’espace disponible pour les vélos.

C’est explications ne convainquent pas Daniel Lambert, coporte-parole de la Coalition.

«Lors des consultations publiques, la Ville a demandé aux cyclistes sur quelle artère ils aimeraient voir une piste cyclable protégée. De loin, la rue la plus demandée était la rue Sherbrooke», souligne-t-il.

Selon M. Lambert, cette artère est le théâtre d’environ 50 collisions par année impliquant des cyclistes.