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Michael De Adder réplique à son congédiement après une caricature de Trump

«J'ai l'impression que ma crédibilité est en jeu.»
Michael de Adder a partagé sur les réseaux sociaux une caricature du président américain Donald Trump, en lien avec la situation des migrants qui traversent la frontière mexicaine.
Michael de Adder a partagé sur les réseaux sociaux une caricature du président américain Donald Trump, en lien avec la situation des migrants qui traversent la frontière mexicaine.

Le caricaturiste canadien derrière le dessin devenu viral de Donald Trump et de sa gestion de la crise des migrants à la frontière américaine défend sa crédibilité, alors que son contrat avec un éditeur de journaux n’a pas été renouvelé.

«Ça semble un peu ringard, mais j’ai un code de conduite personnel. Cela m’a assuré un emploi pendant 20 ans dans une industrie qui agonise depuis 10 ans», a écrit Michael De Adder sur Twitter, lundi.

La semaine dernière, il avait partagé une caricature montrant Donald Trump à côté d’une voiturette de golf et disant: «Est-ce que ça vous dérange si je joue par dessus?», près de deux corps sur le sol. L’image rappelle la photo troublante qui a fait le tour des médias, la semaine dernière, montrant Óscar Alberto Martínez Ramírez et sa fille de 23 mois Valeria qui se sont noyés dans le Rio Grande en tentant de traverser la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

La même semaine, son contrat de pigiste avec Brunswick News et ses quatre publications au Nouveau-Brunswick n’a pas été renouvelé. La caricature n’a pas été publiée dans un journal, mais a été abondamment partagée sur les réseaux sociaux.

Michael De Adder a confié dimanche au HuffPost Canada que l’hypothèse que cette fin de contrat soit liée à la caricature de Trump devenue virale visait «complètement dans le mille». Lundi, il a précisé ses pensées sur Twitter.

Au cours de ses 20 ans de carrière, il affirme avoir fait attention de toujours rester en bons termes avec ses employeurs, malgré les mésententes. Il dit avoir travaillé pendant 17 ans avec Brunswick News, une entreprise que détient la famille Irving, une des plus riches du Canada.

Toutefois, le caricaturiste ajoute qu’il avait l’impression de devoir se défendre «à contrecoeur», puisqu’il se sentait «pris au piège». Il précise aussi que la mort récente d’un de ses oncles remet sa perte d’emploi en perspective.

Michael De Adder souligne que toutes les caricatures de Donald Trump qu’il soumettait étaient toujours rejetées, «au point où je n’en soumettais plus, de peur d’être congédié».

En niant avoir mis fin au contrat du caricaturiste à cause de ce dessin de Donald Trump, Brunswick News a affirmé: «il s’agit d’une fausse rumeur qui a émergé négligemment sur les réseaux sociaux».

L’entreprise a ajouté, dans une déclaration publiée dimanche, que des négociations étaient en cours depuis plusieurs semaines pour embaucher un autre caricaturiste au sein de ses journaux.

Brunswick News possède à peu près tous les journaux du Nouveau-Brunswick, dont trois quotidiens, et plusieurs publications hebdomadaires francophones et anglophones. L’entreprise a déjà été accusée de ne pas publier certains articles qui critiquaient le groupe Irving et ses actionnaires.

La valeur des entreprises du groupe Irving - qui se spécialisent dans le transport de pétrole et de gaz - est estimée à environ 10 milliards $.

Lundi, Michael De Adder a affirmé que cette polémique autour de Donald Trump n’est qu’une «distraction d’un problème plus large», citant en exemple la situation du premier ministre de la province, Blaine Higgs, qui a déjà travaillé au sein du groupe Irving.

Le HuffPost Canada a tenté d’avoir la version de Brunswick News, mais n’a pas eu de réponse.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l’anglais.

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